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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2204765

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2204765

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2204765
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantCHARLES GALY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 septembre 2022, le 9 février 2023 et le 28 avril 2023, Mme C B, représentée par Me Galy, demande au tribunal :

1°) de prononcer la remise gracieuse d'un indu de 667 euros de prime d'activité pour la période du 1er décembre 2021 au 28 février 2022 ;

2°) d'ordonner la restitution des sommes éventuellement prélevées indument pour le remboursement de sa dette ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est de bonne foi dès lors qu'elle a toujours fait part des évolutions de sa situation ;

- elle est dans une situation précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a bénéficié de la prime d'activité dans le département de l'Hérault. À la suite d'une mise à jour de son dossier, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié un indu de 667 euros de prime d'activité pour la période du 1er décembre 2021 au 28 février 2022. Par la présente requête, Mme B demande la remise gracieuse de cette somme.

Sur la demande de remise gracieuse :

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire de la prime d'activité ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, ou ne faisant que partiellement droit à cette demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. D'une part, si la caisse d'allocations familiales de l'Hérault soutient que les fausses déclarations de l'intéressée font obstacle au prononcé d'une remise de dette, celle-ci se borne à produire un rapport d'enquête du 2 mars 2023 dont les constatations sont étrangères à la période en litige et dont les conclusions font au surplus état d'une absence de fraude de l'intéressée. Dans ces conditions, alors que Mme B expose n'avoir pas cessé d'actualiser valablement sa situation, sa bonne foi doit être regardée comme établie.

5. D'autre part, Mme B établit se trouver en situation de handicap, avoir un enfant à charge également en situation de handicap et produit les justificatifs du montant de ses charges mensuelles qui s'élèvent à 1 069,75 euros. Si la caisse d'allocations familiales de l'Hérault fait valoir que les ressources mensuelles de l'intéressée s'élèvent à 2 236 euros, il résulte toutefois de l'instruction qu'un tel montant résulte de la régularisation d'un arriéré de prestations qui n'a pas vocation à se renouveler chaque mois. En outre, il résulte de l'instruction qu'à la date de présent jugement, les seules ressources du foyer sont constituées de l'allocation aux adultes handicapées, de l'allocation de soutien familial et de l'allocation pour l'éducation de l'enfant handicapé pour un montant total, versé par la caisse d'allocations familiales, de 1 133,82 euros. Par suite, Mme B doit être regardée se trouvant dans une situation de précarité justifiant une remise totale de sa dette.

Sur les frais liés au litige :

6. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Galy, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault le versement à Me Galy d'une somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il est accordé à Mme B une remise totale de sa dette de prime d'activité d'un montant de 667 euros.

Article 2 : La caisse d'allocations familiales de l'Hérault versera à Me Galy une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Galy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et à Me Galy.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

Le président,

D. ALa greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 8 juin 2023.

La greffière,

F. Roman

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