jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302786 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | magistrat COUEGNAT |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 mai 2023 et 23 août 2024, M. D C, représenté par Me Desfarges, conclut :
1°) à l'annulation de la décision implicite de rejet opposée par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales à sa contestation d'un indu d'allocation de logement du 31 octobre 2022 ;
2°) à la décharge du paiement de la somme de 5 970 euros réclamée ;
3°) à la condamnation de l'État à payer à son conseil la somme de 2 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- sa requête est parfaitement recevable ;
- la notification d'indu est entachée d'irrégularité dès lors qu'elle ne lui a pas permis de comprendre la motivation exacte de la réclamation et qu'elle ne l'informe pas de l'existence d'un délai de deux mois pour s'acquitter de la somme déclarée, ni de son droit d'option, en violation des articles R. 133-9-2 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale et dès lors qu'elle ne comporte pas la signature de son auteur en violation de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- à défaut pour la caisse d'apporter la preuve de l'assermentation prévue par l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale de l'agent chargé du contrôle, le tribunal ne pourra que constater la nullité des décisions prises ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, faute pour la caisse de l'avoir informé, conformément à l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale, de l'usage du droit de communication ;
- elle est irrégulière faute d'avoir été précédé d'une saisine de la commission de recours amiable prévue par l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale ;
- elle est irrégulière en l'absence de communication d'un décompte précis lui permettant de comprendre la base liquidative de la créance réclamée ;
- la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a pratiqué des retenues mensuelles sur ces prestations familiales, alors même qu'il a contesté l'indu, méconnaissant l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, ce qui lui cause un préjudice financier ;
- les droits de la défense ont été méconnus, la motivation insuffisante ne lui a pas permis de comprendre les faits reprochés ni la base de calcul retenue, il n'a pas eu communication des conclusions du contrôleur sur lesquelles la décision est fondée, de sorte qu'il n'a pu utilement faire valoir ses observations devant la commission de recours amiable ;
- la caisse a commis une erreur de droit et d'appréciation en fondant sa décision sur un défaut de paiement de loyer et en s'abstenant de prendre en compte les éléments indiqués lors de son recours préalable, à savoir qu'il s'est acquitté du retard de loyer auprès de l'ancien propriétaire avant la vente du logement, puis a payé son loyer au nouveau propriétaire après la vente ;
- à titre subsidiaire, compte tenu de sa bonne foi et de l'absence de fausse déclaration, ainsi que de la précarité de sa situation, une remise de dette lui sera accordée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 juillet et 28 août 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la décision prise après recours administratif préalable obligatoire se substituant à la décision initiale, il y a lieu de considérer que c'est la décision implicite de rejet du directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales, saisi par courrier du 24 octobre 2022, reçu le 31 octobre 2022, que M. C entend déférer à la juridiction ;
- la requête de M. C, enregistrée plus de deux mois après l'expiration du délai de recours contentieux qui expirait le 1er mars 2023, est tardive et par suite irrecevable ;
- les moyens tirés de l'absence de signature, de l'insuffisante motivation, de l'absence de décompte de la créance sont inopérants ;
- les autres moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés ;
- l'origine de l'indu, lié à de fausses déclarations de l'allocataire, fait obstacle à l'octroi d'une remise de dette.
Par une décision du 7 avril 2023, M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B comme juge statuant seul en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 octobre 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a notifié à M. C un indu d'allocation de logement sociale, d'un montant de 5 970 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 juin 2022. Par un recours préalable du 24 octobre 2022, dont la caisse a accusé réception le 3 novembre 2022, l'allocataire a contesté le bien fondé de cet indu. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de la décision implicite de rejet opposée à son recours.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales :
2. Aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 : " Sans préjudice de l'application de l'article 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée et du II de l'article 44 du présent décret, lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : () 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ;() ".
3. La caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales soutient que sa requête est tardive au motif que M. C disposait d'un délai de deux mois expirant le 1er mars 2023 pour saisir le tribunal de la décision implicite de rejet de son recours administratif, née le 1er janvier 2023. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. C a déposé le 12 janvier 2023, soit dans le délai du recours contentieux, une demande d'aide juridictionnelle et qu'il a obtenu l'aide juridictionnelle totale par décision du président du bureau d'aide juridictionnelle datée du 7 avril 2023. Dans ces conditions et en application des dispositions citées au point précédent, la présente requête, enregistrée le 15 mai 2023, n'est pas tardive. La fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation, " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 825-3 du même code, " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement ; 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Enfin, l'article R. 825-2 de ce code dispose que : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. Ses décisions sont motivées ".
5. Il ne résulte pas de l'instruction, et en particulier du mémoire et des pièces produites par la caisse d'allocations familiales en défense, que la contestation de l'indu d'allocation de logement sociale, présentée par M. C et qui a été implicitement rejetée, ait été présentée à la commission de recours amiable de la caisse en vue de recueillir son avis. L'omission de cette procédure obligatoire et collégiale a nécessairement privé l'intéressé d'une garantie. Par suite, ce vice de procédure a été de nature à entacher d'illégalité la décision litigieuse.
6.II résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a implicitement rejeté le recours administratif préalable obligatoire de M. C dirigé contre la décision du 4 octobre 2022 mettant à sa charge un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 5 970 euros doit être annulée.
Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer :
7. Le présent jugement, qui prononce seulement l'annulation de la décision confirmant un indu d'allocation de logement sociale pour un motif de régularité, n'implique pas de prononcer la décharge de l'indu en cause. Compte tenu du motif d'annulation retenu, tenant au recueil de l'avis de la commission de recours amiable, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
Sur les frais liés au litige :
8. Les conclusions présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées, l'Etat n'étant pas partie à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a rejeté le recours formé par M. C contre la décision du 4 octobre 2022 mettant à sa charge un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 5 970 euros est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales et à Me Desfarges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. B
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 12 septembre 2024.
La greffière,
M. A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026