jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301505 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | magistrat COUEGNAT |
| Avocat requérant | VICTOR AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2023, régularisée le 2 juin 2023, Mme D A conteste la décision implicite par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette d'aide personnalisée au logement d'un montant de 1 979 euros.
Elle soutient que :
- elle n'est pas responsable de l'indu car elle a toujours déclaré ses ressources ;
- elle n'a pas les moyens de la rembourser, étant malade depuis juin 2022, ses ressources ont diminué et la somme à rembourser est énorme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Aude, représentée par Me Font, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme A à lui verser la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- après avis de la commission de recours amiable, elle a rejeté la demande de remise de dette de Mme A par décision du 20 septembre 2023 ;
- l'indu, qui résulte de la prise en compte d'une part non négligeable des ressources du foyer non déclarées, n'est pas contesté et est parfaitement fondé ;
- les fausses déclarations fournies par la requérante font obstacle, en application des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 alinéa 5 du code de la sécurité sociale à toute remise de dette à son bénéfice ;
- au surplus la requérante n'a pas apporté, malgré les formulaires adressés en ce sens, d'éléments de nature à justifier de difficultés financières.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C comme juge statuant seul en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 janvier 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a notifié à Mme A un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 1 979,83 euros au titre de la période de juillet 2021 à novembre 2022, résultant de la prise en compte des indemnités journalières perçues par la requérante lors d'un arrêt maladie à partir du 10 juin 2022 et de l'intégralité des salaires perçus par son fils. Mme A a formulé, le 5 janvier 2023, une demande de remise de dette, dont la caisse a accusé réception le 13 janvier 2023. Par une décision du 20 septembre 2023, prise après avis de la commission de recours amiable, la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé de lui accorder une remise de dette. Par la présente requête, enregistrée le 16 mars 2023, Mme A doit être regardée comme contestant cette décision de refus.
2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553- 2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () Par dérogation aux dispositions précédentes, lorsqu'un indu a été constitué sur une prestation versée en tiers payant, l'organisme peut, si d'autres prestations sont versées directement à l'allocataire, recouvrer l'indu sur ces prestations selon des modalités et des conditions précisées par décret. (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. Pour refuser d'accorder à Mme A une remise de sa dette, la caisse d'allocations familiales a pris en compte, sur la base du questionnaire des ressources renseigné par l'allocataire le 23 juin 2023, des ressources mensuelles de 2 844 euros et un montant de charges mensuelles de 534 euros, le total des prestations payées s'élevant à 457 euros. Mme A soutient qu'elle est dans l'incapacité de rembourser cette somme et fait valoir son arrêt maladie depuis le 7 juin 2022 et la diminution de ses ressources. Elle ne produit toutefois aucun élément de nature à établir et à justifier la situation de précarité évoquée et ne justifie ni de l'ensemble des revenus des personnes vivant au foyer ni de ses charges. Il en résulte qu'elle ne peut être regardée, à la date du présent jugement, comme étant dans une situation de précarité telle qu'elle ne puisse faire face au remboursement du solde de l'indu restant à sa charge, la requérante pouvant par ailleurs, si elle s'y croit fondée, demander à la caisse d'allocations familiales un échelonnement de sa dette adapté à sa situation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Aude au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Aude au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la caisse d'allocations familiales de l'Aude.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. C
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion sociale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 12 septembre 2024
La greffière,
M. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026