mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206514 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | SCP DILLENSCHNEIDER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 décembre 2022 et le 3 janvier 2023, M. D B C, représenté par la SCP Dillenschneider, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 novembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 2 486,51 euros pour la période du 1er mai 2021 au 31 septembre 2021 et d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 977,06 euros pour la période du 1er septembre 2020 au 30 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Hérault de lui rembourser les sommes prélevées en remboursement de ces indus ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il était bien en France pour la période comprise entre le 7 février 2021 et le 7 septembre 2021 ;
- il est arrivé en Algérie le 13 mars 2020 pour un séjour de moins de trois mois mais s'est retrouvé dans l'impossibilité de revenir en France compte tenu de la fermeture des frontières lors de la crise sanitaire liée à la covid-19 ; il est rentré en France lorsque la première occasion s'est présentée, en février 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2023, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Dillenschneider, représentant M. B C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de sa situation retenant qu'il s'était absenté du territoire français pour des durées supérieures à trois mois, l'intéressé s'est vu notifier, par décision du 2 juin 2022, un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 2 486,51 euros pour la période du 1er mai 2021 au 30 septembre 2021 et, par décision du 14 septembre 2022, un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 977,06 euros pour la période du 1er septembre 2020 au 30 novembre 2021. Par la présente requête, M. B C demande l'annulation de la décision du 29 novembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge de ces indus.
2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir une condition de ressources et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
4. Il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active mis à la charge de M. B C résultent d'une absence de résidence stable et effective sur le territoire national. Il résulte également de l'instruction que M. B C était absent du territoire français, pour l'année 2020, du 13 mars au 31 décembre, et pour l'année 2021, du 1er janvier au 6 février puis du 7 septembre au 17 novembre. Dès lors qu'il n'est pas contesté en défense que, en dépit de ses absences du territoire, M. B C restait considéré comme ayant sa résidence en France, celui-ci a droit au revenu de solidarité active, compte tenu d'absences supérieures à trois mois pour l'année civile, pour les mois civils complets de présence en France. Il résulte de l'instruction qu'au cours de la période en litige, M. B C a été présent en France les mois civils complets de mars à août 2021. Il avait en conséquence droit au revenu de solidarité active pour ces six mois. Il résulte cependant de l'instruction que le département de l'Hérault n'a procédé à une régularisation de ses droits que pour les mois de mai à août 2021. Par suite, M. B C est fondé à demander la décharge de l'indu de revenu de solidarité active correspondant au mois de mars et avril 2021 laissé à sa charge. En revanche, M. B C n'est pas fondé à contester le surplus des indus.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de l'Hérault la somme que demande M. B C au titre des articles 37 de la loi du 10 août 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B C est déchargé de l'indu de revenu de solidarité active correspondant de mars et avril 2021.
Article 2 : La décision du 29 novembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté le recours de M. B C est réformée en ce qu'elle a de contraire à l'article 1er du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B C, au département de l'Hérault et à la SCP Dillenschneider.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024 2024.
Le président,
D. ALe greffier en chef,
Ph. Lalloué
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 juin 2024 2024
Le greffier en chef,
Ph. Lalloué
No 2206514
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026