mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301110 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Présidente QUEMENER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 février et 6 mars 2023, M. C A, conteste la décision du 21 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 301,19 euros pour la période allant du 1er mai 2019 au 31 décembre 2019.
Il soutient qu'il se trouve dans une situation financière précaire et qu'il est de bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable ; elle n'est pas motivée ; le requérant est forclos ;
- le requérant n'est pas fondé à contester le bien-fondé de l'indu ;
- les conditions permettant l'octroi d'une remise gracieuse ne sont pas réunies ;
- à titre subsidiaire, l'indu est fondé ; le requérant a résidé en dehors du territoire français pendant plus de 90 jours ; il a manqué à ses obligations déclaratives.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 12 novembre 2024 à 14 heures en présence de Mme Roman, greffière.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a bénéficié d'une ouverture au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de sa situation, il s'est vu notifier un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 301,19 euros pour la période du 1er mai 2019 au 31 décembre 2019. Il a sollicité une remise gracieuse de sa dette. Par une décision en date du 21 octobre 2022, le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité et de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu litigieux mis à la charge de M. A résulte de son absence du territoire français pendant plus de 3 mois du 2 mai 2019 au 27 septembre 2019, qu'il n'a pas déclaré et qu'il ne conteste pas. Si l'intéressé soutient qu'il se trouve dans une situation financière précaire, il n'apporte à l'appui de sa demande de remise de dette aucun justificatif relatif à ses charges et à ses ressources actuelles. Par suite, il n'établit pas se trouver, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu'il lui serait impossible de rembourser sa dette, y compris selon un échéancier qu'il lui appartiendra de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales. Par suite, à supposer même que sa bonne foi puisse être retenue dans les circonstances de l'espèce, la requête de M. A doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au département de l'Hérault.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
La présidente,
V. BLa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 décembre 2024.
La greffière,
F. Roman
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