mardi 17 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2204532 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BOUDAILLIEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2022, la commune de Leucate (11370), représentée par la société civile professionnelle (SCP) d'avocats Chichet, Henry, Pailles, Garidou et Renaudin, demande au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins de constater les désordres affectant les deux blocs sanitaires des usagers du port de plaisance, d'en rechercher l'origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier.
Elle soutient que :
- les travaux de construction des blocs sanitaires litigieux ont été réceptionnés entre novembre 2019 et octobre 2020 ;
- d'importants désordres liés à l'écoulement des eaux de douches ont été constatés sur les deux blocs ;
- l'expertise sollicitée est utile dans l'optique d'une résolution définitive du litige.
Par un mémoire enregistré le 15 septembre 2022, la SMABTP, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Genin Charly et la société à responsabilité limitée (SARL) Saper, représentées par la société civile professionnelle (SCP) d'avocats Cabee, Biver, Spanghero, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire enregistré le 18 septembre 2022, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Afonso carrelages, représentée par la SCP d'avocats Ayral, Cussac, demande qu'il soit donné acte de ses protestations et réserves et que l'expertise soit ordonnée aux frais avancés de la commune de Leucate.
Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2022, l'EURL ADC, représentée par la SCP d'avocats Levy, Balzarini, Sagnes, Serre, Lefebvre, conclut au rejet de la demande en tant qu'elle porte sur l'analyse de la façon dont les parties ont rempli leurs obligations et sur la description des désordres affectant l'ouvrage.
Par un mémoire enregistré le 28 octobre 2022, la société anonyme (SA) GAN, représentée par Me Boudailliez, formule les protestations et réserves d'usage quant à l'utilité de la mesure sollicitée et conclut au rejet de la partie de la demande de la commune relative à la description des désordres affectant l'ouvrage.
Par un mémoire enregistré le 21 décembre 2022, la SA Abeille Iard et santé, anciennement compagnie Aviva assurances, représentée par Me Guillemat, déclare ne pas s'opposer à la mesure sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés par une décision du 1er septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La demande d'expertise présentée par la commune de Leucate aux fins de déterminer l'étendue et l'origine des désordres constatés sur les deux blocs sanitaires des usagers de son port de plaisance, liés à des infiltrations des eaux des douches à travers les parois des murs jusqu'aux locaux techniques, présente un caractère utile et entre, dès lors, dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. Il n'appartient en revanche pas au juge des référés de désigner la partie ayant à supporter la charge des frais d'expertise. Le président du tribunal déterminera par ordonnance la ou les parties ayant à en supporter la charge lors de la liquidation et de la taxation desdits frais. Dès lors, les conclusions de la SASU Afonso carrelages tendant à ce que l'expertise soit ordonnée aux frais avancées de la commune de Leucate ne sauraient être accueillies.
ORDONNE :
Article 1er : M. A B, domicilié 2 impasse de Saissan, Le Jardin de la Palmeraie au Cap d'Agde (34300), est désigné comme expert avec pour mission de :
* se faire communiquer tous documents qu'il estimera utiles à sa mission notamment l'ensemble des pièces du marché de construction des blocs sanitaire du port de plaisance de Leucate ;
* se rendre sur les lieux, au port de plaisance de Leucate ;
* décrire les désordres et malfaçons affectant les deux ouvrages, préciser leur nature, leur date d'apparition et leur importance et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;
* donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
* indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus value pour l'immeuble en cause ; prévoir la durée des travaux et en chiffrer le coût ;
* préconiser, le cas échéant, les mesures d'urgence provisoires à mettre en œuvre afin d'éviter, pendant les opérations d'expertise, une aggravation des désordres ;
* d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de Leucate, de l'EURL ADC architecture, de la Mutuelle des architectes français (MAF), de l'EURL Genin Charly, de la SARL Saper, de la SMABTP, de la SASU Afonso carrelages, de la SA Abeille Iard et santé, de la SARL IM2C et de la SA GAN assurances.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Leucate, à l'EURL ADC architecture, à la Mutuelle des architectes français (MAF), à l'EURL Genin Charly, à la SARL Saper, à la SMABTP, à la SASU Afonso carrelages, à la SA Abeille Iard et santé, anciennement compagnie Aviva assurances, à la SARL IM2C, à la SA GAN assurances et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 17 janvier 2023.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 janvier 2023,
L'attaché,
Médéric Arias
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026