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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2302920

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2302920

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2302920
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-Président RABATE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de la SCI ANISSA contestant l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a déclaré insalubre de façon irrémédiable un local situé à Montpellier et en a interdit l'habitation. Le tribunal a estimé que le préfet n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en se fondant sur les rapports du service communal d'hygiène et de santé, qui concluaient à l'absence de moyen technique pour remédier aux causes d'insalubrité, notamment l'insuffisance de superficie et l'absence d'évacuation des eaux pluviales. La décision s'appuie sur les articles L. 1331-22 du code de la santé publique et L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 mai 2023 et 7 mai 2024, la SCI ANISSA, représentée par Me Nguyen Phung, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a déclaré insalubre de façon irrémédiable et interdit immédiatement à l'habitation le local situé 32 rue du faubourg de Figuerolles à Montpellier ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'insalubrité n'est pas irrémédiable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, désigné M. Rabaté, vice-président, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Par ordonnance du 14 mai 2024 la clôture d'instruction a été fixée au 13 juin 2024.

Un mémoire, enregistré le 21 août 2024, a été présenté pour la requérante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rabaté, magistrat désigné,

- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,

- les observations de M. A, pour le préfet de l'Hérault.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI ANISSA est propriétaire d'un local situé 32 rue du faubourg de Figuerolles à Montpellier. Suite à des visites effectuées les 29 novembre et 8 décembre 2022 et un rapport d'insalubrité établi le 14 décembre suivant par le service communal d'hygiène et de santé, le préfet de l'Hérault a, par un arrêté du 21 mars 2023, portant traitement de l'insalubrité prescrit les mesures indispensables pour faire cesser la situation d'insalubrité et notamment de faire cesser à titre définitif la mise à disposition aux fins d'habitation du local dans un délai de soixante jours à compter de la notification de l'arrêté et de procéder au relogement du ou des occupants. Par la présente requête, la SCI ANISSA demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique : " Tout local, installation, bien immeuble ou groupe de locaux, d'installations ou de biens immeubles, vacant ou non, qui constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé, exploité ou utilisé, un danger ou risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes est insalubre. " Aux termes de l'article L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation : " L'autorité compétente prescrit, par l'adoption d'un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité, la réalisation, dans le délai qu'elle fixe, de celles des mesures suivantes nécessitées par les circonstances : 1° La réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation y compris, le cas échéant, pour préserver la solidité ou la salubrité des bâtiments contigus ; 2° La démolition de tout ou partie de l'immeuble ou de l'installation ; 3° La cessation de la mise à disposition du local ou de l'installation à des fins d'habitation ; 4° L'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif. L'arrêté mentionne d'une part que, à l'expiration du délai fixé, en cas de non-exécution des mesures et travaux prescrits, la personne tenue de les exécuter est redevable du paiement d'une astreinte par jour de retard dans les conditions prévues à l'article L. 511-15, et d'autre part que les travaux pourront être exécutés d'office à ses frais. L'arrêté ne peut prescrire la démolition ou l'interdiction définitive d'habiter que s'il n'existe aucun moyen technique de remédier à l'insalubrité ou à l'insécurité ou lorsque les travaux nécessaires à cette résorption seraient plus coûteux que la reconstruction. ".

3. Il résulte de l'instruction que pour déclarer irrémédiable l'insalubrité du local situé au 32 rue du faubourg de Figuerolles à Montpellier, le préfet de l'Hérault, qui s'est fondé sur les rapports du service communal d'hygiène et de santé, a conclu à l'impossibilité technique de remédier aux causes d'insalubrité constatées, notamment eu égard à la situation du local.

4. D'une part, si la SCI ANISSA remet en cause les calculs de la surface habitable du logement et soutient que la suppression de la mezzanine pourrait permettre de remédier à l'insuffisance de la superficie du logement, elle n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, alors qu'il résulte des deux rapports du service communal d'hygiène et de santé qu'il n'existe aucun moyen technique de nature à remédier aux insalubrités.

5. D'autre part, si la SCI ANISSA soutient que l'absence d'évacuation des eaux pluviales constitue une cause d'insalubrité remédiable, il résulte de l'instruction et notamment des rapports du service communal d'hygiène et de santé que cette cause d'insalubrité a été estimée irrémédiable eu égard à la situation du local, et la SCI ANISSA n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause cette position Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, déclarer insalubre de manière irrémédiable le local litigieux.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de la SCI ANISSA est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI ANISSA et au préfet de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

V. RabatéLa greffière,

B. Flaesch La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 27 septembre 2024.

La greffière,

B. Flaeschil

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