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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2300631

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2300631

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2300631
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantBETROM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2023, Mme E D C, représentée par Me Betrom, avocate, demande au juge des référés de prescrire une expertise pour déterminer le taux d'incapacité permanente partielle et les préjudices résultant du syndrome anxio-dépressif développé depuis son arrêt maladie du 3 mai 2021.

Elle soutient que l'expertise est utile pour déterminer le taux d'incapacité permanente partielle dont elle est atteinte et les préjudices en résultant.

Par un mémoire, enregistré le 29 mars 2023, la commune de Saint-Jean-de-Védas (Hérault) représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle expose que la mesure sollicitée n'est pas utile.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur l'utilité de la demande :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ".

2. L'utilité d'une mesure d'expertise ou d'instruction qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme D C, cadre de santé puéricultrice et directrice de la maison de la petite enfance de la commune de Saint-Jean-de-Védas, s'est dégradé. Si l'expertise réalisée le 12 juillet 2022 à la demande de la commune de Saint-Jean-de-Védas, reconnaît que la symptomatologie de Mme D C est en lien direct et exclusif avec son activité professionnelle, le taux d'incapacité permanente partielle retenu de 20% est une estimation contestable. Dans ces conditions, la demande d'expertise, présentée par Mme D C pour déterminer le taux d'incapacité permanente partielle et les préjudices en résultant, présente un caractère utile et entre, dès lors, dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : Le docteur B A, domicilié au centre hospitalier Montfavet avenue de la pinède Montfavet (84140), est désigné comme expert avec pour mission de :

* se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme D C et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur elle lors depuis son arrêt maladie du 3 mai 2021 ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme D C ;

* décrire l'état de santé de Mme D C et les soins et prescriptions antérieurs à son arrêt maladie du 3 mai 2021 ; décrire l'état pathologique de la patiente ayant conduit aux soins et aux traitements pratiqués ;

* dire si la pathologie dont elle est atteinte peut être retenue au titre d'une maladie professionnelle hors tableau ;

* Déterminer le taux d'incapacité permanente partielle ;

* dire si l'état de Mme D C a entraîné une incapacité permanente partielle (préciser le taux) résultant de troubles psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;

* dire si l'état de Mme D C a entraîné des périodes pendant lesquelles elle a été du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité totale ou partielle (préciser le taux) de poursuivre son activité professionnelle ;

* dire si l'état de Mme D C a entraîné des périodes pendant lesquelles elle a été du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles ;

* fixer la date de consolidation et, en l'absence, dire à quelle date il conviendra de la revoir ;

* dire si après la consolidation, Mme D C subit un déficit fonctionnel permanent ; évaluer l'altération permanente (préciser le taux) ;

* dire si le déficit fonctionnel permanent entraîne des répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future ;

* dire s'il existe des pertes de gains professionnels futurs ;

* donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique, préjudice sexuel) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;

* dire si une assistance par tierce personne est nécessaire et préciser la nature de l'aide à prodiguer ;

* décrire les soins futurs et préciser la fréquence de leur renouvellement ;

* dire si l'état de Mme D C est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

* d'une manière générale, fournir toute précision d'ordre médical de nature à permettre au tribunal, saisi sur le fond, d'apprécier la qualité de la prise en charge médicale de Mme D C.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de Mme D C et de la commune de Saint-Jean-de-Védas.

Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E D C, à la commune de Saint-Jean-de-Védas et à l'expert.

Fait à Montpellier, le 29 juin 2023

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 29 juin 2023

La greffière,

E. Folio

N°2300631

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