mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206639 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL LYSIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022, la commune d'Alaigne (11240), représentée par la société civile professionnelle (SCP) d'avocats SVA, demande au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins de décrire les dégradations affectant la voie communale n° 28, d'en rechercher l'origine, de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier et de fixer la contribution spéciale qu'elle peut réclamer à la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Domaine Girard.
Elle soutient que :
- les dégradations du chemin font suite au retrait sans autorisation par la SCEA Domaine Girard des revers d'eau installés pour tenter de limiter les dommages dus au ruissellement des eaux ;
- les démarches amiables engagées pour que la SCEA prenne en charge la remise en place des rails n'ont pas abouti ;
- l'expertise sollicitée pour déterminer la nature et le coût desdits travaux présente donc un caractère utile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés par une décision du 1er septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 161-8 du code rural et de la pêche maritime : " Des contributions spéciales peuvent être imposées par la commune () aux personnes physiques ou morales responsables des dégradations apportées aux chemins ruraux en état de viabilité qui, de manière habituelle ou temporaire, les utilisent à quelque titre que ce soit. / La quotité des contributions est proportionnée à la dégradation causée. / Les deux derniers alinéas de l'article L. 141-9 du code de la voirie routière sont applicables à ces contributions ", aux termes desquels : " Toutes les fois qu'une voie communale entretenue à l'état de viabilité est habituellement ou temporairement soit empruntée par des véhicules dont la circulation entraîne des détériorations anormales, soit dégradée par des exploitations de mines, de carrières, de forêts ou de toute autre entreprise, il peut être imposé aux entrepreneurs ou propriétaires des contributions spéciales, dont la quotité est proportionnée à la dégradation causée. / Ces contributions peuvent être acquittées en argent ou en prestation en nature et faire l'objet d'un abonnement. / A défaut d'accord amiable, elles sont fixées annuellement sur la demande des communes par les tribunaux administratifs, après expertise, et recouvrées comme en matière d'impôts directs. ". En l'absence d'accord amiable entre les parties, la fixation des contributions prévues par l'article L. 141-9 du code de la voirie routière et par l'article L. 161-8 du code rural et de la pêche maritime, ne peut intervenir que dans le cadre d'une procédure au fond et nécessite l'organisation d'une expertise.
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'utilité d'une mesure d'expertise sollicitée sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. Il résulte de l'instruction que le chemin rural n° 28 de la commune d'Alaigne présente des dégradations qui sont susceptibles de résulter du passage d'engins lourds et du retrait, par la SCEA Domaine Girard, des ouvrages publics type revers d'eau installés par la commune pour récupérer les eaux de ruissellement. Les discussions engagées entre la commune et la SCEA pour une prise en charge du coût des travaux de remise en état du chemin n'ayant pas débouché sur un accord amiable, la commune d'Alaigne sollicite une mesure d'expertise afin d'identifier les travaux permettant de remédier aux désordres, leur coût et leur durée, dans le but d'établir le montant de la contribution spéciale prévue par l'article L. 141-9 du code de la voirie routière et par l'article L. 161-8 du code rural et de la pêche maritime. Cette demande présente dès lors un caractère utile, pour permettre au juge du fond éventuellement saisi de fixer le montant desdites contributions, et entre, par suite, dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
4. En revanche, dès lors qu'il n'appartient qu'au juge du fond éventuellement saisi de fixer le montant de la contribution spéciale, la partie de la demande tendant à confier une telle mission à l'expert ne peut qu'être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : M. A B, domicilié 5, chemin des Faïssos Feral à Salles d'Aude 11110 est désigné comme expert avec pour mission de :
* se faire communiquer tous documents qu'il estimera utiles à sa mission ;
* se rendre sur les lieux, voie communale n° 28 à Alaigne (11240) ;
* décrire les dégradations affectant la voie communale en litige et préciser leur nature, leur date d'apparition et leur importance ;
* déterminer l'origine des désordres et, en cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
* indiquer la nature des travaux nécessaires à la remise en état de la voie, de nature à assurer un usage propre à sa destination ; prévoir la durée des travaux et en chiffrer le coût, afin de permettre au tribunal éventuellement saisi de fixer la contribution spéciale visée à l'article L. 141-9 du code de la voirie routière et de l'article L. 161-8 du code rural et de la pêche maritime ;
* d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune d'Alaigne et la SCEA Domaine Girard.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d'Alaigne, à la société civile d'exploitation agricole Domaine Girard et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 28 février 2023
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 février 2023
L'attaché,
Médéric Arias
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026