vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206636 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 décembre 2022 et 28 mars 2024,
Mme B A, représentée par Me Salies, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet prise sur sa demande du 31 octobre 2022 par laquelle le centre communal d'action sociale (CCAS) de Servian a refusé de lui verser le complément de traitement indiciaire à compter du 1er septembre 2020 ;
2°) de condamner le CCAS de Servian à lui verser une somme de 7503 euros correspondant au complément de traitement indiciaire dû sur la période du 1er septembre 2020 jusqu'au 31 octobre 2022 ;
3°) d'enjoindre au CCAS de Servian de lui verser le complément de traitement indiciaire dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du CCAS de Servian la somme de 1 700 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur de droit et que sa requête est recevable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, le CCAS de Servian, représenté par Me Betrom conclut au rejet du recours pour irrecevabilité. Il sollicite en outre que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la demande d'injonction présentée à titre principal est irrecevable, que la demande du 31 octobre 2022 est confirmative, qu'aucun recours n'est intervenu deux mois après le rejet implicite de la demande du 31 octobre 2022.
La clôture d'instruction a été fixée au 22 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 2022-1157 du 16 août 2022 ;
- la loi n°2020-1576 du 14 décembre 2022 ;
- le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Betrom, pour le CCAS Servian.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est agente technique de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " l'Ensolehada " rattaché au centre communal d'action sociale (CCAS) de Servian. Elle a sollicité, par courrier du 9 août 2021, le bénéfice du complément de traitement indiciaire auprès du CCAS, lequel a refusé par décision du
27 août 2021. Par courrier du 31 octobre 2022, Mme A a sollicité du CCAS de Servian le bénéfice du complément de traitement indiciaire à compter du 1er septembre 2020, ainsi que le versement d'une somme de 7053 euros au titre du versement dudit complément. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision implicite du CCAS de Servian rejetant sa demande du 31 octobre 2022 de versement dudit complément, d'enjoindre au CCAS de lui verser ledit complément, et de le condamner à lui verser une somme de 7053 euros de complément de traitement indiciaire non versé sur la période allant du 1er septembre 2020
au 31 octobre 2022.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 9 août 2021, Mme A a saisi le CCAS de Servian d'une demande de versement de son complément indiciaire de traitement qui a été expressément rejetée par décision du 27 août 2021. S'il est vrai que Mme A a de nouveau saisi le CCAS de Servian d'une demande de versement de son complément indiciaire de traitement le 31 octobre 2022, laquelle a été reçue le jour même et a donné lieu à une décision implicite de rejet deux mois après, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du 27 août 2021 ait été notifiée à la requérante et ait mentionné les voies et délais de recours de sorte que cette décision n'est pas devenue définitive. Par suite, la décision implicite de refus du 31 décembre 2022 ne peut s'analyser comme une décision confirmative d'une décision de même portée devenue définitive. Et cette fin de non-recevoir opposée devra, ainsi, être écartée.
3. En deuxième lieu, Mme A, expose clairement dans sa requête initiale les demandes qu'elle a adressées à son administration, et conteste le refus implicite qui a été opposé à sa demande tendant à bénéficier du complément de traitement indiciaire. Dans ces conditions, et malgré la formulation maladroite de ses conclusions, elle doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision de rejet prise sur sa demande du 31 octobre 2022. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de l'irrecevabilité de conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal, doit être écartée.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A a sollicité, par courrier du 31 octobre 2022, du CCAS de Servian, qui ne conteste pas l'avoir reçu le jour même, l'indemnisation du complément de traitement indiciaire, courrier sur lequel le CCAS de Servian est resté silencieux pendant de deux mois. Mme A présente pour la première fois des conclusions à fin d'indemnisation de ce complément dans son mémoire enregistré le 28 mars 2024, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation sont tardives.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article 48 de la loi du 14 décembre 2020 dans sa version modifiée par l'article 44 de la loi du 16 août 2022 de finances rectificatives pour 2022 : " I.- A. Un complément de traitement indiciaire est versé dans des conditions fixées par décret aux fonctionnaires et militaires exerçant leurs fonctions au sein : () 3° Des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes mentionnés au 6° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles, y compris les professionnels exerçant au titre de l'accueil de jour sans hébergement dans les conditions prévues au dernier alinéa du même I ; () A.-Pour les personnels mentionnés au A du I, aux rémunérations versées à compter du 1er septembre 2020, sauf pour ceux exerçant dans les structures mentionnées aux 6° à 10° du même A, pour lesquels les I à III s'appliquent aux rémunérations versées à compter du 1er juin 2021 ". Aux termes du 6° de l'article L.312-1 du code de l'action sociale et des familles : " Les établissements et les services qui accueillent des personnes âgées ou qui leur apportent à domicile une assistance dans les actes quotidiens de la vie, des prestations de soins ou une aide à l'insertion sociale () "
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A exerçait ses fonctions au sein d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes au sens des dispositions précitées ce qui la rendait éligible au complément de traitement indiciaire institué par l'article 48 précité. Dans ces conditions, le CCAS de Servian ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, refuser de verser le complément de traitement indiciaire à Mme A à compter du 1er septembre 2020. Par suite, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le CCAS de Servian a refusé de lui verser le complément de traitement indiciaire à compter du 1er septembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction
7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que le président du CCAS de Servian verse le complément de traitement indiciaire dû à Mme A à compter du 1er septembre 2020. Il y a donc lieu de l'y enjoindre.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés par le CCAS de Servian et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CCAS de Servian, une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de rejet du 31 décembre 2022 du CCAS de Servian est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président du CCAS de Servian de verser le complément de traitement indiciaire à Mme A à compter du 1er septembre 2020 jusqu'au jour du jugement, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le CCAS de Servian versera une somme de 1 500 euros à Mme A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre communal d'action sociale (CCAS) de Servian.
Délibéré à l'issue de l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
V. Rabaté
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2024
La greffière,
B. Flaesch
N°2206636 sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026