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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2205337

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2205337

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2205337
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantBELLOTTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 octobre 2022, 27 octobre 2022 et 8 mars 2024, M. C B, représenté par Me Bellotti, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 janvier 2020 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à deux indus de revenu de solidarité active de montants respectifs de 2 384,79 euros pour la période du 1er septembre 2017 au 28 février 2018 et de 7 050,07 euros pour la période du 1er juillet 2016 au 30 novembre 2017 et confirmé le bien-fondé de ces indus ;

2°) d'annuler la décision du 21 janvier 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à un indu d'aide personnelle au logement et à un indu de prime d'activité et confirmé le bien-fondé de ces indus ;

3°) de lui accorder une remise gracieuse de sa dette correspondant à un indu d'un montant total de 4 030,76 euros au titre du revenu de solidarité active, de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement et à un indu d'un montant de total de 11 182,97 euros, dont 3 828 euros au titre de l'aide personnalisée au logement, 7 050,07 euros au titre de revenu de solidarité active, 152,45 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2016 et 152,45 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2017 ;

4°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de lui rembourser les sommes déjà recouvrées dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge du département de l'Hérault et de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il se trouve dans une situation financière précaire ;

- il n'a pas fraudé ; il transmettait chaque année sa fiche d'imposition à la caisse d'allocations familiales ;

- la décision du 5 septembre 2019 indique qu'un indu de 11 182,97 euros lui est réclamé en sus de l'indu d'un montant de 4 475,24 euros qui lui a été réclamé par décision du 19 juillet 2019 ; or la décision du 19 juillet 2019 fait mention d'un indu de 4 030,76 euros ;

- la décision du 5 septembre 2019 ne fait aucune mention de la date de référence pour calculer la prescription applicable à l'action en recouvrement ;

- la caisse d'allocations familiales a procédé à une action en répétition de l'indu au-delà de la prescription biennale ;

- il lui est réclamé le paiement par deux fois des mêmes sommes ; en effet, les deux indus de revenu de solidarité active litigieux couvrent tous deux la période du 1er septembre 2017 au 30 novembre 2017.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2023, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est manifestement irrecevable ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, représentée par Me Calaudi, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2016-1945 du 28 décembre 2016 ;

- le décret n° 2017-1785 du 27 décembre 2017 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Bellotti, représentant M. B, et de Me Calaudi, représentant la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

La clôture de l'instruction a été différée au 26 mars 2024 à 12 heures.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. A la suite d'un croisement de données avec les services fiscaux ayant révélé que l'intéressé avait omis de déclarer diverses ressources, le directeur de la caisse d'allocations familiales lui a notifié, par décision du 19 juillet 2019, un indu d'un montant total de 4 030,76 euros au titre du revenu de solidarité active, de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement. Par décision du 5 septembre 2019, M. B s'est vu notifier un indu supplémentaire d'un montant total de 11 182,97 euros, dont 3 828 euros au titre de l'aide personnalisée au logement, 7 050,07 euros au titre de revenu de solidarité active, 152,45 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2016 et 152,45 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2017. Par la présente requête, M. B demande l'annulation des décisions du 22 janvier 2020 et du 21 janvier 2020 par lesquelles le président du conseil départemental de l'Hérault et le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault ont, respectivement, rejeté son recours administratif préalable tendant à contester la mise à sa charge des indus litigieux et à bénéficier d'une remise de dette. Il demande également que lui soit accordée une remise de sa dette correspondant auxdits indus.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".

3. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou s'il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

4. En l'espèce, le département de l'Hérault fait valoir que la requête est tardive dès lors que le requérant a reçu notification le 22 janvier 2020 de la décision litigieuse, laquelle mentionne les voies et délais de recours. Toutefois, et alors que le département de l'Hérault n'apporte pas la preuve de la date de réception de cette décision, aucun élément du dossier ne permet d'établir que M. B en aurait eu connaissance avant la saisine du tribunal.

5. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par le département de l'Hérault, tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'aide personnelle au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

En ce qui concerne la régularité :

7. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement () est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. En outre, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. ".

8. Il résulte de ces dispositions, qui instaurent un recours préalable obligatoire à la saisine du juge devant le président du conseil départemental en ce qui concerne le revenu de solidarité active et devant la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales en ce qui concerne les aides personnelles au logement et la prime d'activité, que les décisions par lesquelles ceux-ci rejettent, implicitement ou expressément, ce recours introduit devant eux se substituent à celles de l'organisme chargé du versement de ces prestations.

9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B a exercé un recours administratif contre les décisions du 19 juillet 2019 et du 5 septembre 2019 de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault par un courrier du 21 octobre 2019, qui a donné lieu à des décisions explicites de rejet du président du conseil départemental de l'Hérault du 22 janvier 2020 et du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault du 21 janvier 2020. Dans cette mesure, les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre ces décisions de rejet, lesquelles se sont entièrement substituées aux décisions de la caisse d'allocations familiales du 19 juillet 2019 et du 5 septembre 2019. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir des vices propres dont serait entachée la décision du 5 septembre 2019 à l'appui de ses conclusions.

En ce qui concerne le bien-fondé :

S'agissant des indus d'aide personnelle au logement et de prime d'activité :

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° ". Selon l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu () ". Aux termes de l'article R. 846-5 du code de la sécurité sociale : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. / Sont considérées comme vivant habituellement au foyer les personnes y ayant résidé plus de six mois au cours de la période mentionnée au 1° de l'article R. 822-3 précédant la période de paiement prévue par l'article R. 823-6 et qui y résident encore au moment de la demande de l'aide ou du réexamen du droit à celle-ci. ".

12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance. / La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles L. 553-2, L. 821-5-1 ou L. 845-3 du code de la sécurité sociale, L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ou L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation ". Aux termes de l'article L. 553-1 du même code : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable à l'action intentée pas un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration. / () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article 2241 du code civil : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion. " et de l'article 2242 du même code : " L'interruption résultant d'une demande en justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance ". La notion de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration doit s'entendre comme visant les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative.

13. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de M. B ont pour origine l'absence de déclaration par ce dernier d'une activité professionnelle qu'il exerce depuis 2015 et des salaires en découlant, à savoir 12 290 euros en 2015 et 16 601 euros en 2016. Compte tenu de leur durée, de leur montant global et du fait que l'intéressé cochait lui-même la case " aucune ressource " dans ses déclarations trimestrielles de ressources, ces omissions réitérées et délibérées dans l'exercice de son obligation déclarative constituent de fausses déclarations. Par suite, les indus sont fondés et la prescription biennale prévue à l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles dont se prévaut le requérant ne trouvait pas à s'appliquer.

14. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 21 janvier 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a confirmé le bien-fondé des indus d'aide personnelle au logement et de prime d'activité mis à sa charge.

S'agissant des indus de revenu de solidarité active :

15. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". En vertu de l'article L. 262-3 du même code, l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments () ".

16. M. B fait valoir que les deux indus de revenu de solidarité active contestés, d'un montant total de 9 434,86 euros, qui portent sur les périodes allant du 1er septembre 2017 au 28 février 2018 et du 1er juillet 2016 au 30 novembre 2017, couvrent partiellement la même période comprise entre le 1er septembre 2017 et le 30 novembre 2017. Il résulte cependant de l'instruction, notamment d'une fiche d'analyse établie par la caisse d'allocations familiales, que l'absence de déclarations de ses ressources a permis à M. B de percevoir indument 3 329,52 euros de revenu de solidarité active sur la période allant du 1er septembre 2017 au 28 février 2018 et 6 105,34 euros sur la période du 1er juillet 2016 au 31 août 2017, soit une somme totale de 9 434,86 euros correspondant aux deux indus en litige qui, dès lors ne comportent aucune erreur de calcul.

17. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à contester les indus de revenu de solidarité active mis à sa charge, lesquels, pour les mêmes motifs qu'au point 13, ne sont pas prescrits.

Sur la demande de remise de dette :

18. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité et d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

19. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. B doit être regardé comme s'étant livré à de fausses déclarations, faisant obstacle à ce qu'il puisse bénéficier d'une remise gracieuse des indus de prime d'activité et d'aide personnelle au logement litigieux.

20. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête de M. B doit être rejeté y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, au département de l'Hérault et à Me Bellotti.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

Le président,

D. A

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de l'Hérault en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 16 avril 2024.

La greffière,

F. Roman

No 2205337

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