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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2205951

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2205951

mardi 13 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2205951
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantDESFARGES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a examiné les requêtes de M. A E contestant des indus de revenu de solidarité active (RSA) et d'allocation de logement sociale (ALS) notifiés par la CAF de l'Hérault. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés par le requérant, notamment ceux tirés de l'irrégularité du traitement algorithmique, du défaut de motivation, de la violation des droits de la défense et de l'absence de saisine de la commission de recours amiable. Il a jugé que les indus étaient fondés sur la réintégration de revenus d'activité non déclarés par M. E, et a estimé que sa situation de précarité ne justifiait pas une remise de dette. En conséquence, le tribunal a rejeté les demandes d'annulation des décisions attaquées et de décharge des sommes réclamées.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2022, sous le numéro 2205947, M. A E, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 septembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté son recours administratif préalable formé à l'encontre de la décision du 1er février 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 332,28 euros pour la période du 1er février 2019 au 31 octobre 2021 ;

2°) de le décharger du paiement de la somme de 16 322,28 euros ;

3°) d'enjoindre au président du conseil départemental de l'Hérault de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard

4°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision prise sur le fondement d'un traitement algorithmique méconnaît les articles L.311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision a été signée par une personne qui n'a pas reçu de délégation de signature ;

- la décision méconnaît l'article L.114-21 du code de la sécurité sociale ; il n'a pas été informé l'usage par la caisse d'allocations familiales de son droit de communication ;

- la décision méconnaît l'article L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles ; la décision a été prise sans consultation de la commission de recours amiable ;

- la décision méconnaît l'article L. 262-46 alinéa 2 du code de l'action sociale et des familles ; des retenues ont été réalisées par la caisse d'allocations familiales dès la notification de l'indu avant l'expiration des délais de recours ;

- la décision n'est pas motivée ;

- la décision méconnaît les droits de la défense ; il n'a pas reçu la communication des conclusions du rapport d'enquête ; il n'a donc pas pu faire valoir ses observations ; le contradictoire a été méconnu ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit ; l'indu en litige résulte de sommes remboursées par sa mère et ne saurait dès lors être qualifiées de revenus ; l'indu en litige résulte de la réintégration de revenus de son activité d'autoentrepreneur au titre de ventes en ligne qui ne l'ont pas enrichi ;

- il est de bonne foi ; il peut donc bénéficier du droit à l'erreur ;

- il est de bonne foi et il se trouve dans une situation précaire justifiant une remise totale de sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2024, le département de l'Hérault, représenté par la SELARL VPNG, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le requérant ne démontre pas que la décision contestée aurait fait l'objet d'un traitement algorithmique ; la décision résulte d'un contrôle domiciliaire ;

- la signataire de la décision a reçu une délégation de signature ;

- l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale n'est pas applicable en matière de revenu de solidarité active ;

- la saisine de la commission de recours amiable n'est pas obligatoire en vertu d'une convention de gestion du revenu de solidarité active conclue avec la caisse d'allocations familiales de l'Hérault ;

- le requérant ne démontre pas que des retenues auraient été effectuées ;

- la décision est motivée ;

- la décision ne méconnaît pas les droits de la défense ; il n'a pas sollicité la communication du rapport d'enquête ;

- l'indu est fondé ; les sommes prises en compte résulte de la réintégration dans ses ressources de revenus perçus au titre de vente en ligne.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 octobre 2022.

II - Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2022 sous le numéro 2205950, M. A E, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours administratif préalable du 14 avril 2022 formé à l'encontre de la décision du 1er février 2022 par laquelle la caisse lui a notifié un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 6 104 euros pour la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2021 ;

2°) de le décharger du paiement de la somme de 6 104 euros ;

3°) d'enjoindre la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision prise sur le fondement d'un traitement algorithmique méconnaît les articles L.311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision a été signée par une personne qui n'a pas reçu de délégation de signature ;

- la décision méconnaît l'article L.114-10 du code de la sécurité sociale, la caisse d'allocations familiales ne prouve pas l'assermentation de son agent ;

- la décision méconnaît l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale dès lors qu'il n'a pas été informé de l'usage par la caisse d'allocations familiales de son droit de communication ;

- la décision a été prise sans consultation de la commission de recours amiable ;

- la décision n'est pas motivée ; il n'a pas été informé du décompte de la créance ;

- des retenues ont été réalisées par la caisse d'allocations familiales malgré l'introduction du recours ;

- la décision méconnaît les droits de la défense ; il n'a pas reçu la communication des conclusions du rapport d'enquête ; il n'a donc pas pu faire valoir ses observations ; le contradictoire a été méconnu ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit ; l'indu en litige résulte de sommes remboursées par sa mère et ne saurait dès lors être qualifiées de revenus ; l'indu en litige résulte de la réintégration de revenus de son activité d'autoentrepreneur au titre de ventes en ligne qui ne l'ont pas enrichi ;

- il est de bonne foi ; il peut donc bénéficier du droit à l'erreur ;

- il est de bonne foi et il se trouve dans une situation précaire justifiant une remise totale de sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable ; aucun recours administratif préalable n'a été formé ;

- les indus sont réguliers et fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 octobre 2022.

III - Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2022, sous le numéro 2205951, M. A E, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours administratif préalable du 14 avril 2022 formé à l'encontre de la décision du 1er février 2022 par laquelle la caisse lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de 2020 et 2021 d'un montant de 304,90 euros ;

2°) de le décharger du paiement de la somme de 304,90 euros ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision prise sur le fondement d'un traitement algorithmique méconnaît les articles L.311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision méconnaît l'article L.114-21 du code de la sécurité sociale ; il n'a pas été informé l'usage par la caisse d'allocations familiales de son droit de communication ;

- des retenues ont été réalisées par la caisse d'allocations familiales malgré l'introduction du recours ;

- la décision méconnaît l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ; aucune compensation des prestations ne peut être effectuée ;

- la décision n'est pas motivée ; il n'a pas été informé du décompte de la créance ;

- la décision méconnaît les droits de la défense ; il n'a pas pu faire valoir ses observations ; le contradictoire a été méconnu ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit ; l'indu en litige résulte de sommes remboursées par sa mère et ne saurait dès lors être qualifiées de revenus ; l'indu en litige résulte de la réintégration de revenus de son activité d'autoentrepreneur au titre de ventes en ligne qui ne l'ont pas enrichi ;

- il est de bonne foi ; il peut donc bénéficier du droit à l'erreur ;

- il est de bonne foi et il se trouve dans une situation précaire justifiant une remise totale de sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable ; aucun recours administratif préalable n'a été formé ;

- les indus sont réguliers et fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 octobre 2022.

IV - Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2022, sous le numéro 2205952, M. A E, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours administratif préalable du 14 avril 2022 formé à l'encontre de la décision du 1er février 2022 par laquelle la caisse lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité de mai 2020 d'un montant de 150 euros ;

2°) de le décharger du paiement de la somme de 150 euros ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision prise sur le fondement d'un traitement algorithmique méconnaît les articles L.311-3-1 et R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision méconnaît l'article L.114-21 du code de la sécurité sociale ; il n'a pas été informé l'usage par la caisse d'allocations familiales de son droit de communication ;

- la décision méconnaît l'article L.262-46 du code de l'action sociale et des familles ; aucune compensation des prestations ne peut être effectuée ;

- la décision n'est pas motivée ;

- la décision méconnaît les droits de la défense ; il n'a pas pu faire valoir ses observations ; le contradictoire a été méconnu ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit ; l'indu en litige résulte de sommes remboursées par sa mère et ne saurait dès lors être qualifiées de revenus ; l'indu en litige résulte de la réintégration de revenus de son activité d'autoentrepreneur au titre de ventes en ligne qui ne l'ont pas enrichi ;

- il est de bonne foi ; il peut donc bénéficier du droit à l'erreur ;

- il est de bonne foi et il se trouve dans une situation précaire justifiant une remise totale de sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable ; aucun recours administratif préalable n'a été formé ;

- les indus sont réguliers et fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 octobre 2022.

V - Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2023, sous le numéro 2300173, M. A E, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 décembre 2022 par laquelle le département de l'Hérault lui a notifié une amende administrative d'un montant de 1 000 euros ;

2°) de le décharger du paiement de la somme de 1 000 euros ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- son recours est recevable ;

- l'amende n'est pas fondée ; il n'a pas fraudé ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, le département de l'Hérault, représenté par la SELARL VPNG, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable ; aucun recours administratif préalable obligatoire n'a été formé ;

- l'amende est fondée dès lors que le requérant n'a pas déclaré l'intégralité de ses ressources.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2023.

VI - Par une requête, enregistrée le 6 février 2023 sous le numéro 2300666, M. A E, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire du 18 janvier 2023 émis par le département de l'Hérault pour le recouvrement d'une amende administrative d'un montant de 1000 euros ;

2°) de le décharger du paiement de la somme de 1 000 euros ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le titre méconnaît l'article L.262-46 alinéa 2 du code de l'action sociale et des familles ; il a été émis malgré l'introduction du recours contre la décision initiale ;

- le titre méconnaît l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ; il n'est pas signé ;

- le titre n'est pas motivé ;

- le titre n'est pas fondé ; il n'a pas fraudé ; la caisse d'allocations familiales a commis une erreur en renouvellement le versement des prestations pendant plusieurs mois ; il ne s'est pas enrichi pas la vente en ligne de biens personnels ; il est de bonne foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, le département de l'Hérault représenté par la SELARL VPNG, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le titre est régulier ; le département n'avait pas connaissance du recours formé par le requérant contre la décision du 29 décembre 2022 ; il est signé par une personne qui a reçu une délégation de signature ;

- le titre est fondé ; les bases de liquidation sont indiquées ; le requérant a accru son patrimoine par ses ventes en ligne.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020.

- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2205947, n° 2205950, n° 2205951, n° 2205952, n° 2300173 et n° 2300666 formées par M. E présentent à juger de questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. E a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active, à l'allocation de logement sociale, à la prime exceptionnelle de fin d'année pour 2020 et 2021 et à l'aide exceptionnelle de solidarité de mai 2020 dans le département de l'Hérault. Suite à un contrôle de sa situation, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié, par une décision 1er février 2022, un indu d'un montant total de 22 333,17 euros, pour la période allant du 1er février 2019 au 31 janvier 2022, au titre d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 332,28 euros, d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 6 104 euros, d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2020 et 2021 d'un montant de 304,90 euros et d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour mai 2020 d'un montant de 150 euros. L'intéressé a formé un recours administratif préalable à l'encontre de l'indu de revenu de solidarité active, qui a été explicitement rejeté le 27 septembre 2022. En outre, par une décision du 29 décembre 2022, le département de l'Hérault lui a notifié une amende administrative d'un montant de 1 000 euros, qui a fait l'objet d'un avis de somme à payer en date du 18 janvier 2023. Par les présentes requêtes, M. E demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

Sur la recevabilité de la requête n° 2205950 formée à l'encontre de l'indu d'allocation de logement sociale :

4. Aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée () ".

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. E a formé un recours administratif contre la décision du 1er février 2022 uniquement pour contester l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 332,28 euros. Dès lors, il ne peut être regardé comme ayant formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de l'indu d'allocation de logement sociale.

6. Par suite, la requête n° 2205950 contestant l'indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 6 104 euros est irrecevable et ne peut qu'être rejetée.

Sur l'indu de revenu de solidarité active :

En ce qui concerne la régularité :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve de l'application du 2° de l'article L. 311-5, une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. / Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'État. ". Aux termes de l'article R. 311-3-1-2 du même code : " L'administration communique à la personne faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, à la demande de celle-ci, sous une forme intelligible et sous réserve de ne pas porter atteinte à des secrets protégés par la loi, les informations suivantes: / 1° Le degré et le mode de contribution du traitement algorithmique à la prise de décision; /2° Les données traitées et leurs sources; /3° Les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressé; /4° Les opérations effectuées par le traitement. ". Il résulte des termes mêmes de ces dispositions qu'elles ne s'appliquent que lorsqu'un traitement algorithmique a fondé, en tout ou partie, une décision individuelle. "

8. En l'espèce, en supposant même, comme il est soutenu, que le contrôle de la situation de M. E ait été effectué à la suite d'un ciblage résultant d'un traitement algorithmique, il ne résulte pas de l'instruction que la décision attaquée du 27 septembre 2022 ait elle-même procédé d'un tel traitement algorithmique. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées par l'article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.

9. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 11 juillet 2022, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme H D, directrice des solidarités actives, pour " tous actes, décisions et documents relatifs à la gestion des droits à l'allocation du revenu de solidarité active non déléguées aux organismes payeurs ; tous actes, décisions et documents concernant la gestion des indus, les recours administratifs et les dossiers de présomption de fraudes. ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme D, signataire de la décision 27 septembre 2022, manque en fait et doit être écarté.

10. En troisième lieu, le requérant fait valoir que la décision méconnaît l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale dès lors qu'il n'a pas été informé du droit à communication de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête du 10 novembre 2021, qu'il a été informé oralement de ce droit lors du contrôle.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".

12. La consultation préalable de la commission de recours amiable en matière de contestation relative au revenu de solidarité active formée auprès du président du conseil départemental est prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, sauf lorsque la convention de gestion conclue entre la caisse d'allocations familiales et le département en dispose autrement, en application de l'article R. 262-89 précité du même code. En l'espèce, en vertu de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue pour la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2023 entre le département de l'Hérault et la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, les recours administratifs en matière de contestation relative au bien-fondé de l'indu ne sont pas soumis pour avis à la commission de recours amiable. Par suite, le moyen tiré de l'absence de consultation de la commission de recours amiable est inopérant et ne peut qu'être écarté.

13. En cinquième lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. À ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

14. La décision contestée mentionne les dispositions du code de l'action sociale et des familles dont il est fait application et expose notamment que M. E n'a pas déclaré l'intégralité de ses revenus. Elle précise en outre le montant des sommes réclamées ainsi que la période sur laquelle porte la récupération. Par suite, cette décision est suffisamment motivée. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.

15. En sixième lieu, M. E fait valoir que ses droits de la défense ont été méconnus dans la mesure où, à défaut de communication du rapport d'enquête établi à son encontre, il n'a pas pu utilement faire valoir ses observations lors de son recours administratif préalable dès lors qu'il n'était pas en mesure de comprendre les faits qui lui étaient reprochés, ni la base de calcul de l'indu litigieux. Il résulte cependant de l'instruction que par un courrier du 14 avril 2022, le requérant a formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article L. 262-47 par lequel il fait valoir que la décision du 1er février 2022 repose sur des motifs erronés. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que M. E aurait formulé auprès de la caisse d'allocations familiales une demande tendant à ce que lui soit communiqué le rapport d'enquête établi par l'agent assermenté à l'issue du contrôle de situation. Par suite, le moyen tiré de ce que le département aurait méconnu le principe général des droits de la défense doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :

16. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active () / Le revenu garanti est calculé, pour chaque foyer, en faisant la somme : 1° D'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer ; 2° D'un montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature () ". Aux termes de l'article R. 262-23 du même code : " Selon les modalités prévues aux articles R. 262-18 à R. 262-22, le président du conseil départemental arrête l'évaluation des revenus professionnels non salariés nécessaires au calcul du revenu de solidarité active. A cet effet, il tient compte, soit à son initiative, soit à la demande de l'intéressé, des éléments de toute nature relatifs aux revenus professionnels de l'intéressé ".

17. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". L'article R. 262-11 du même code dispose notamment que : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation () ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments (). ".

18. En premier lieu, M. E a demandé le bénéfice du revenu de solidarité active le 24 janvier 2019 en se déclarant sans activité et sans ressource, et il n'a déclaré aucune ressource entre janvier 2019 et mars 2020, entre mai 2020 et août 2020, entre octobre 2020 et mars 2021, entre mai 2021 et septembre 2021, entre novembre 2021 et décembre 2021, des ressources de 50 euros en avril 2020, en septembre 2020, en avril 2021, et des ressources de 80 euros en octobre 2021. Lors d'un contrôle, il a été constaté que M. E avait créé une entreprise, depuis le 1er juin 2017, sous le statut d'auto-entrepreneur qu'il n'avait pas mentionné dans ses déclarations. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête établi le 10 novembre 2021 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, dont les énonciations font foi jusqu'à preuve du contraire, que les comptes bancaires de M. E ont été crédités de sommes provenant de virements réguliers de sites de vente en ligne, de sa sœur, et de M. G, qui ont été regardées comme des ressources dissimulées. Si le requérant fait valoir que l'indu en litige résulte, d'une part, de sommes remboursées par sa mère qui ne sauraient dès lors être qualifiées de revenus, d'autre part, de la réintégration de revenus de son activité d'autoentrepreneur au titre de ventes en ligne qui ne l'ont pas enrichi, dès lors que cette activité n'a pas un but lucratif, il résulte toutefois de l'instruction que les versements ponctuels de sa mère n'ont pas été pris en compte, et que tant les virements de vente en ligne que les aides de sa sœur et de M. G, lui ont permis de bénéficier de revenus annuels de 4 474, 09 euros en 2018, de 20 502,54 euros en 2019, de 15 946,34 euros en 2020, et de 16 806,31 euros en 2021. Il résulte de ce qui précède que le requérant ne remet donc pas utilement en cause les constatations du rapport d'enquête.

19. En second lieu, en supposant même établies que des retenues auraient été effectuées sur les prestations de M. E, malgré son recours préalable, cette circonstance, si elle est susceptible de constituer une faute de l'autorité administrative, est toutefois sans incidence sur le bien-fondé de l'indu. Ce moyen est donc écarté.

En ce qui concerne le droit à l'erreur invoqué par le requérant :

20. S'agissant du droit à l'erreur résultant de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, le requérant ne peut se prévaloir de ce droit, qui ne concerne pas les cas où, comme en l'espèce, l'administration ne prononce pas une sanction mais se borne à récupérer un indu de prestation.

21. Il résulte de ce qui précède, que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 27 septembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant 16 332, 28 euros pour la période du 1er février 2019 au 31 octobre 2021.

Sur les indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2020 et 2021 et d'aide exceptionnelle de solidarité :

En ce qui concerne la régularité :

22. Pour les mêmes motifs qu'aux points 8 à 16 ci-dessus, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 313-3-1 et R. 311-3-2 du code des relations entre le public et l'administration, de la méconnaissance de l'article L.114-21 du code de la sécurité sociale, du défaut de motivation et de la méconnaissance des droits de la défense doivent être écartés.

En ce qui concerne le bien-fondé :

23. En premier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 29 décembre 2020 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou, à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. Une seule aide est due par foyer. ". Aux termes de l'article 3 du décret du 15 décembre 2021 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2021 ou, à défaut, du mois de décembre 2021, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. Une seule aide est due par foyer. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 " I.- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020, () aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; 2° Le revenu de solidarité mentionné à l'article L. 522-14 du même code ; 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation susvisé ou, à Saint-Pierre-et-Miquelon, l'allocation de rentrée scolaire prévue par le 10° de l'article 11 de l'ordonnance du 26 septembre 1977 susvisée ; 4° L'allocation de solidarité spécifique mentionnée à l'article L. 5423-1 du code du travail susvisé ; 5° La prime forfaitaire mentionnée à l'article L. 5425-3 du même code dans sa rédaction antérieure à la loi du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 susvisée ; 6° L'allocation équivalent retraite mentionnée au II de l'article 132 de la loi du 24 décembre 2007 de finances pour 2008, à l'article 1er du décret du 29 mai 2009 et à l'article 1er du décret du 6 mai 2010 susvisés. () ".

24. Il résulte de ce qui a été énoncé au point 18 que M. E n'avait pas droit au revenu de solidarité active. Par suite, il ne pouvait prétendre à l'octroi de la prime exceptionnelle de fin d'année 2020, de la prime exceptionnelle de fin d'année 2021 et de l'aide exceptionnelle de solidarité versée en mai 2020.

25. En second lieu, pour les mêmes motifs qu'au point 19, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles doit être écarté.

En ce qui concerne le droit à l'erreur invoqué par le requérant :

26. Pour les mêmes motifs qu'aux points 20 et 21, le moyen tiré du droit à l'erreur droit être écarté.

Sur l'amende administrative :

27. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental () ". Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

28. En l'espèce, comme il a été dit ci-dessus, l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. E résulte de l'absence de déclaration par ce dernier de ressources régulières. Eu égard à la réitération des omissions ainsi que des informations fournies aux allocataires sur leurs obligations déclaratives, M. E ne peut être regardé comme ayant légitimement ignoré qu'il devait déclarer l'ensemble de ses ressources.

29. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, M. E n'est pas fondé à contester l'amende administrative qui lui a été infligée par la décision du 29 décembre 2022.

Sur l'avis de somme à payer :

30. En premier lieu, aux termes des dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. /Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ".

31. Il résulte de ces dispositions que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.

32. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 17 octobre 2022, régulièrement transmis et publié le même jour, Mme C F, cheffe du service des droits RSA, et signataire de la décision attaquée, a notamment reçu délégation de signature pour les titres de recettes concernant les indus de revenu de solidarité active. Le département de l'Hérault produit en défense le bordereau signé. En outre, le titre exécutoire émis à l'encontre de M. E adressé à ce dernier comportait les nom, prénom et qualité de Mme C F, chef du service des droits RSA. Par suite, le moyen est infondé.

33. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. E, aucune disposition ne prévoit, à la différence des recours contre les décisions de récupération de l'indu, que la formation d'un recours gracieux contre une amende administrative prononcée en application de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles aurait un caractère suspensif.

34. En troisième lieu, il résulte du point 28 ci-dessus, que M. E n'est pas fondé à contester l'amende administrative qui lui a été infligée. Par suite, cette même contestation à l'appui de ses conclusions contre l'avis de somme à payer n° 298 émis le 18 janvier 2023 ne peut qu'être écartée.

35. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'avis de somme à payer n° 298 émis le 18 janvier 2023.

Sur la demande de remise de dette :

36. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

37. En second lieu, il résulte des termes de l'article 6 du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 et du décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021, ainsi que de l'article 4 du décret n° 2020-519 du 5 mai 2020, que tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application de ces décrets est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue.

38. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions de précarité et de bonne foi prévues par ces dispositions présentent un caractère cumulatif.

39. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que l'indu en litige résulte de fausses déclarations. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé comme se trouvant en situation de bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette.

Sur les conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et de décharge :

40. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E n'implique aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

41. Par suite, les conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et de décharge présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

42. M. E étant partie perdante dans la présente, ses conclusions au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. E sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au département de l'Hérault, à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et à Me Desfarges.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.

Le président,

D. B

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de l'Hérault en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 13 août 2024.

La greffière,

F. Roman

Nos 2205947, 2205950, 2205951, 2205952, 2300173, 2300666

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