mardi 8 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303101 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MANYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Manya, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 7 juin 2022 par lequel le ministre de l'éducation nationale a mis à sa charge la somme de 2 041,61 euros et la mise en demeure du 28 mars 2023 par laquelle cette somme a été majorée d'un montant de 204 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance était prescrite ;
- le titre exécutoire est insuffisamment motivé et n'est pas signé.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 juin 2023, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a décliné sa compétence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, le recteur de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi n°2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et la comptabilité publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marcovici,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, recrutée en qualité de professeur contractuel à compter du 1er septembre 2019, a démissionné au 1er avril 2020. Un titre exécutoire a été émis à son encontre le 7 juin 2022 en vue du recouvrement d'un indu de rémunération du mois d'avril pour un montant de 2 041,61 euros. Mme B a été mise en demeure de payer cette somme, ainsi qu'une majoration de 10% d'un montant de 204 euros par un courrier de la direction départementale des finances publiques de l'Hérault du 28 mars 2023. Par sa présente requête, la requérante demande l'annulation du titre exécutoire et la décharge de l'obligation de payer cette somme.
2. Aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir. ". L'article 117 du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptabilité publique prévoit que : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : /1° Soit d'une contestation portant sur l'existence de la créance, son montant ou son exigibilité ; / 2° Soit d'une contestation portant sur la régularité du titre de perception. / Les contestations du titre de perception ont pour effet de suspendre le recouvrement de la créance. ". Aux termes de l'article 118 du même décret : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent ".
3. La requérante doit être regardée comme ayant exercé un recours administratif préalable auprès du comptable compétent à l'encontre du titre exécutoire par courriel du 12 juillet 2022. Par courriel du 21 juillet 2022, le comptable public a accusé réception de son recours, a informé la requérante qu'il transmettait ce recours à l'administration compétente et qu'à l'issue d'un délai de six mois, un rejet implicite serait né du silence gardé par le rectorat sur sa réclamation et qu'elle disposait alors d'un délai de deux mois pour contester devant le tribunal administratif compétent cette décision implicite de rejet. Contrairement à ce que soutient Mme B, aucune des indications du titre de perception et de la mise en demeure ne sont erronées. La réclamation préalable de la requérante a été rejetée implicitement le 21 janvier 2023. Le délai de recours expirait donc le 22 mars 2023. Par suite, le directeur départemental des finances publiques et le recteur de l'académie de Montpellier sont fondés à soutenir que la requête, enregistrée le 30 mai 2023, est tardive.
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. () ". Par suite, et dès lors que la contestation du bien-fondé de la créance est tardive, la requérante n'est pas fondée à demander la décharge de la majoration notifiée par la mise en demeure de payer du 28 mars 2023.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B sont tardives et donc irrecevables. Les conclusions aux fins de décharge et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la rectrice de l'académie de Montpellier et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 25 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Charvin, président,
M. Lauranson, premier conseiller,
Mme Marcovici, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2025.
La rapporteure,
A. MarcoviciLe président,
J. CharvinLa greffière,
L. Salsmann
La république mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 8 avril 2025,
La greffière,
L. Salsmann
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026