jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302604 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Présidente QUEMENER |
| Avocat requérant | RAHAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mai 2023, Mme A B, représentée Me Rahal, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 novembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté sa demande de remise gracieuse d'un indu de revenu solidarité active d'un montant de 5 751,97 euros, constitué au titre de la période du 1er octobre 2017 au 30 avril 2019 ;
2°) de prononcer la remise totale de sa dette ;
3°) de condamner le département de l'Hérault aux entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- la décision du 7 novembre 2022 est insuffisamment motivée ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle remplit les conditions de bonne foi et de précarité financière lui permettant de bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2023, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Rahal représentant Mme B qui s'en remet à l'instruction écrite en indiquant qu'elle n'a pas d'éléments actualisés sur sa situation à transmettre au tribunal.
La clôture de l'instruction a été prononcée après les observations présentées dans l'intérêt de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est allocataire du revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. Par une décision 14 mai 2019, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié un indu de revenu de solidarité active. Par une décision du 7 novembre 2022, le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de lui accorder la remise gracieuse de ses indus d'un montant total de 5 751,97 euros pour la période du 1er octobre 2017 au 30 avril 2019. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 7 novembre 2022.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A B a bénéficié d'une ouverture de droit au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. Suite à un contrôle de sa situation ayant révélé que cette dernière avait omis de déclarer une aide financière d'un montant de 958 euros, versée mensuellement par sa mère pour l'acquittement du loyer, un indu de 5 751,97 euros lui a été notifié au titre du revenu de solidarité active perçu sur la période du 1er octobre 2017 au 30 avril 2019. Par un jugement devenu définitif, rendu le 15 octobre 2021 sous les nos 1904091, 2001051, 2002648, le tribunal a confirmé le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme B.
5. Si Mme B soutient que la précarité de sa situation fait obstacle à ce qu'elle puisse rembourser la somme réclamée, elle ne produit toutefois à l'appui de sa requête, aucune pièce justificative permettant au tribunal d'apprécier le montant de ses charges et de ses ressources et si l'état de précarité qu'elle invoque fait obstacle, à la date du présent jugement, au règlement de sa dette, y compris de manière échelonnée. Dans ces conditions elle ne justifie pas être en situation d'obtenir une remise gracieuse et n'est pas par suite pas fondée à demander l'annulation de la décision du 7 novembre 2022 du président du conseil départemental de l'Hérault.
6. Enfin la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par Mme B et tendant à ce qu'ils soient mis à la charge du département de l'Hérault ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de l'Hérault.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La présidente,
V. C
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 février 2025.
La greffière,
F. Roman
No 2302604
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026