jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300647 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Présidente QUEMENER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 février 2023 et 7 novembre 2024, M. B A conteste la décision du 2 janvier 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 7 861,29 euros pour la période allant du 1er octobre 2021 au 31 août 2022.
Il soutient qu'il se trouve dans une situation financière précaire le mettant dans l'impossibilité de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2024, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 12 novembre 2024 à 14 heures en présence de Mme Roman, greffier d'audience :
- le rapport de Mme C ;
- et les observations de M. A qui confirme ses écritures et insiste sur les éléments contenus dans son dernier courrier ; il précise, s'agissant de sa situation actuelle, qu'il a des remboursements de 3 800 euros par an ; qu'il n'a pas de salaire ; que les charges de la société sont de près de 10 000 euros par mois ; les charges ce sont les charges de la société ; que la société emploie un salarié en CDI en trois quart temps depuis 2018 ; qu'il ne dispose d'aucune trésorerie pour régler.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. Par une décision du 7 septembre 2022, le requérant s'est vu notifier un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 7 861,29 euros pour la période allant du 1er octobre 2021 au 31 août 2022. Par la présente requête, M. A demande au tribunal que lui soit accordée une remise de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A est, avec son épouse, co-gérant d'une société créée en 2017 et qui emploie une salariée à temps partiel. Pour démontrer qu'il se trouve dans une situation de précarité financière justifiant la remise gracieuse de sa dette, le requérant se prévaut du montant des charges mensuelles de la société, de la circonstance que celle-ci ne dispose plus d'aucune trésorerie et de ce que ni lui, ni son épouse ne perçoivent de salaire. Il est toutefois constant, ainsi qu'il vient d'être dit, d'une part, que la société emploie une salariée à temps partiel depuis 2018, et d'autre part, que l'ensemble des charges du ménage, notamment leur logement est pris en charge par la société. Dans ces conditions, en dépit de la situation financière difficile dans laquelle se trouve cette société dont il est co-gérant, M. A n'établit ni l'impossibilité de se verser une rémunération, ni se trouver, à titre personnel, dans une situation de précarité faisant obstacle au règlement de sa dette, éventuellement de manière échelonnée. Il s'ensuit qu'alors même que sa bonne foi n'est pas remise en cause, M. A n'est pas fondé à demander la remise gracieuse de l'indu en litige, de sorte que sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département de l'Hérault.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
La présidente,
V. CLa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 décembre 2024.
La greffière,
F. Roman
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