mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304341 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Présidente QUEMENER |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête et des pièces, enregistrées les 5 et 23 janvier 2023, sous le numéro 2300064, Mme B C, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 25 août 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge de quatre indus de revenu de solidarité active d'un montant de 462,40 euros pour la période du 1er mai 2019 au 30 juin 2019 (ITK 002), d'un montant de 985,88 euros pour la période du 1er février 2020 au 31 mai 2020 (ITK 001), d'un montant de 2 266,06 euros pour la période du 1er juillet 2019 au 31 juillet 2020 (INK 001) et d'un montant de 6 563,47 euros pour la période du 1er mai 2019 au 31 octobre 2021 (INK 002) ;
2°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notamment notifié les indus au titre du revenu de solidarité active ;
3°) d'enjoindre au département de l'Hérault de la décharger totalement de son trop-perçu au titre du revenu de solidarité active ;
4°) à titre subsidiaire, de la décharger totalement ou partiellement de sa dette au regard de sa bonne foi et de sa situation de précarité ;
5°) à titre infiniment subsidiaire d'enjoindre au département de l'Hérault de réexaminer sa situation ;
6°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de notification de l'indu est entachée d'un vice de forme ; elle n'est pas signée ; elle méconnaît l'article R. 133-9-2 du code de sécurité sociale dès lors qu'elle ne précise pas dans quel délai les sommes dues doivent être acquittées ;
- l'indu n'est pas fondé ; le département a commis une erreur d'appréciation ; elle ne vivait pas en situation de concubinage avant le mois d'octobre 2021 ;
- la décision est entachée A erreur de droit ; l'intégralité du montant de l'épargne ne devait pas être pris en compte mais seulement 3 % du montant de ses capitaux ;
- la décision est entachée A erreur de fait ; elle n'a pas résidé plus de trois mois à l'étranger, sauf en 2020 eu égard à la crise sanitaire ;
- elle est de bonne foi et elle se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la décision prise sur recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ; les moyens dirigés à son encontre sont donc inopérants ;
- l'indu est fondé ; la requérante est en situation de concubinage depuis le 1er juin 2018 ; elle n'a pas déclaré l'intégralité de ses ressources placées ; elle a résidé en dehors du territoire français du 7 novembre 2019 au 17 mars 2020 ;
- elle a fraudé ; elle ne peut être regardée comme étant de bonne foi.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 23 novembre 2022.
II - Par une requête et des pièces, enregistrées les 5 et 23 janvier 2023, sous le numéro 2300065, Mme B C, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales l'Hérault a confirmé la mise à sa charge d'un indu de 150 euros de prime de solidarité au titre d'avril 2020, de trois indus de 152,45 euros chacun de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de 2019 et 2020, de deux indus d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 201 euros pour la période du 1er août 2019 au 31 janvier 2021 et d'un montant de 6 023 euros pour la période du 1er mai 2019 au 31 octobre 2021 et de deux indus de prime d'activité d'un montant de 514,86 euros pour la période du 1er novembre 2020 au 31 janvier 2021 et d'un montant de 962,07 euros pour la période du 1er septembre 2020 au 28 février 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notamment notifié les indus d'aides exceptionnelles, d'allocation de logement sociale et de prime d'activité ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de la décharger totalement de son trop-perçu au titre de l'allocation de logement sociale, de la prime d'activité et des aides exceptionnelles ;
4°) à titre subsidiaire, de la décharger totalement ou partiellement de sa dette au regard de sa bonne foi et de sa situation de précarité ;
5°) à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de réexaminer sa situation ;
6°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de notification de l'indu est entachée d'un vice de forme ; elle n'est pas signée ; elle méconnaît l'article R. 133-9-2 du code de sécurité sociale dès lors qu'elle ne précise pas dans quel délai les sommes dues doivent être acquittées ;
- l'indu n'est pas fondé ; la caisse d'allocations familiales a commis une erreur d'appréciation ; elle ne vivait pas en situation de concubinage avant le mois d'octobre 2021 ;
- elle est de bonne foi et elle se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les requérants sont en situation de vie maritale ;
- aucune remise gracieuse ne peut être accordée ; ils ne sont pas de bonne foi ; ils n'ont pas déclaré leur vie commune.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 23 novembre 2022.
III - Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2023 sous le n° 2300082, M. D F, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 août 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge de quatre indus de revenu de solidarité active d'un montant de 384,40 euros pour la période du 1er mai 2019 au 30 juin 2019 (ITK 002), d'un montant de 985,88 euros pour la période du 1er février 2020 au 31 mai 2020 (ITK 001), d'un montant de 2 266,06 euros pour la période du 1er juillet 2019 au 31 juillet 2020 (INK 001) et d'un montant de 6 563,47 euros pour la période du 1er mai 2019 au 31 octobre 2021 (INK 002) ;
2°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notamment notifié les indus au titre du revenu de solidarité active ;
3°) d'enjoindre au département de l'Hérault de le décharger totalement de ces indus de revenu de solidarité active ;
4°) à titre subsidiaire, de le décharger totalement de sa dette ;
5°) de le décharger partiellement de sa dette ;
6°) à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre au département de l'Hérault de réexaminer sa situation ;
7°) en tout état de cause, de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de notification d'indu du 2 juin 2022 est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas la signature de son auteur ;
- elle est entachée d'un vice de forme qu'elle lors qu'elle ne précise pas le délai dans lequel il doit s'acquitter des sommes dues ;
- il ne se trouvait pas en situation de couple avec Mme C au cours de la période litigieuse ;
- il est parti à l'étranger le 7 novembre 2019 pour une durée initialement prévue de trois mois ; en raison des restrictions de déplacement mises en place du fait de la crise sanitaire liée à la covid-19, il n'a pu rentrer en France que le 17 mars 2020 ;
- il n'a débuté une vie commune avec Mme C qu'au mois d'octobre 2021 ; cette vie commune a pris fin en avril 2022 ;
- il ignorait devoir déclarer les sommes d'argent issues de la vente d'objets personnels dès lors qu'il ne s'agit pas de ressources découlant d'un travail ni A pension alimentaire ; il n'a jamais cherché à dissimuler ces ressources ;
- le département a retenu un montant erroné au titre de la vente d'objets d'occasion dès lors qu'il aurait dû retenir 3 % du montant des ventes réalisées ;
- il a résidé hors de France du 7 novembre 2019 au 17 mars 2020 et du 10 décembre 2020 au 12 mars 2021 ;
- il est de bonne foi et se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 novembre 2022.
IV - Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2023 sous le n° 2300083, M. D F, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a implicitement confirmé la mise à sa charge d'un indu de 150 euros de prime de solidarité au titre d'avril 2020, de trois indus de 152,45 euros chacun de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de 2019 et 2020, de deux indus d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 201 euros pour la période du 1er août 2019 au 31 janvier 2021 et d'un montant de 6 023 euros pour la période du 1er mai 2019 au 31 octobre 2021 et de deux indus de prime d'activité d'un montant de 514,86 euros pour la période du 1er novembre 2020 au 31 janvier 2021 et d'un montant de 962,07 euros pour la période du 1er septembre 2020 au 28 février 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notamment notifié les indus d'aides exceptionnelles, d'allocation de logement sociale et de prime d'activité ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de le décharger totalement de ces indus ;
4°) à titre subsidiaire, de le décharger totalement de sa dette ;
5°) de le décharger partiellement de sa dette ;
6°) à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de réexaminer sa situation ;
7°) en tout état de cause, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de notification d'indu du 2 juin 2022 est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas la signature de son auteur ;
- elle est entachée d'un vice de forme qu'elle lors qu'elle ne précise pas le délai dans lequel il doit s'acquitter des sommes dues ;
- il ne se trouvait pas en situation de couple avec Mme C au cours de la période litigieuse ;
- il est parti à l'étranger le 7 novembre 2019 pour une durée initialement prévue de trois mois ; en raison des restrictions de déplacement mises en place du fait de la crise sanitaire liée à la covid-19, il n'a pu rentrer en France que le 17 mars 2020 ;
- il n'a débuté une vie commune avec Mme C qu'au mois d'octobre 2021 ; cette vie commune a pris fin en avril 2022 ;
- il ignorait devoir déclarer les sommes d'argent issues de la vente d'objets personnels dès lors qu'il ne s'agit pas de ressources découlant d'un travail ni A pension alimentaire ; il n'a jamais cherché à dissimuler ces ressources ;
- le département a retenu un montant erroné au titre de la vente d'objets d'occasion dès lors qu'il aurait dû retenir 3 % du montant des ventes réalisées ;
- il a résidé hors de France du 7 novembre 2019 au 17 mars 2020 et du 10 décembre 2020 au 12 mars 2021 ;
- il est de bonne foi et se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les requérants sont en situation de vie maritale ;
- aucune remise gracieuse ne peut être accordée ; ils ne sont pas de bonne foi ; ils n'ont pas déclaré leur vie commune.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 novembre 2022.
V - Par une requête et des pièces, enregistrées le 24 juillet 2023 et le 11 août 2023 sous le n° 2304341, M. D F, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 février 2023 par laquelle le département de l'Hérault lui a infligé une amende administrative d'un montant de 500 euros ;
2°) d'enjoindre au département de l'Hérault de le décharger totalement de sa dette au titre de cette amende administrative ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il n'a pas fraudé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juin 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique l'audience publique qui s'est tenue le 12 novembre 2024 à 14 heures en présence de Mme Roman, greffière :
- le rapport de Mme E
- et les observations de Me Bautes représentant les requérants qui confirment leurs écritures, en insistant sur l'appréciation erronée de l'administration s'agissant de la communauté de vie ; qu'ils établissent d'ailleurs s'être rendus respectivement à l'étranger au cours de la période mais dans des pays différents ; que le contrôle trouve son origine dans la déclaration qu'ils ont faite de vie commune à compter d'octobre 2021 ; qu'ils produisent également les contrats de bail établissant qu'ils avaient chacun leur logement ; qu'il y a également une erreur de calcul sur le montant de l'épargne ; que s'agissant des séjours à l'étranger, la condition des 90 jours a été respectée, sauf en 2020, à raison de seulement 7 jours supplémentaires dus à la crise sanitaire ; que les passeports en attestent ; vente occasionnelle (erreur de calcul également).
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C et M. F ont bénéficié A ouverture au revenu de solidarité active, à la prime exceptionnelle de fin d'année, à la prime d'activité, à l'allocation de logement sociale, et à l'aide exceptionnelle de solidarité, dans le département de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de leur situation, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault leur a notifié, par une décision du 2 juin 2022, un indu d'un montant total de 29 863,91 euros constitué de quatre indus de revenu de solidarité active aux montants respectifs de 462,40 euros pour la période allant du 1er mai 2019 au 30 juin 2019, de 985,88 euros pour la période allant du 1er février 2020 au 31 mai 2020, de 2 266,06 euros pour la période du 1er juillet 2019 au 31 juillet 2020, de 6 563,47 euros pour la période du 1er mai 2019 au 31 octobre 2021, d'un indu de 150 euros de prime de solidarité au titre d'avril 2020, de trois indus de 152,45 euros chacun d'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de 2019 et 2020, de deux indus d'allocation de logement sociale aux montants respectifs de 1 201 euros pour la période du 1er août 2019 au 31 janvier 2021 et de 6 023 euros pour la période du 1er mai 2019 au 31 octobre 2021 et de deux indus de prime d'activité aux montants respectifs de 514,86 euros pour la période allant du 1er novembre 2020 au 31 janvier 2021 et de 962,07 euros pour la période du 1er septembre 2020 au 28 février 2021. Ils ont formé un recours administratif préalable, qui a été rejeté par une décision du 25 août 2022 prise par le président du conseil départemental de l'Hérault, et par une décision implicite prise par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault. Enfin, par une décision du 21 février 2023, M. F s'est vu infliger une amende administrative d'un montant de 500 euros. Par les présentes requêtes, ils demandent l'annulation de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2300064, 2300065, 2300082, 2300083, 2304341 présentées Mme C et M. F présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet A instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () ". Aux termes de l'article L. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 825-1 de ce code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement () est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () ". Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il suit de là que les décisions explicites ou implicites prises à la suite d'un tel recours se substituent nécessairement aux décisions initiales, et sont seules susceptibles d'être déférées au juge.
5. Il résulte de l'instruction que, A part, le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté, par une décision du 25 août 2022, le recours administratif préalable de Mme C et M. F contre la décision du 2 juin 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault leur a notifié des indus de revenu de solidarité active, d'allocation de logement familiale, de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020, d'aide exceptionnelle de solidarité au titre d'avril 2020 et de prime d'activité, d'un montant total de 29 863,61 euros. D'autre part, le directeur de la caisse d'allocations familiales a implicitement rejeté leur recours administratif préalable contre la décision du 2 juin 2022. Par suite, les conclusions de la requête doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision du 25 août 2022 et contre la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a implicitement rejeté leur recours administratif préalable. En conséquence, les moyens relatifs aux vices propres de la décision du 2 juin 2022 sont inopérants.
Sur les indus de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'allocation de logement sociale :
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits A personne à l'allocation de revenu de solidarité active, à la prime d'activité, à l'aide personnelle au logement, à l'aide exceptionnelle de fin d'année ou à l'aide exceptionnelle de solidarité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
En ce qui concerne la situation de vie commune :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". L'article L. 262-9 du même code prévoit que : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est majoré, pendant une période A durée déterminée, pour : 1° A personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; 2° A femme isolée en état de grossesse, ayant effectué la déclaration de grossesse et les examens prénataux. La durée de la période de majoration est prolongée jusqu'à ce que le dernier enfant ait atteint un âge limite. Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges. Lorsque l'un des membres du couple réside à l'étranger, n'est pas considéré comme isolé celui qui réside en France. ". En vertu de l'article L. 262-3 dudit code, l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ".
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés A activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité () ". Aux termes de l'article L. 842-7 du même code : " () Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui, notamment, ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges () ".
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. / Sont considérées comme vivant habituellement au foyer les personnes y ayant résidé plus de six mois au cours de la période mentionnée au 1° de l'article R. 822-3 précédant la période de paiement prévue par l'article R. 823-6 et qui y résident encore au moment de la demande de l'aide ou du réexamen du droit à celle-ci. ".
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ".
11. Il résulte des dispositions susvisées que pour le bénéfice du revenu de solidarité active et par suite de l'aide exceptionnelle de solidarité, de la prime d'activité et des aides personnelles au logement, le foyer s'entend du demandeur ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin, et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. La vie maritale peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
12. Il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de Mme C et de M. F résultent de la prise en compte A situation de concubinage à compter du 1er juin 2018. Il résulte du rapport d'enquête du 9 novembre 2021 établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales à l'encontre de M. F, dont les énonciations font foi jusqu'à preuve du contraire, que l'étude des comptes bancaires de M. F fait apparaitre de nombreux échanges financiers réguliers entre ses comptes et ceux de Mme C depuis juin 2018. Il ressort en outre de ce rapport que M. F a reconnu à l'occasion du contrôle avoir une vie de couple avec Mme C depuis plusieurs années et que cette dernière a déclaré une vie commune avec M. F en octobre 2021 suite au contrôle de la caisse d'allocations familiales. Par ailleurs, il ressort du rapport d'enquête du 10 novembre 2021, établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales à l'encontre de Mme C, dont les énonciations font foi jusqu'à preuve du contraire, que cette dernière effectuait au cours de la période litigieuse la plupart de ses dépenses dans le département de l'Hérault et non dans le département de la Haute-Loire où elle déclarait avoir son adresse. Il ressort en outre de ce rapport que M. F et Mme C ont reconnu avoir une relation affective depuis plusieurs années et partager leurs vacances et loisirs. Dans ces circonstances, eu égard à ces indices concordants, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort qu'une vie de couple a été retenue pour justifier la récupération des indus en litige.
En ce qui concerne les capitaux placés pour le calcul du revenu de solidarité active :
13. Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : / () 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire () ". L'article L. 132-1 de ce code dispose que : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire () ". L'article L. 262-21 de ce code prévoit qu'il est procédé au réexamen périodique du montant de l'allocation, cette périodicité étant trimestrielle selon les dispositions règlementaires. L'article R. 262-6 du même code dispose que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes du II de l'article R. 262-7 de ce code : " Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes :/ 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision ; / 2° Le montant mensuel des prestations versées par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, sous réserve des dispositions des articles R. 262-10 et R. 262-11. Ces prestations sont intégralement affectées au mois de perception ; / 3° Le montant des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12 présentant un caractère exceptionnel. Celles-ci sont intégralement affectées au mois de perception () ".
14. Il résulte des dispositions précitées, A part, que pour l'appréciation des ressources d'un allocataire au revenu de solidarité active, il y a lieu de prendre en compte les revenus du capital placé soit pour leur montant réel, soit, lorsque ce capital n'est pas productif de revenu, pour un montant annuel de 3 %, d'autre part, que les intérêts produits par un placement financier doivent être intégralement pris en compte au titre des ressources du mois au cours duquel ils sont perçus, sans qu'il y ait lieu, pour les autres mois, de traiter le capital placé comme un bien non productif de revenus.
15. A part, il est constant que Mme C disposait au cours de la période en litige, A épargne oscillant d'un montant de 63 397 euros à 67 324 euros. Il ne résulte pas de l'instruction, Mme C ne produisant aucune pièce relative aux intérêts produits par ses capitaux placés et à la date de leur perception, qu'elle remplissait effectivement, eu égard au montant des intérêts perçus ou calculés selon un mode forfaitaire, les conditions de ressources pour bénéficier du revenu de solidarité active pour les périodes de mai 2019 à juin 2019, puis de février 2020 à mai 2020, et enfin de juillet 2019 à juillet 2020.
16. D'autre part, il résulte du rapport d'enquête du 9 novembre 2021 susvisé que l'analyse des comptes bancaires de M. F met en évidence la perception de sommes d'argent importantes liées à la vente de matériel sportif. Si M. F soutient que les sommes résultant de ces ventes devraient n'être prises en compte qu'au titre de capitaux placés, il résulte toutefois des dispositions susvisées que le produit de ces ventes constituait, au moment de sa perception, une ressource devant être déclarée. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la résidence à l'étranger pour le calcul du revenu de solidarité active :
17. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ".
18. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir une condition de ressources et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
19. Il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C et M. F résultent A absence de résidence stable et effective sur le territoire national. Il résulte également de l'instruction que Mme C et M. F étaient absents du territoire français, pour l'année 2019 du 7 novembre au 31 décembre, pour l'année 2020 du 1er janvier au 17 mars puis du 10 au 31 décembre, et pour l'année 2021 du 1er janvier au 12 mars. Dès lors, les requérants ont effectivement été absents du territoire français pendant plus de trois mois pour la seule année 2020. Néanmoins, cette circonstance, eu égards aux motifs susvisés, n'est pas de nature à remettre en considération le bien fondé des indus.
20. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions présentées par Mme C et M. F tendant à l'annulation de la décision du 25 août 2022 du président du conseil départemental de l'Hérault, et de la décision implicite du directeur de la caisse d'allocations familiales doivent être rejetées.
Sur les indus d'aides exceptionnelles de fin d'année 2019 et 2020 et de solidarité :
21. A part, aux termes de l'article 3 du décret du 10 décembre 2019 : " A aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code et aux termes de l'article 3 du décret du 29 décembre 2020 : " A aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou, à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. ". D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 : " I. A aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins A des allocations suivantes : / 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles / () " et aux termes de l'article 2 du même décret : " I. Les bénéficiaires du revenu de solidarité active mentionné au 1° de l'article 1er du présent décret ont droit, au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité, à un versement de 150 euros sous réserve que le montant de leur allocation dû au titre du mois d'avril ou de mai ne soit pas nul. / () ".
22. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme C et M. F n'avaient pas droit à l'ouverture au revenu de solidarité active et ne remplissaient donc pas les conditions posées par les dispositions précisées pour bénéficier de l'aide exceptionnelle de fin d'année et de l'aide exceptionnelle de solidarité.
Sur l'amende administrative :
23. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible A amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental () ". Il résulte de ces dispositions que le président du conseil départemental peut sanctionner, par l'amende administrative qu'elles prévoient, des fausses déclarations ou des omissions délibérées de déclaration ayant abouti à un versement indu du revenu de solidarité active.
24. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. À cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
25. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit aux précédents points du présent jugement que M. F n'a déclaré, ni sa situation de couple depuis juin 2018, ni l'intégralité de ses ressources, ni le départ de son logement en novembre 2019 et qu'il s'est absenté du territoire français pendant plus de trois mois au cours de la période litigieuse. Le caractère constant des omissions de déclaration sur une longue période, l'importance des sommes indument perçues et le fait que le requérant ne pouvait ignorer qu'une telle situation devait être déclarée auprès des services de la caisse d'allocations familiales pour la détermination de ses droits, établissent l'existence de fausses déclarations de nature à justifier le prononcé A amende administrative.
Sur la remise de dette :
26. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte A manœuvre frauduleuse ou A fausse déclaration ".
27. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte A manœuvre frauduleuse ou A fausse déclaration. () ".
28. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable par l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " () par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ".
29. Il résulte des termes de l'article 6 du décret n° 2019-1313 du 10 décembre 2019 et du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020, ainsi que de l'article 4 du décret n° 2020-519 du 5 mai 2020, que tout paiement indu A aide exceptionnelle attribuée en application de ces décrets est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue.
30. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par A et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions de précarité et de bonne foi prévues par ces dispositions présentent un caractère cumulatif.
31. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que les indus en litige résultent de fausses déclarations. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent être regardés comme se trouvant en situation de bénéficier A remise gracieuse de leur dette.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et de décharge :
32. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C et M. F n'implique aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
33. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et de décharge présentées par les requérants ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
34. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du département et de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme C et de M. F sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à M. D F, au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, au département de l'Hérault et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
La présidente,
V. ELa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et au préfet de l'Hérault, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 décembre 2024.
La greffière,
F. Roman
Nos 2300064, 2300065, 2300082, 2300083, 2304341
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026