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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303549

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303549

jeudi 29 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303549
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésidente QUEMENER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme B... contestant la décision de la CAF des Pyrénées-Orientales qui lui accordait une remise partielle de 288,85 euros sur un indu d'aide personnelle au logement de 1 343,56 euros. Statuant en plein contentieux, le tribunal a estimé que la situation de précarité de la requérante n'était pas établie, son quotient familial étant de 686 euros, et qu'elle ne démontrait pas être dans l'impossibilité de rembourser le solde. La décision s'appuie sur les articles L. 825-3 et L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que sur l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, qui permettent une remise de dette en cas de précarité, condition non remplie en l'espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juin 2023, Mme A... B... demande au tribunal :

d’annuler la décision du 12 mai 2023 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Pyrénées-Orientales lui a accordé une remise partielle de 288,85 euros sur un indu d’aide personnelle au logement d’un montant de 1 343,56 41 euros.

Elle soutient que :
- elle se trouve dans une situation financière précaire la mettant dans l’impossibilité de rembourser sa dette.


Par un mémoire enregistré le 2 décembre 2024, la caisse d’allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Choplin, président honoraire inscrit sur la liste prévue à l’article L. 222-2-1 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Choplin.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... a bénéficié d’une ouverture de droits à l’aide personnelle au logement dans le département des Pyrénées-Orientales. La requérante s’est vue notifier un indu de prime d’activité d’un montant de 1 343,56 euros. Par une décision du 12 mai 2023, la caisse d’allocations familiales des Pyrénées-Orientales lui a accordé une remise partielle de 288,85 euros. Par la présente requête, Mme B... demande au tribunal l’annulation de cette décision en tant qu’elle ne lui accorde pas une remise totale.

2. Aux termes de l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation : « Les aides personnelles au logement (…) sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L’aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L’allocation de logement familiale ; b) L’allocation de logement sociale. ». Aux termes de l’article R.822-2 du même code : « Les ressources prises en compte pour le calcul de l’aide personnelle au logement sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer ». Aux termes de l’article L. 825-3 du même code : « Le directeur de l’organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : (…) 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ». Aux termes de l’article L. 823-9 du même code : « Les articles L. 161‑1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d’aide personnelle au logement indûment versés ». Aux termes de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : « Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l’organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ».

3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu d’aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. En l’espèce, il résulte de l’instruction que l’indu d’aide personnelle au logement mis à la charge de l’intéressée a pour origine une révision de ses droits suite à sa déclaration des pensions alimentaires perçues en 2021. Si la requérante soutient qu’elle se trouve dans une situation financière précaire, il résulte toutefois de l’instruction que son quotient familial a été évalué par la caisse d’allocations familiales à 686 euros. En outre, les pièces produites par la requérante à l’appui de sa requête ne permettent pas d’établir qu’elle se trouverait dans une situation de précarité telle qu’elle serait dans l’impossibilité de rembourser le solde de l’indu restant à sa charge, y compris selon un échéancier qu’il lui appartient de solliciter auprès de la caisse d’allocations familiales. Il s’ensuit qu’alors même que sa bonne foi n’est pas remise en cause, la requérante n’est pas fondée à demander la remise totale de l’indu en litige, de sorte que ses conclusions en annulation de la décision du 12 mai 2023 doivent être rejetées.


DECIDE:


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles et à la caisse d’allocations familiales des Pyrénées-Orientales.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2025.


Le magistrat désigné par la présidente du tribunal,
D. Choplin
La greffière,

N. Jernival



La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme
Montpellier, le 29 mai 2025,
La greffière,


N. Jernival

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