lundi 18 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303846 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP LEVY-BALZARINI-SAGNES-SERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2023, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Jean Loubès, représenté par sa directrice en exercice par Me Gendre, avocate, membre de la société d'exercice libéral par actions simplifiées (SELAS) d'avocats ATCM, demande au tribunal de :
1°) condamner solidairement et à titre provisionnel, la société à responsabilité limitée (SARL) Les Parements du Languedoc et la société par actions simplifiée (SAS) Carrelages et Revêtements Audois à lui verser la somme de 58 534, 47 euros au titre des travaux de reprise du revêtement des cuisines collectives ;
2°) condamner solidairement la SARL Les Parements du Languedoc et la SAS Carrelages et Revêtements Audois à lui verser la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'expert désigné par le tribunal administratif a estimé que les désordres affectant la faïence murale dans la cuisine collective étaient de la responsabilité de la SAS Carrelages et Revêtements Audois ;
- le montant de la provision résulte de l'évaluation de l'expert et d'un devis complémentaire.
Par un mémoire, enregistré le 21 juillet 2023, la société d'assurance mutuelle du bâtiment et des travaux publics (SAMBTP) représentée par Me Sagnes, avocat membre de la société civile professionnelle (SCP) Adonne Avocats, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce que l'EHPAD Jean Loubès soit condamné à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile ainsi qu'aux entiers dépens ;
Il expose que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne relève pas de la compétence du juge administratif, mais de celle du juge judiciaire ;
- elle n'a pas participé à l'expertise ;
- la seule responsabilité est imputable à la SAS Carrelages et Revêtements Audois ;
- la provision serait justifiée à hauteur de 17 003, 80 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de provision :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
3. Dans le cadre du marché pour la construction d'une maison de retraite sur le territoire de la commune de Fanjeaux (Aude), dont il résulte de l'instruction qu'il a la nature d'un contrat administratif ressortissant à la compétence du juge administratif, l'EHPAD Jean Loubès a confié, le 6 octobre 2005, la réalisation du lot n°8 " Revêtements sols durs " à la SARL Les Parements du Languedoc et à la SAS Carrelages et Revêtements Audois. En cours de garantie décennale, l'EHPAD Jean Loubès a constaté un décollement des faïences murales installées dans les cuisines. Dans son rapport remis le 7 décembre 2022, l'expert désigné par le tribunal administratif de Montpellier a relevé que ces désordres avaient pour origine des défauts d'exécution imputables à la SAS Carrelages et Revêtements Audois et revêtaient un caractère décennal. L'expert a chiffré le coût des travaux de réparation à la somme de 33 917 euros et, par devis complémentaire, l'entreprise Bourdarios a ajouté la somme de 24 617, 47 euros. En l'état de l'instruction, la responsabilité de la SAS Carrelages et Revêtements Audois dans l'exécution de ce marché public à caractère administratif, n'est pas contestée. Toutefois, eu égard à l'importance de la somme en cause, à l'existence d'une requête au fond et afin de limiter tout risque de remboursement lorsque le dossier aura été jugé par une formation collégiale, il y a lieu de limiter le montant de la provision due à ce titre à la somme non contestée de 17 003, 80 euros. Par suite, il y a lieu de condamner la SAS Carrelages et Revêtements Audois à verser la somme provisionnelle de 17 003, 80 euros à l'EHPAD Jean Loubès.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E
Article 1er : La SAS Carrelages et Revêtements Audois est condamnée à verser à l'EHPAD Jean Loubès une provision d'un montant de 17 003, 80 euros.
Article 2 : Les conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Jean Loubès, à la société à responsabilité limitée Les Parements du Languedoc et à la société par actions simplifiée Carrelages et Revêtements Audois.
Fait à Montpellier, le 18 septembre 2023.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 septembre 2023.
La greffière,
A. Farell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026