jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206020 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat HUCHOT |
| Avocat requérant | VICTOR AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 18 novembre 2022, le 14 décembre 2022 et le 29 novembre 2023, M. D A et Mme C B, représentés par Me Guy, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 18 mars 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aude leur a notifié un indu de 603 euros au titre de l'allocation adulte handicapé et de l'allocation logement et de les décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) à titre subsidiaire, de leur accorder une remise totale ou partielle de la dette ;
3°) de condamner la caisse d'allocation familiale à rembourser les sommes prélevées à tort ou non versées à tort, avec intérêts au taux légal et capitalisation des intérêts ;
4°) d'enjoindre à la caisse d'allocation familiale de régulariser leur dossier d'allocataire ;
5°) de mettre à la charge de la caisse d'allocation familiale de l'Aude une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que
- la caisse d'allocations familiales de l'Aude ne prend pas en compte la situation de M. A de colporteur de presse indépendant qui lui ouvre droit à un abattement de 50% sur ses revenus ;
- il y a des erreurs sur sa déclaration de revenus commises par son employeur.
Sur l'allocation de logement sociale :
- l'indu de 520 euros est infondé dès lors que M. A bénéfice d'un abattement de 50% sur ses revenus issus de son statut de colporteur de presse, qui n'a pas été pris en compte et leurs deux situations ont été inversées.
Sur l'allocation d'adultes handicapées :
- Mme B est bénéficiaire de cette allocation depuis la décision de la MDPH du 11 mai 2020 ; en raison des erreurs commises dans leur dossier, elle s'est vue notifier un indu à hauteur de 83 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 septembre 2023 et le 11 décembre 2023, la caisse d'allocation familiale de l'Aude, représentée par Me Victor, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de M. A et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en l'absence de décisions contestées et de recours préalable devant la commission de recours amiable ;
- à titre subsidiaire, s'ils entendent contester l'étendue de certains de leurs droits, il leur appartient de saisir la caisse d'allocation familiale de l'Aude d'une demande précise ;
- les conclusions dirigées à l'encontre de l'indu d'allocation aux adultes handicapés relèvent de la compétence du juge judiciaire ;
- sur l'allocation logement sociale, l'indu d'un montant de 520 euros sur la période du 1er janvier au 18 mars 2022 est parfaitement fondé.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 février 2023.
Par une décision du 14 février 2023, la demande d'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée pour dépassement du plafond de revenus.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huchot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huchot ;
- les observations de Mme B et de M. A.
Considérant ce qui suit :
Sur l'allocation aux adultes handicapées :
1. L'article L. 821-5 du code de la sécurité sociale dispose : " L'allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. () Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux général de la sécurité sociale. () ". L'article L. 142-8 du même code prévoit que : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : /1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 211- 16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent :/1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 ; () ".
2. Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : ()/ 3° Apprécier :/ a) si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution, () pour l'adulte, de l'allocation prévue aux articles L. 821-1 et L. 821-2 du code de la sécurité sociale () / b) Si les besoins de compensation de l'enfant ou de l'adulte handicapé justifient l'attribution de la prestation de compensation dans les conditions prévues à l'article L. 245-1 ; / c) Si la capacité de travail de la personne handicapée justifie l'attribution du complément de ressources mentionné à l'article L. 821-1-1 du code de la sécurité sociale ; () ". Aux termes de l'article L. 241-9 de ce code : " Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 () ainsi que celles relevant des 2° et 3° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires () ".
3. Conformément aux dispositions précitées, les litiges soulevés par la requête de Mme B et M. A, qui concerne l'allocation aux adultes handicapés, ne relèvent pas de la compétence du juge administratif mais de celle du juge judiciaire et plus précisément du tribunal judiciaire de Montpellier. Par suite, les conclusions relatives à l'allocation aux adultes handicapés doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur l'allocation de logement sociale :
4. Selon l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable () de cet organisme () ". Selon l'article L. 825- 2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ".
5. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative au revenu de solidarité active, à la prime d'activité ou à l'aide personnelle au logement doit obligatoirement, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire, qui se substitue à la décision initiale, est susceptible d'être déférée devant le Tribunal.
6. Il résulte de l'instruction que malgré la demande de régularisation adressée par le tribunal tendant à produire soit les décisions rendues par la caisse d'allocations familiales de l'Aude à la suite de ses recours administratifs, soit les preuves d'envoi de ces recours administratifs à la caisse d'allocations familiales, ces décisions expresses ou implicites étant seules susceptibles de faire l'objet d'un recours contentieux, M. A et Mme B n'ont pas produits de décisions de la caisse d'allocations familiales de l'Aude susceptibles de recours. Par suite, les conclusions de la requête concernant l'allocation de logement sociale doivent être rejetées comme irrecevables ainsi que l'oppose la caisse d'allocation familiale de l'Aude, et les conclusions tendant au versement rétroactif avec capitalisation des intérêts doivent être rejetées par voie de conséquence ainsi que les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A et Mme B le versement à la caisse d'allocation familiale de l'Aude d'une quelconque somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A et Mme B au titre de l'allocation aux adultes handicapés sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. D A, à Mme C B, à Me Guy et à la caisse d'allocation familiale de l'Aude.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
N. Huchot
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 18 janvier 2024.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026