Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2205820

jeudi 12 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2205820
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 novembre 2022, le 17 novembre 2022 et le 11 décembre 2022, M. B C a saisi le tribunal d'un litige relatif à des retenues sur prestations opérées par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales pour le recouvrement d'un indu d'aide personnalisée au logement et d'un indu d'allocation aux adultes handicapés.

Il soutient qu'il bénéficie d'une décision du 29 septembre 2022 par laquelle la commission de surendettement des particuliers des Pyrénées-Orientales a arrêté un plan définitif de rétablissement personnel.

Par un courrier du 10 novembre 2022, auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, M. C a été invité à régulariser sa requête et à produire devant le tribunal, dans un délai d'un mois, à peine d'irrecevabilité, une argumentation destinée à montrer que la décision contestée a méconnu ses droits ainsi que tous documents jugés utiles pour justifier sa demande.

Par un courrier du même jour, M. C a été invité à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en adressant au tribunal la décision ou l'acte attaqué ou, si l'administration n'a pas répondu à sa demande, la pièce justifiant de la date du dépôt de cette demande auprès de l'administration, conformément aux dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / () 4' Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ; () ".

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 142-8 du code de la sécurité sociale : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". Et aux termes de l'article L. 142-1 du même code : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : () 8° Aux décisions de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnées au premier alinéa de l'article L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles () ".

3. Il résulte des dispositions citées au point 2. précédent que la requête de M. C, en ce qui concerne l'indu d'allocation aux adultes handicapés doit être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative, applicable aux contentieux sociaux dont relève la présente requête : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

5. Par une lettre adressée le 10 novembre 2022, dont il a été accusé réception le 14 novembre suivant, M. C a été invité à régulariser sa requête à l'aide d'un formulaire pré-rempli qui lui a été transmis par le greffe du tribunal. Ce formulaire invitait notamment le requérant à préciser dans un délai d'un mois les motifs de sa demande et l'informait de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments et des justificatifs destinés à établir l'illégalité de la décision contestée. Il résulte des termes mêmes de la décision du 29 septembre 2022 que la commission de surendettement des particuliers des Pyrénées-Orientales s'est bornée à déclarer le dossier de M. C et à l'orienter vers un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire. Par suite, en soutenant qu'il bénéficie d'une décision de cette commission arrêtant un plan définitif de rétablissement personnel, M. C invoque un moyen qui n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".

7. M. C saisit le tribunal d'un litige relatif à des retenues sur prestations opérées par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales pour le recouvrement d'un indu d'aide personnalisée au logement et d'un indu d'allocation aux adultes handicapés. En dépit de l'invitation qui lui a été faite, par courrier du 10 novembre 2022, dont il a été accusé réception le 14 novembre suivant, de produire dans un délai de quinze jours la décision attaquée ou la pièce justifiant de la date du dépôt de sa réclamation auprès de l'administration, le requérant n'a pas produit la décision attaquée ou la pièce justifiant de la date du dépôt de sa réclamation auprès de l'administration, ni dans le délai de quinze jours qui lui a été imparti ni à la date de la présente ordonnance.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C, pour ce qui concerne l'indu d'allocation aux adultes handicapés, ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, ne comporte qu'un moyen assorti de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien et ne satisfait pas aux exigences posées par les articles R. 412-1 et R. 421-1 précités du code de justice administrative. Elle doit, par suite, être rejetée en application des dispositions des 2°, 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. B C.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.

Fait à Montpellier, le 12 janvier 2023.

La présidente de la 1ère Chambre,

L. Rigaud

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 12 janvier 2023.

La greffière,

M. A