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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2205411

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2205411

mardi 13 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2205411
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a été saisi par Mme B C d’une demande d’annulation du refus implicite de la CAF de l’Hérault de lui accorder une remise gracieuse d’un indu total de 9 351,56 euros (RSA, prime exceptionnelle, prime d’activité et aide au logement). Le tribunal a rappelé que, pour obtenir une remise, le demandeur doit justifier à la fois de sa bonne foi et de sa situation de précarité. En l’espèce, l’indu résultait de l’absence de déclaration de ressources par Mme C, ce qui a conduit le juge à rejeter sa requête, faute pour elle de démontrer sa bonne foi. La décision s’appuie sur les articles L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, L. 845-3 du code de la sécurité sociale, et L. 825-3 du code de la construction et de l’habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2022, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder une remise gracieuse au titre d'indus de revenu de solidarité active, de prime exceptionnelle de fin d'année 2020, de prime d'activité et d'allocation de logement sociale, d'un montant total de 9 351,56 euros au titre de la période du 1er novembre 2020 au 31 janvier 2022.

Elle soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête n'est pas fondée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requérante n'est pas de bonne foi, et elle ne se trouve pas en situation de précarité ;

- les indus sont fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Mme C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active, à la prime exceptionnelle de fin d'année 2020, à la prime d'activité et à l'aide au logement sociale dans le département de l'Hérault. Par une décision du 28 février 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié des indus de revenu de solidarité active, de prime exceptionnelle de fin d'année 2020, de prime d'activité, et d'aide au logement sociale d'un montant total de 9 351,56 euros pour la période du 1er novembre 2020 au 31 janvier 2022. Elle a formé un recours administratif préalable. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le département et la caisse d'allocations familiales de l'Hérault ont refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette d'un montant total de 9 351,56 euros.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active (). La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

3. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

4. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable par l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " () par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ".

5. En outre, aux termes de l'article 6 du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020, tout paiement indu de l'aide exceptionnelle attribuée en application de ce décret est récupéré pour le compte de l'État par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue.

6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

7. Il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de Mme C font suite à l'absence de déclaration par cette dernière de l'intégralité de ses ressources, notamment des aides financières familiales. Si l'intéressée soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire en ayant fait valoir qu'elle ne dispose pas de fonds suffisants pour rembourser la somme réclamée, qu'elle a un crédit à rembourser et ne bénéficie d'aucune aide, elle ne produit aucune pièce justificative relative à ses charges et à ses ressources actuelles permettant au tribunal d'apprécier qu'elle serait effectivement dans une situation de précarité telle qui lui serait impossible de rembourser sa dette, y compris selon un échéancier qu'il lui appartiendra de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales. Dans ces conditions, la requérante, en la supposant même de bonne foi, ne peut être regardée comme se trouvant en situation de bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au département de l'Hérault et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.

Le président,

D. A

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de l'Hérault en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 13 août 2024.

La greffière,

F. Roman

No 2205411

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