vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205710 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | magistrat ROUSSEAU |
| Avocat requérant | CANCEL BONNAURE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Cancel-Bonnaure, demande au tribunal d'annuler la décision du 30 août 2022 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de l'Hérault, saisie d'un recours préalable, a confirmé sa décision du 2 août 2022 rejetant sa demande portant sur une orientation professionnelle en établissement et service d'aide par le travail (ESAT) et l'orientant vers le milieu ordinaire du travail ;
Il soutient que :
- c'est à tort que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de l'Hérault lui a refusé le bénéfice d'une orientation professionnelle en milieu protégé vers un Etablissement et Service d'Aide par le Travail dans la mesure où il souffre de 3 hernies discales lombaires dorsales et cervicales qu'il ne peut plus porter de charge, ne peut pas marcher et n'a pas la mobilité nécessaire au quotidien.
Le département de l'Hérault et la Maison départementale des personnes handicapées de l'Hérault à qui la procédure a été communiquée le 4 novembre 2022, n'ont pas produit dans la présente instance, malgré une mise en demeure de défendre qui leur a été adressée le 15 décembre 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousseau en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Rousseau, aucune des parties n'étant présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, âgé de 61 ans qui possède la qualité de travailleur handicapé et perçoit l'allocation adulte handicapé, a sollicité le bénéfice d'une orientation professionnelle en milieu protégé vers un établissement et service d'aide par le travail auprès de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de l'Hérault. Par une décision du 30 août 2022 prise sur recours administratif préalable obligatoire cette autorité a rejeté sa demande. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Aux termes de l'article R. 611-8-2 de ce code : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. / Les parties ou leur mandataire sont réputés avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été ainsi adressé, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai () ".
3. Les défendeurs à l'instance qui, en dépit d'une mise en demeure, n'ont pas produit avant la clôture de l'instruction sont réputés avoir acquiescé aux faits exposés par le requérant dans ses écritures. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant. En outre, l'acquiescement aux faits est en lui-même sans conséquence sur la qualification juridique au regard des textes sur lesquels l'administration s'est fondée ou dont le requérant revendique l'application. Malgré la mise en demeure qui leur a été adressée le 15 décembre 2022 dont le département de l'Hérault a accusé réception le 16 décembre suivant, ni le département de l'Hérault, ni la maison départementale des personnes handicapées de l'Hérault n'ont produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction. Ainsi, ils doivent être réputés avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête.
4. Aux termes de l'article L. 5213-1 du code du travail : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique. " Aux termes de l'article L. 5213-1 du même code : " La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 241-5 du code de l'action sociale et des familles. Cette reconnaissance s'accompagne d'une orientation vers un établissement ou service d'aide par le travail, vers le marché du travail ou vers un centre de rééducation professionnelle. La sortie d'un établissement ou service d'aide par le travail vers le milieu ordinaire s'effectue dans le cadre d'un parcours renforcé en emploi, dont les modalités sont fixées par décret. L'orientation vers un établissement ou service d'aide par le travail, vers le marché du travail ou vers un centre de rééducation professionnelle vaut reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. () "
5. Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. ' La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : 1° se prononcer sur l'orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale () 4° Reconnaître, s'il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 323-10 du code du travail () ". Aux termes de l'article L. 241-9 du même code : " () Les décisions relevant () du 4° du I dudit article peuvent faire l'objet d'un recours devant la juridiction administrative. " Aux termes de l'article R. 243-1 du même code, alors en vigueur : " Sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 243-3, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées oriente vers les établissements et services d'aide par le travail les personnes handicapées ayant une capacité de travail inférieure à un tiers au sens de l'article R. 341-2 du code de la sécurité sociale, mais dont elle estime que l'aptitude potentielle à travailler est suffisante pour justifier leur admission dans ces établissements et services ". Aux termes de l'article R. 243-3 du même code : " La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées peut décider d'orienter vers les établissements et services d'aide par le travail des personnes handicapées dont la capacité de travail est supérieure ou égale au tiers de la capacité normale lorsque leur besoin d'un ou de plusieurs soutiens médicaux, éducatifs, sociaux, psychologiques, expressément motivés dans la décision, le justifie et ne peut être satisfait par une orientation vers le marché du travail () ".
6. La reconnaissance par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la qualité de travailleur handicapé, s'accompagne nécessairement d'une orientation professionnelle de l'intéressé. L'orientation dont peut bénéficier un travailleur handicapé s'apprécie au regard de l'aptitude au travail ou à la formation du demandeur. Une personne handicapée ne peut être orientée vers un établissement ou un service d'aide par le travail (ESAT) que si, soit elle a une capacité de travail inférieure à un tiers au sens de l'article R. 341-2 du code de la sécurité sociale, mais une aptitude potentielle à travailler suffisante pour justifier son admission dans ces établissements et services, soit cette personne a une capacité de travail supérieure ou égale au tiers de la capacité normale mais présente un besoin d'un ou de plusieurs soutiens médicaux, éducatifs, sociaux, psychologiques, expressément motivés dans la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, justifiant cette admission et ne pouvant être satisfait par une orientation vers le marché du travail.
7. Pour refuser d'accéder à la demande de M. A tendant à ce qu'il soit orienté vers un établissement et service d'aide par le travail, la CDAPH de l'Hérault a estimé, après évaluation de son projet de vie de ses capacités et besoins pour le travail, qu'il pouvait travailler dans le milieu ordinaire du travail. Il résulte de l'instruction que M. A, qui a levé le secret médical, souffre d'hernies discales cervicales, dorsales et lombaires avec sciatalgies bilatérales et névralgie cervico bilatérale droite chronique et invalidante au quotidien surtout en restant longtemps debout, traitées par kinésithérapie au long cours et des infiltrations à répétitions laissant objectiver une discopathie dégénérative étagée et rétrécissement canalaire, diverses hernies discales, lombaires, dorsales et cervicales et d'une bronchopneumopathie et qu'il ne peut se déplacer sans aide, d'une broncho pneumopathie obstructive post tabagique avec dyspnée d'effort et toux chronique avec score d'Epworth 12/24, VEMS 84%, d'un syndrome d'apnée obstructive du sommeil appareillé. Toutefois, il ne ressort pas de ces pièces que l'orientation souhaitée par M. A vers un établissement et service d'aide par le travail serait justifiée par une capacité normale de travail inférieure à un tiers au sens de l'article R. 341-2 du code de la sécurité sociale. Il ne résulte pas non plus des pièces produites au dossier que l'intéressé aurait besoin d'un ou de plusieurs soutiens médicaux, éducatifs, sociaux, psychologiques qui ne pourraient être satisfaits par une orientation vers le marché du travail ordinaire. Dans ces conditions, M. A n'établit pas remplir les conditions fixées par les dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles pour bénéficier d'une orientation professionnelle en ESAT.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à la maison départementale des personnes handicapées de l'Hérault, au département de l'Hérault et à Me Cancel-Bonnaure.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
M. ROUSSEAULa greffière,
L. ROCHER
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
Montpellier, le 8 janvier 2024.
La greffière,
L. ROCHER
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026