mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302160 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | CYRIELLE BONOMO FAY |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête et des pièces, enregistrées le 17 mars 2022 et le 17 avril 2023 sous le n° 2201355, Mme D A, représentée par Me Bonomo-Fay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 11 256,13 euros pour la période du 1er mars 2019 au 31 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Hérault et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de réexaminer sa situation et de reprendre le versement du revenu de solidarité active à compter du prononcé de la décision à intervenir dans l'attente de ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente faute pour son signataire de justifier d'une délégation régulièrement publiée ;
- elle méconnaît la procédure prévue au 2° de l'article R. 262-78 du code de l'action sociale et des familles ;
- la caisse d'allocations familiales a commis une violation d'une liberté fondamentale et des dispositions légales applicables en procédant à des retenues sur prestations alors qu'elle a exercé un recours administratif préalable obligatoire ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie que les sommes identifiées sur son compte bancaire résultent de prêts familiaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 janvier 2022.
II - Par une requête et des pièces, enregistrées le 30 mai 2022 et le 17 avril 2023, sous le n° 2202767, Mme D A, représentée par Me Bonomo-Fay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 janvier 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours du 26 novembre 2021 en lui refusant une remise d'un indu de revenu de solidarité active ;
2°) de prononcer la remise gracieuse de l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 11 256,13 euros pour la période du 1er mars 2019 au 31 mars 2021 ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive ;
- la décision est dépourvue de la signature de son auteur ;
- elle n'a pas été notifiée par courrier recommandé ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision du 26 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé l'indu mis à sa charge.
Par un mémoire, enregistré le 1er juin 2023, le département de l'Hérault demande à être mis hors de cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête de Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 29 mars 2022.
III - Par une requête, enregistrée le 17 avril 2023 sous le n° 2302160, Mme D A, représentée par Me Bonomo-Fay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er octobre 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a mis à sa charge un indu de 250 euros d'aide exceptionnelle de solidarité et la décision du 1er décembre 2022 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive ;
- la décision est dépourvue de la signature de son auteur ;
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision du 26 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé l'indu mis à sa charge ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête de Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 21 février 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Pour la requête n° 2202767, la clôture de l'instruction a été différée au 28 septembre 2023 à 12 heures.
Pour les requêtes n° 2201355 et n° 2302160, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2201355, n° 2202767 et n° 2302160 de Mme A soulèvent des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
2. Mme A a bénéficié du revenu de solidarité active, de la prime d'activité et de l'aide exceptionnelle de solidarité dans le département de l'Hérault. À la suite d'un contrôle de sa situation au terme duquel des sommes figurant au crédit de son compte bancaire et versées par des proches ont été réintégrées à ses ressources, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié à Mme A, d'une part, par une décision du 1er avril 2021, des indus de revenu de solidarité active d'un montant de 11 256,13 euros pour la période du 1er mars 2019 au 31 mars 2021, de prime d'activité d'un montant de 1 830,03 euros pour la période du 1er mars 2020 au 28 février 2021 et d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 d'un montant de 228,67 euros et, d'autre part,, par une décision du 1er octobre 2022, un indu de 250 euros d'aide exceptionnelle de solidarité.
Sur les indus :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne le revenu de solidarité active :
S'agissant de la régularité de la décision :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 15 octobre 2021, publié le 20 octobre 2021, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme E C, directrice des solidarités actives, pour " tous actes, décisions et documents relatifs à la gestion des droits à l'allocation du revenu de solidarité active non déléguées aux organismes payeurs ; tous actes, décisions et documents concernant la gestion des indus, les recours administratifs et les dossiers de présomption de fraudes. ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme C, signataire de la décision du 26 novembre 2021, manque en fait et doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-41 du code de l'action sociale et des familles : " Lorsqu'il est constaté par le président du conseil départemental ou les organismes chargés de l'instruction des demandes ou du versement du revenu de solidarité active, à l'occasion de l'instruction d'une demande ou lors d'un contrôle, une disproportion marquée entre, d'une part, le train de vie du foyer et, d'autre part, les ressources qu'il déclare, une évaluation forfaitaire des éléments de train de vie, hors patrimoine professionnel dans la limite d'un plafond fixé par décret, est effectuée. Cette évaluation forfaitaire est prise en compte pour la détermination du droit au revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article R. 262-78 de ce code : " Lorsqu'il est envisagé de faire usage de la procédure prévue à l'article L. 262-41, le président du conseil départemental, sur demande ou après consultation de l'organisme chargé du service de l'allocation, en informe le demandeur ou le bénéficiaire de la prestation, par lettre recommandée avec accusé de réception. () ".
6. L'indu de revenu de solidarité active en litige provient de la réintégration de sommes figurant au crédit du compte bancaire de Mme A qu'elle n'a pas mentionnées dans ses déclarations trimestrielles de ressources et non de la mise en œuvre de la procédure prévue à l'article L. 262-41 du code de l'action sociale et des familles qui aurait résulté du constat d'une disproportion marquée entre le train de vie du foyer et les ressources déclarées. Par suite, le moyen tiré de la violation des garanties procédurales prévues par l'article R. 262-78 du code de l'action sociale et des familles est inopérant.
S'agissant du bien-fondé de l'indu :
7. D'une part, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat. L'article R. 262-6 de ce code prévoit : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". L'article R. 262-12 du même code précise que : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu () 1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée ; () ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ".
8. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête du 31 mars 2021 établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales dont les constatations de fait font foi jusqu'à preuve du contraire, que la grand-mère de Mme A lui a versé les sommes de 2 300 euros en novembre 2020, 7 300 euros en octobre 2020, 300 euros en septembre 2020, 1 250 euros en août 2020 et 750 euros en juillet 2020 et sa mère la somme de 305 euros chaque mois d'août 2020 à décembre 2020. Ces versements ont été regardés comme des aides financières régulières que Mme A devait mentionner dans ses déclarations trimestrielles afin qu'ils soient pris en compte pour le calcul de ses droits. Mme A conteste avoir méconnu ses obligations déclaratives en faisant valoir que sa grand-mère et sa mère lui ont consenti des prêts, et non des aides financières, pour financer des travaux sur sa résidence qu'elle leur rembourse. Cependant, alors qu'elle avait déclaré à l'agent de contrôle qu'elle était aidée financièrement par sa mère et sa grand-mère pour conserver son niveau de vie et pour pouvoir financer les charges de sa maison, Mme A se borne à produire des reconnaissances de dettes du 1er janvier 2019 et du 1er janvier 2020 antérieures aux versements en litige auprès de ces personnes dont les montant ne correspondent en tout état de cause pas à ceux relevés au crédit de son compte bancaire. Dans ces conditions, Mme A ne saurait être regardée comme remettant utilement en cause les constatations du rapport d'enquête et, par suite, le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge.
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif () ". En l'espèce, Mme A soutient que le département et la caisse d'allocations familiales ont méconnu le caractère suspensif des recours dirigés contre l'indu de revenu de solidarité active en méconnaissance des dispositions précitées. Toutefois, cette circonstance, à la supposer avérée, est sans incidence sur le bien-fondé de cet indu.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A, dirigées contre la décision du 26 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de 11 256,13 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er mars 2019 au 31 mars 2021, doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'aide exceptionnelle de solidarité :
11. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 : " I. -Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : /1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ;/ 2° Le revenu de solidarité mentionné à l'article L. 522-14 du même code ;/ 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation ou, à Saint-Pierre-et-Miquelon, l'allocation de rentrée scolaire prévue par le 10° de l'article 11 de l'ordonnance du 26 septembre 1977 susvisée ; / 4° L'allocation de solidarité spécifique mentionnée à l'article L. 5423-1 du code du travail ;/ 5° La prime forfaitaire mentionnée à l'article L. 5425-3 du même code dans sa rédaction antérieure à la loi du 29 décembre 2016 susvisée ; /6° L'allocation équivalent retraite mentionnée au II de l'article 132 de la loi du 24 décembre 2007 susvisée, ainsi qu'à l'article 1er du décret du 29 mai 2009 et à l'article 1er du décret du 6 mai 2010 susvisés./II. - Une seule aide est due par foyer. "
12. Il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit au point 8 précédent que Mme A n'avait pas droit au revenu de solidarité active et ne remplissait donc pas les conditions posées par les dispositions précitées du décret du 27 novembre 2020 pour bénéficier de l'aide exceptionnelle de solidarité. Par suite, l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité est fondé.
13. Alors que les vices propres de la décision du 1er décembre 2022 rejetant son recours gracieux dirigé contre la décision du 1er octobre 2022 ne sauraient être utilement invoqués, il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A, dirigées contre ces deux décisions, doivent être rejetées.
Sur la demande remise gracieuse :
14. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
15. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
16. En outre, une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu présentée par un bénéficiaire du revenu de solidarité active ne trouve pas sa base légale dans la décision de récupération de cet indu et n'est pas davantage prise pour son application. Par suite, le bénéficiaire qui conteste un refus de remise gracieuse ne peut utilement exciper, à l'appui de sa demande d'annulation de ce refus, de l'illégalité de la décision de récupération.
17. Pour demander la remise gracieuse de l'indu mis à sa charge, Mme A fait valoir que la décision du 24 janvier 2022 rejetant sa demande de remise gracieuse est dépourvue de la signature de son auteur, qu'elle n'a pas été notifiée par courrier recommandé, qu'elle est insuffisamment motivée et qu'elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision du 26 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé l'indu mis à sa charge. Il résulte toutefois de ce qui a été dit aux points 15 et 16 précédents qu'aucun de ces moyens n'est opérant à l'appui d'une demande de remise de dette.
18. Par suite, alors qu'en tout état de cause Mme A n'établit pas se trouver en situation de bénéficier d'une remise gracieuse, ses conclusions présentées à cette fin ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du département de l'Hérault, qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Sur les dépens :
20. La présente instance n'a pas généré de dépens. Dès lors, les conclusions, qui doivent être regardées comme présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à la ministre des solidarités et des familles, au département de l'Hérault et à Me Bonomo-Fay.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
Le président,
D. BLa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles et au préfet de l'Hérault, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 octobre 2023.
La greffière,
F. Roman
Nos 2201355, 2202767, 2302160
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026