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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2300254

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2300254

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2300254
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-Président ENCONTRE
Avocat requérantNEANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 7 novembre 2022 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l'Hérault lui a refusé l'attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Elle soutient que son dossier est complet et qu'elle répond à tous les critères d'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Un mémoire en production de pièces présenté par le département de l'Hérault a été enregistré le 30 mars 2023 mais n'a pas été communiqué en l'absence de réponse à la demande de régularisation, adressée le même jour à la collectivité, par la production de ces pièces via l'application télérecours, conformément aux dispositions des articles R. 414-1 et R. 611-8-2 du code de justice administrative.

Me Néant s'est constitué dans cette affaire pour la défense des intérêts de Mme B le 29 janvier 2024 à 17h41. La procédure lui a été communiquée le 30 janvier 2024 à 10h30.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles

R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 30 janvier 2024 à 14h30 :

- le rapport de Mme Encontre,

- les observations de Mme B, dont le conseil, non présent à l'audience, s'est constitué le 29 janvier 2024 et auquel la procédure a été communiquée par le greffe le 30 janvier 2024 à 10h02, la requérante n'ayant pas souhaité que l'affaire soit renvoyée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a sollicité le 12 décembre 2021 l'attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Au vu de l'avis émis par la maison départementale de l'autonomie du département de l'Hérault, le président du conseil départemental a refusé de faire droit à sa demande par une décision du 7 novembre 2022 intervenue sur recours administratif préalable obligatoire dont Mme B, par la présente requête, demande l'annulation.

2. Aux termes du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article

L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ".

3. Aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1 Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité () Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; - ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ; 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière ".

4. Il résulte de l'instruction que Mme B, qui a levé le secret médical, souffre depuis 2015 d'une fibromyalgie et d'une pathologie chronique de la zone pelvienne qui, lorsqu'elles se manifestent, entraînent des douleurs importantes et que son état de santé a justifié la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et l'attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention " priorité ". S'agissant de la limitation du périmètre de marche et de la capacité de déplacement autonome de Mme B, si le certificat médical établi le 19 octobre 2021 par le médecin traitant de la requérante fait état de difficultés à la marche lors de ses déplacements à l'extérieur, il indique toutefois un périmètre de marche de 200 mètres et l'absence de nécessité d'une aide technique ou humaine. Il ressort, en outre, de la fiche de restitution des prestations d'appuis spécifiques aux personnes handicapées établie le 8 avril 2021 par le prestataire de l'association pour la gestion des fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH) que Mme B a indiqué, s'agissant de ses loisirs, " faire des balades randonnées tous les 2 à 3 jours entre 8 et 15 km ". Au vu de ces éléments, Mme B ne remplit pas les critères prévus par les dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles pour prétendre à la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", nonobstant la circonstance, évoquée par l'intéressée à la barre, que ses déplacements extérieurs en milieu urbain provoquent un stress difficile à surmonter.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 7 novembre 2022.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

La magistrate désignée,

S. EncontreLe greffier,

D. Lopez

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 13 février 2024.

Le greffier,

D. Lopez dl

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