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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2300829

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2300829

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2300829
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantBAUTES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2022 sous le n° 2203735, M. G C, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 20 658,89 euros au titre de la période du 1er février 2019 au 31 décembre 2021 ;

2°) à titre principal, de lui accorder une remise totale de dette ou, subsidiairement, une remise partielle ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- l'indu n'est pas fondé ;

- il est de bonne foi ;

- il se trouve dans une situation précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions de la requête dirigées à l'encontre du bien-fondé de l'indu sont irrecevables dès lors que M. C s'est borné à demander la remise gracieuse de sa dette ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.

II - Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2022 sous le n° 2203736, M. G C, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours contre un indu de prime d'activité d'un montant de 749,66 euros au titre de la période du 1er mai 2020 au 31 décembre 2021 ;

2°) de le décharger de cet indu ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- l'indu n'est pas fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.

III - Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 février 2023 et le 2 août 2023 sous le n° 2300829, M. G C, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault lui a infligé une amende administrative d'un montant de 1 000 euros ;

2°) de le décharger de cette somme ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- il n'a pas fraudé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mars 2023.

IV - Par une requête, enregistrée le 2 août 2023 sous le n° 2304548, M. G C, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de somme à payer n° 2344 émis le 15 février 2023 pour le recouvrement de l'amende administrative de 1 000 euros infligée le 29 décembre 2022 par le président du conseil départemental de l'Hérault ;

2°) de le décharger de cette somme ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a contesté le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge ;

- le département de l'Hérault ne pouvait, dans ces circonstances, émettre un titre exécutoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Bautes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes nos 2203735, 2203736, 2300829, 2304548 de M. C présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. C a bénéficié du revenu de solidarité active et de la prime d'activité dans le département de l'Hérault. À la suite d'un contrôle de sa situation, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié, par une décision du 4 février 2022, des indus de revenu de solidarité active d'un montant de 20 658,89 euros au titre de la période allant du 1er février 2019 au 31 décembre 2021 et de prime d'activité d'un montant de 749,66 euros au titre de la période du 1er mai 2020 au 31 décembre 2021. Par une décision du 29 décembre 2022, le président du conseil départemental de l'Hérault lui a en outre infligé une amende administrative d'un montant de 1 000 euros. M. C conteste ces indus ainsi que l'amende administrative qui lui a été infligée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

En ce qui concerne les indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité :

S'agissant de la régularité des décisions :

4. D'une part, il résulte des pièces produites en défense que, par un arrêté du 15 avril 2022 mis à la disposition du public le même jour, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme B E, directrice adjointe en charge notamment des solidarités et de l'insertion, pour signer tous documents relevant de ses attributions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 13 juin 2022 manque en fait et doit être écarté.

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () ". Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il suit de là que les décisions explicites ou implicites prises à la suite d'un tel recours se substituent nécessairement aux décisions initiales, et sont seules susceptibles d'être déférées au juge.

6. Il résulte de l'instruction que M. C, par un courrier du 4 mars 2022 et dont il a été accusé réception le 21 mars suivant, a exercé le recours administratif prévu aux dispositions citées au point précédent. Par suite, les conclusions dirigées contre l'indu de prime d'activité doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a confirmé cet indu. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 4 février 2022 est inopérant et doit être écarté.

S'agissant du bien-fondé des indus :

7. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 132-1 du code de l'action sociale et des familles, applicable, en vertu de l'article R. 262-6 du même code : " Pour l'appréciation des ressources des postulants prévue à l'article L. 132-1, les biens non productifs de revenu () sont considérés comme procurant un revenu annuel égal () à 3 % du montant des capitaux ". Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre :/ 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ;/ 2° Les ressources du foyer () ".

8. Il résulte des dispositions qui précèdent qu'il appartient à l'allocataire de faire connaître l'ensemble de ses ressources. Doivent notamment être déclarés, les produits de la vente de biens personnels qui sont pris en compte au cours du mois de leur perception. Dans l'hypothèse où les produits de la vente sont capitalisés, les intérêts procurés par leur placement doivent en outre être déclarés ou, s'ils sont improductifs de revenus, le capital ainsi placé est considéré procurer un revenu annuel égal à 3 % de ce capital. En revanche, n'est pas pris en compte, le produit d'une vente occasionnelle de biens personnels du bénéficiaire du revenu de solidarité active destinée à satisfaire un besoin ponctuel.

9. Il résulte de l'instruction que les indus de 20 658,89 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er février 2019 au 31 décembre 2021 et de 749,66 euros de prime d'activité pour la période du 1er mai 2020 au 31 décembre 2021 mis à la charge de M. C résultent de la réintégration dans ses ressources de produits de vente de biens personnels. Il résulte en outre de l'instruction, en particulier des termes du rapport d'enquête du 2 novembre 2021, établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, dont les constatations de fait font foi jusqu'à preuve du contraire et qui ne sont d'ailleurs pas contestées par l'intéressé, que M. C a vendu en 2018 pour 21 447 euros de biens personnels, 21 889 euros au cours de l'année 2019, 9 921 euros au cours de l'année 2020 et 5 097 euros au cours de l'année 2021.

10. D'une part, M. C se borne, quant à l'indu de revenu de solidarité active, à faire valoir qu'il est regrettable que ces ressources soient prises en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, mais que les sommes résultant de ces ventes devraient n'être seulement prise en compte qu'au titre de capitaux placés. Toutefois, comme il a été dit au point 8, le produit de ces ventes constitue, au moment de sa perception, une ressource devant être déclarée. Dans ces conditions, M. C ne peut être regardé comme remettant utilement en cause le bien-fondé de l'indu mis à sa charge.

11. D'autre part, M. C soutient, quant à l'indu de prime d'activité, qu'il se trouve dans une situation précaire et qu'il ignorait devoir déclarer ces sommes pour le calcul de la prime d'activité. Toutefois, de tels moyens, s'ils peuvent être présentés à l'appui d'une demande de remise de dette, sont sans incidence quant au bien-fondé de l'indu.

12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le département de l'Hérault, que les conclusions de M. C, dirigées contre la décision du 13 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé l'indu de 20 658,89 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er février 2019 au 31 décembre 2021, de même que celles dirigées contre la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a confirmé un indu de 749,66 euros de prime d'activité pour la période du 1er mai 2020 au 31 décembre 2021, doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'amende administrative :

13. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental () ". Il résulte de ces dispositions que le président du conseil départemental peut sanctionner, par l'amende administrative qu'elles prévoient, des fausses déclarations ou des omissions délibérées de déclaration ayant abouti à un versement indu du revenu de solidarité active.

14. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. À cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

15. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 15 avril 2022 mis à la disposition du public le même jour, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme F D, directrice du pôle politiques d'insertion, pour signer tous documents relevant de ses attributions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 29 décembre 2022 manque en fait et doit être écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° infligent une sanction () ". D'autre part, l'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

17. La décision par laquelle le président du conseil départemental inflige une amende administrative en application de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles est au nombre des décisions prononçant une sanction et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.

18. En l'espèce, la décision du 29 décembre 2022 infligeant une amende administrative à M. C vise l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles. Elle mentionne également que, par courrier du 6 juillet 2022, il a été informé qu'il s'exposait à une amende administrative pour ne pas avoir déclaré les sommes perçues, importantes et régulières, provenant de la vente de biens personnels, et que les arguments avancés dans ses observations du 8 août 2022 ne permettaient pas de modifier la position à son égard. En conséquence, dès lors que M. C a pu ainsi avoir une connaissance suffisante des griefs formulés à son encontre et de pouvoir les contester utilement, la motivation de la décision du 29 décembre 2022 est suffisante.

19. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que M. C a persisté à ne pas déclarer les sommes qu'il a perçues au titre de la vente de biens personnels pour un montant total de 21 447 euros au cours de l'année 2018, 21 889 euros au cours de l'année 2019, 9 921 euros au cours de l'année 2020 et 5 097 euros au cours de l'année 2021. Alors que le guide fourni par la caisse d'allocations familiales précise que : " toute ressource exceptionnelle " doit être déclarée, y compris " l'argent issu de la vente d'un bien ou d'un objet ", M. C ne pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. Par suite, eu égard en outre au montant des ressources ainsi omises, celui-ci doit être regardé comme s'étant livré à de fausses déclarations.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision en date du 29 décembre 2022 doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'avis de somme à payer n° 2344 émis le 15 février 2023 :

21. Il ne résulte d'aucun texte que le caractère suspensif des réclamations dirigées contre les décisions de récupération d'indus de revenu de solidarité active prévu par les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ferait obstacle à ce que le président du conseil départemental inflige à un allocataire une amende administrative s'il estime que ce dernier est responsable de fausse déclaration ou d'omission délibérée ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active. Dans ces conditions, M. C ne peut utilement se prévaloir, à l'appui de sa contestation de l'amende administrative comme du titre exécution émis pour son recouvrement, de la circonstance qu'un recours tendant à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité litigieux aurait été introduit.

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'avis de somme à payer n° 2344 émis le 15 février 2023 doivent être rejetées.

Sur la demande de remise de dette :

23. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

24. Il résulte de ce qui a été dit au point 19 que M. C ne peut être regardé comme étant de bonne foi. Sa demande de remise gracieuse ne peut, par suite, qu'être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

25. M. C étant partie perdante dans la présente, ses conclusions au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes susvisées de M. C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G C, à la ministre des solidarités et des familles, au département de l'Hérault et à Me Bautes.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

Le président,

D. A

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles et au préfet de l'Hérault en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 21 décembre 2023.

La greffière,

F. Roman

Nos 2203735, 2203736, 2300829, 2304548

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