jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206637 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 19 décembre 2022, le 27 février 2023 et le 22 mars 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 7 novembre 2022 par laquelle la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Orientales lui a indiqué qu'il avait bénéficié à tort d'une somme de 6 300 euros pour absence d'éligibilité au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2023, la direction départementale des finances publiques (DDFIP) des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Par une lettre du 22 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que la décision du Tribunal était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 novembre 2022 dès lors que, par ce courrier, l'administration fiscale se borne à informer M. A de son absence d'éligibilité au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et annonce l'émission prochaine d'un titre exécutoire donnant lieu à récupération des sommes indûment perçues, constitue une mesure préparatoire insusceptible de recours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, président-rapporteur,
- et les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a bénéficié, dans le cadre de son activité, d'une aide versée au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 pour les mois de mars à juin 2020 et pour les mois d'octobre à décembre 2020 d'un montant total de 16 900 euros. Après un contrôle sur pièces diligenté par la direction départementale des finances publiques (DDFIP) des Pyrénées-Orientales, l'administration fiscale, par courrier du 7 novembre 2022 a informé M. A qu'il avait bénéficié à tort d'aides versées pour un montant de 6 300 euros et de l'émission prochaine d'un titre de perception à son encontre. M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler ce courrier.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Par le courrier contesté du 7 novembre 2022, la DDFIP des Pyrénées-Orientales s'est bornée à notifier à M. A les conclusions du contrôle effectué concernant l'éligibilité aux aides exceptionnelles qui lui ont été attribuées au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 au titre des mois de mars à juin 2020 et des mois d'octobre à décembre 2020, à relever l'absence d'éligibilité de l'intéressé aux aides ainsi versées et à l'informer qu'un titre de perception serait émis à son encontre en vue de récupérer la somme de 6 300 euros indument perçue. Cette lettre de l'administration se borne à porter à la connaissance de l'intéressé les résultats d'un contrôle et à l'informer de l'émission à intervenir d'un titre de perception visant à recouvrer les sommes en cause, lequel peut seul être contesté selon les conditions prévues aux articles 117 et suivants du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 qui disposent notamment que la contestation d'un titre de perception a pour effet de suspendre le recouvrement de la créance et qu'une réclamation préalable tendant à contester ce titre doit être adressée à l'administration avant toute saisine du tribunal. Dès lors, eu égard à son contenu, et nonobstant la circonstance qu'il précise à tort que l'intéressé dispose d'un délai de deux mois à compter de sa notification pour formuler son " recours " devant le tribunal administratif compétent, ce courrier constitue un acte préparatoire qui n'est pas susceptible d'être contesté par M. A devant le Tribunal.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées comme irrecevables. Par voie de conséquence, les conclusions qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative seront également rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président-rapporteur,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseure la plus ancienne,
A. Bayada
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 30 mai 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
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