jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205762 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | ROCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 novembre 2022 et le 12 février 2024, M. B A, représenté par Me Roca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) a rejeté sa demande du 2 aout 2022 tendant au paiement de la somme de 4010,95 euros et de condamner FranceAgriMer à lui verser cette somme, correspondant à 2 370 euros d'aides agricoles, assortie des intérêts de retard à hauteur de 140,95 euros ainsi que 1 500 euros de dommages et intérêts ;
2°) de mettre à la charge de FranceAgriMer une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le jugement du 2 septembre 2020 rendu par le tribunal de proximité de Sète conduit nécessairement à remettre en cause la décision de FranceAgriMer et l'établissement public devrait donc désormais lui allouer l'aide initialement refusée, assortie des intérêts de retard ainsi qu'une somme de 1 500 euros au titre de ses dommages et intérêts.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 janvier et 27 février 2024, FranceAgriMer conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté car la décision initiale d'octroi de l'aide du 2 février 2016 a été notifiée avec les voies et délais de recours et M. A a déjà présenté une demande de réexamen, rejetée le 5 mars 2021 qui a fait l'objet d'un recours contentieux rejeté par le Tribunal ;
- le jugement du tribunal judiciaire de Sète, dans une affaire à laquelle il n'était pas partie, ne l'oblige pas à un réexamen alors qu'aucune facture n'a été présentée dans les délais impartis ;
- en tout état de cause, il peut fonder un refus de versement d'une aide complémentaire sur le fondement de l'article L. 112-6 du code monétaire et financier ;
- le préjudice n'est pas établi ;
- les requêtes présentées par M. A présentent un caractère abusif.
La clôture de l'instruction a été fixée au 23 mai 2024 par une ordonnance du même jour.
Vu :
- l'ordonnance du Tribunal n° 1803887 du 18 mars 2019 ;
- le jugement du Tribunal n° 2106136 du 31 mars 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code monétaire et financier ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- les conclusions de M. Chevillard, rapporteur public,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui exerce l'activité d'apiculteur, a déposé, le 2 avril 2015 auprès des services de FranceAgriMer, un dossier de demande d'aide au maintien et au développement du cheptel pour le programme apicole 2014/2015. Par un courrier du 16 juin 2015, FranceAgriMer lui indiquait que sa demande d'aide était retenue pour un montant maximum de 3 000 euros, correspondant à l'achat de 100 essaims d'abeilles. Ce même courrier lui rappelait que le projet d'investissement devait être réalisé au plus tard au 31 juillet 2015 et qu'il lui appartenait d'adresser aux services de FranceAgriMer le dossier de demande d'aide accompagné de l'intégralité des factures acquittées par le fournisseur et revêtues des mentions de règlement. Dans le cadre de l'instruction de sa demande de paiement et sur la base des justificatifs transmis, FranceAgriMer a procédé au paiement de la somme de 630 euros, correspondant à l'achat de 21 essaims d'abeilles. M. A a contesté cette décision par un courrier du 1er décembre 2015. Son recours contentieux contre la décision implicite qui lui a été opposée a été rejeté par ordonnance du Tribunal du 18 mars 2019. Par courrier notifié le 15 décembre 2020, il a adressé un nouveau recours gracieux auprès de FranceAgriMer en sollicitant le réexamen de son dossier et le versement de la somme supplémentaire de 2 370 euros. Le rejet opposé le 5 mars 2021 à sa demande par FranceAgriMer a fait l'objet d'un recours de M. A, rejeté par jugement n° 2106136 du 21 mars 2023 devenu définitif. Le 2 août 2022, M. A a adressé une nouvelle demande de réexamen de sa situation. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite par laquelle FranceAgriMer a rejeté sa demande de réexamen et il demande la condamnation de FranceAgrimer à lui verser la somme de 2 370 euros, assortie de 140,95 euros d'intérêts ainsi qu'une somme de 1 500 euros à titre de dommages et intérêts.
Sur l'irrecevabilité des conclusions tendant au versement de la somme de 2 370 euros :
2. Une deuxième décision dont l'objet est le même que la première revêt un caractère confirmatif dès lors que celle-ci est devenue définitive et que ne s'est produit entre temps aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige.
3. Pour solliciter le réexamen de sa demande d'aide au titre de la campagne 2014/2015, M. A se prévaut d'une facture établie le 27 novembre 2020, se rapportant à une transaction qui a eu lieu en 2015 pour l'achat de 100 essaims d'abeilles et qui a été établie sur injonction du tribunal de proximité de Sète du 2 septembre 2020.
4. Toutefois, il est constant que la première demande de réexamen de M. A notifiée à FranceAgriMer le 15 décembre 2020 en vue d'obtenir le paiement de la somme de 2 370 euros, et qui a donné lieu à la décision de rejet du 5 mars 2021, se fondait déjà sur cette facture nouvellement établie et sur le jugement du tribunal de proximité de Sète qui estimait que l'achat par M. A de 100 essaims d'abeilles pour un prix de 13 500 euros avait effectivement eu lieu, malgré le défaut de facture établie par son fournisseur en ce sens. Alors que le recours de M. A contre la décision du 5 mars 2021 a fait l'objet d'un jugement de rejet le 31 mars 2023, devenu définitif, le rejet opposé par FranceAgriMer à la demande formulée le 2 août 2022 constitue une décision confirmative de la décision du 5 mars 2021 définitive. Dès lors, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision de FranceAgriMer en tant qu'elle refuse le réexamen de sa situation et le versement de 2 370 euros sont irrecevables.
5. Par voie de conséquence de l'irrecevabilité de ces conclusions, il y a lieu de rejeter également les conclusions de M. A tendant à ce que cette somme soit assortie des intérêts de retard à hauteur de 140,95 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. A supposer même que la décision de versement d'une aide de 630 euros au lieu de 3 000 euros soit fautive, M. A n'apporte aucun élément au soutien de son allégation selon laquelle la réduction du montant de son aide aurait eu un impact sur son activité agricole, à l'origine d'un préjudice qu'il évalue à 1500 euros.
7. En tout état de cause, en vertu de la décision INTV-SANAEI-2014-61 du directeur de FranceAgriMer du 29 septembre 2014, régissant le programme apicole triennal français pour la période 2014/2016, le versement de l'aide était conditionné à la présentation " des factures relatives aux achats, acquittées par les fournisseurs ou accompagnées d'un relevé bancaire permettant de vérifier la réalité de la dépense " avant le 31 aout de chaque année du programme triennal, soit en l'espèce avant le 31 août 2015.
8. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 112-6 du code monétaire et financier : " I. - Ne peut être effectué en espèces ou au moyen de monnaie électronique le paiement d'une dette supérieure à un montant fixé par décret, tenant compte du lieu du domicile fiscal du débiteur, de la finalité professionnelle ou non de l'opération et de la personne au profit de laquelle le paiement est effectué () ". En vertu de l'article D. 112-3 du même code, ce montant était, jusqu'au 1er septembre 2015, de 3000 euros s'agissant des paiements en espèce " lorsque le débiteur a son domicile fiscal sur le territoire de la République française ou agit pour les besoins d'une activité professionnelle " puis, à compter de cette date, de 1 000 euros.
9. Alors que le requérant fonde ses prétentions sur l'existence d'une transaction effectuée le 28 avril 2015 pour l'achat de 100 essaims d'abeilles à un prix de 13 500 euros payé en espèces, il est constant qu'il n'a pas produit avant le 31 août 2015 la facture afférente à cet achat et, ainsi que le souligne FranceAgriMer, la transaction en litige méconnaît les dispositions précitées du code monétaire et financier. Dans ces conditions, et alors que le jugement du tribunal de proximité de Sète du 2 septembre 2020 a été rendu sans que ne soit rapportée la preuve de la transaction ainsi alléguée, mais au regard des seules allégations des parties et d'un faisceau d'indices concordant, ces éléments ne suffisent pas à démontrer que FranceAgriMer aurait commis une faute en refusant de verser à M. A une aide de 3 000 euros correspondant à l'achat de 100 essaims d'abeilles et en limitant l'aide versée à 630 euros.
10. Dès lors, les conclusions indemnitaires de M. A tendant à ce que lui soit allouée une somme de 1 500 euros du fait du défaut, fautif, de versement d'une somme de 2 370 euros doit être écartée.
11. Il y a donc lieu de rejeter la requête présentée par M. A.
Sur l'amende pour recours abusif :
12. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". La faculté prévue par ces dispositions constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions de FranceAgriMer tendant à ce que M. A soit condamné à une telle amende ne sont pas recevables. En tout état de cause, le présent recours ne constitue pas un recours abusif au sens des dispositions précitées eu égard aux circonstances de l'espèce.
Sur les frais du litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de FranceAgriMer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros à verser à FranceAgriMer au titre des frais exposés par lui en défense, dont au demeurant il ne justifie pas, sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
A. Farell
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 septembre 2024.
La greffière,
A. Farell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026