vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206292 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 décembre 2022 et 13 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Betrom, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2022 par laquelle Montpellier Méditerranée Métropole a refusé de renouveler son contrat à durée déterminée ;
2°) de mettre à la charge de Montpellier Méditerranée Métropole une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle devait bénéficier du renouvellement de son contrat à durée déterminée pour 3 ans ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2024, Montpellier Méditerranée Métropole conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que le recours est irrecevable et que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 5 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Bonnet, pour Montpellier Méditerranée Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, agente contractuelle, a été recrutée par le biais d'un contrat à durée déterminée d'une durée de trois ans, à compter du 1er septembre 2019, par Montpellier Méditerranée Métropole sur le poste de médecin du travail. Par courrier du 29 juin 2022, Mme A a été informée par la métropole de ce qu'elle envisageait de renouveler son contrat pour 6 mois à compter de sa date d'échéance. Mme A n'a pas donné suite à cette proposition. Le 28 juillet 2022, Montpellier Méditerranée Métropole a informé Mme A qu'elle prenait acte de son refus de renouvellement. Par un courrier du 17 août 2022, reçu le 22 août suivant, Mme A a formé un recours gracieux contre cette décision laquelle a donné naissance à une décision implicite de rejet le 22 octobre 2022. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 28 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, en l'absence de droit au renouvellement de son contrat, Mme A ne peut utilement soutenir que la décision attaquée, qui n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées serait entachée d'une insuffisante motivation. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne résulte ni des stipulations du contrat à durée déterminée de Mme A, ni d'aucune disposition législative ou réglementaire, que le renouvellement du contrat à durée déterminée doit s'effectuer pour une durée égale à celle du contrat initial.
4. En troisième lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses, si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service
5. Mme A soutient que la décision de non-renouvellement de son contrat repose sur un motif étranger à l'intérêt du service. Toutefois, Montpellier Méditerranée Métropole fait valoir en défense que cette décision repose, d'une part, sur les difficultés relationnelles rencontrées par l'intéressée et plus généralement sur une manière de servir insatisfaisante et, d'autre part, sur une réorganisation du pôle ressources humaines. A cet égard, Mme A se borne à se prévaloir de la publication d'une offre de recrutement d'un médecin territorial à compter du 2 septembre 2022 et fait valoir que ses fonctions n'exigeaient pas de relations avec les autres services sans pour autant remettre en cause les difficultés rencontrées, alors que ces dernières ressortent notamment de la note d'information du 23 juin 2022, laquelle mentionne que Mme A a rencontré des difficultés de communication vis-à-vis de autres services et de la direction, compliquant le travail des services. Par suite, et même si les qualités professionnelles de l'intéressée ont pu être reconnues par ses supérieurs hiérarchiques, la décision de ne pas renouveler son contrat de médecin territorial était justifiée par l'intérêt du service et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que Mme A n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision du 28 juillet 2022.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par Montpellier Méditerranée Métropole sur le fondement de ces mêmes dispositions doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Montpellier Méditerranée Métropole sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à Montpellier Méditerranée Métropole.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2025.
Le président-rapporteur,
V. Rabaté
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 février 2025.
La greffière,
B. Flaesch
No 2206292 sa
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA01283
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA01974
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