mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300746 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Présidente QUEMENER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 janvier 2023 et le 22 février 2023, Mme C A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 5 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales lui a accordé une remise partielle de sa dette de prime d'activité d'un montant de 3 888,81 euros, laissant à sa charge un montant de 1 944, 40 euros.
Elle soutient qu'elle est de bonne foi et qu'elle se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'indu est fondé ;
- la remise totale ne peut être accordée ; la précarité n'est pas établie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 12 novembre 2024 à 14 heures en présence de Mme Roman, greffière.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a bénéficié d'une ouverture à la prime d'activité dans le département des Pyrénées-Orientales. A la suite d'un contrôle de sa situation, un indu de prime d'activité d'un montant de 3 888,81 euros a été mis à sa charge. L'intéressée a formé une demande de remise gracieuse. Par une décision du 5 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales lui a accordé une remise partielle à hauteur de 50 % de sa dette de prime d'activité, laissant à sa charge une somme de 1 944, 40 euros. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler de cette décision, et que lui soit accordée une remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, ou ne faisant que partiellement droit à cette demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme A résulte de l'absence de déclaration par l'intéressée de l'allocation aux adultes handicapés de son fils. Si Mme A soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire, il résulte toutefois de l'instruction que son quotient familial a été évalué par la caisse d'allocations familiales en décembre 2022 à 491 euros. Dans ces conditions, et alors que les pièces produites par la requérante, notamment son bulletin de salaire de janvier 2023 d'un montant de 777, 99 euros, une aide mensuelle de la maison départementale des personnes handicapées d'un montant de 936,13 euros, une pension alimentaire mensuelle en 2021 d'un montant de 780 euros, ainsi que des factures et un avis d'imposition démontrant des charges mensuelles d'un montant de 440,66 euros n'établissent pas que sa situation financière se serait dégradée à la date du présent jugement, la requérante ne justifie pas se trouver dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'impossibilité de rembourser l'indu mis à sa charge, le cas échéant selon un échéancier qu'il lui appartient de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes et la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
La présidente,
V. BLa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 décembre 2024.
La greffière,
F. Roman
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