mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300564 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 janvier 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 1er décembre 2022 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l'Hérault a refusé de renouveler sa carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que sa situation de handicap, qui avait justifié initialement l'obtention, ne s'est pas améliorée et que les courts déplacements à pied et la station debout prolongée sont douloureux voire impossibles.
Un mémoire en production de pièces présenté par le département de l'Hérault a été enregistré le 10 février 2023.
Le département de l'Hérault et la maison départementale des personnes handicapées de l'Hérault ont été mis en demeure de présenter leurs observations par courriers du 16 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles
R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Encontre a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a sollicité, le 22 mars 2022, le renouvellement de sa carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Au vu de l'avis émis par la maison départementale de l'autonomie du département de l'Hérault, le président du conseil départemental a refusé de faire droit à sa demande par une décision du 1er décembre 2022, intervenue sur recours administratif préalable obligatoire, dont Mme A, par la présente requête, demande l'annulation.
2. D'une part, aux termes du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ".
3. D'autre part, aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité () Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; - ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ; 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme A, qui a levé le secret médical, souffre d'une lombalgie chronique qui, selon le certificat médical établi le 17 janvier 2023 par son médecin traitant, limite la station debout et ses déplacements pour de courtes distances l'obligeant à des poses assises pour soulager ses douleurs, l'arthrodèse réalisée en 2017 n'ayant pas résolu complètement ses problèmes de souffrance rachidienne. Toutefois, le certificat médical établi le 24 février 2022 par ce même médecin en vue du renouvellement de la carte mobilité inclusion de Mme A indique que son périmètre de marche est supérieur à 200 mètres et qu'elle ne nécessite pas une aide technique pour ses déplacements extérieurs. Au vu de ces éléments, la limitation du périmètre de marche de Mme A n'apparaît pas telle qu'elle justifierait, au regard des critères définis par les dispositions précitées, le renouvellement de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " dont elle bénéficiait.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée en date du 1er décembre 2022.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024
La magistrate désignée,
S. EncontreLa greffière,
D. Lopez
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 février 2024
Le greffier,
D. Lopezdl
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