jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304675 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | magistrat COUEGNAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2023, régularisée le 17 août 2023, Mme C A conteste le refus opposé par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales à sa demande d'allocation logement.
Elle soutient que :
- son logement remplit les conditions lui permettant d'obtenir une aide au logement dès lors qu'il date des années 80 et est situé dans une commune " zone 3 " d'environ 1500 habitants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la nature même du prêt immobilier contracté par Mme A auprès de sa banque le 7 décembre 2018, exclut le bénéfice de l'aide personnalisée au logement en application des articles L. 831-1, L. 831-2 et R. 832-5 du code de la construction et de l'habitation ; elle ne peut dès lors se prévaloir de l'exception tenant au caractère ancien de son logement, situé dans une commune de zone III, applicable au seul titulaire d'un droit à l'aide personnalisée au logement ;
- en application de l'article L. 841-2 du code de la construction et de l'habitation, la requérante ne peut pas non plus prétendre au bénéfice de l'allocation de logement sociale ; les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D comme juge statuant seul en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 mai 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a rejeté la demande d'aide au logement déposée par Mme A. Par un courrier recommandé du 16 mai 2023 dont l'accusé de réception a été signé le 22 mai 2023, Mme A a formé un recours contre cette décision. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite de rejet opposée à son recours.
2. Aux termes de l'article L. 841-4 du code de la construction et de l'habitation : " Aucune allocation de logement n'est due pour les prêts permettant d'accéder à la propriété de l'habitation signés après le 31 décembre 2017. ". Aux termes de l'article L. 831-1 du même code : " L'aide personnalisée au logement s'applique aux : 1° Logements occupés par leurs propriétaires, construits, acquis ou améliorés au moyen d'aides de l'Etat ou de prêts dont les caractéristiques et les conditions d'octroi sont fixées par voie réglementaire, sous les réserves énoncées à l'article L. 831-2 ; () 6° Logements occupés par des titulaires de contrats de location-accession conclus dans les conditions prévues par la loi n° 84-595 du 12 juillet 1984 définissant la location-accession à la propriété immobilière, lorsque ces logements ont été construits, améliorés ou acquis et améliorés au moyen d'aides de l'Etat ou de prêts dont les caractéristiques et les conditions d'octroi sont fixées par voie réglementaire, sous les réserves énoncées à l'article L. 831-2. ". Aux termes de l'article L. 831-2 du même code : " Les logements qui ont fait l'objet d'un prêt ou d'un contrat de location-accession mentionné au 1° ou au 6° de l'article L. 831-1 signé après le 31 décembre 2017 n'ouvrent pas droit à l'aide personnalisée au logement. / Toutefois, continuent à ouvrir droit à l'aide les logements ayant fait l'objet des mêmes prêt ou contrat de location-accession signés avant le 1er janvier 2020, dès lors qu'ils répondent à la double condition d'être anciens et situés dans une commune ne se caractérisant pas par un déséquilibre important entre l'offre et la demande de logements entraînant des difficultés d'accès au logement dans le parc résidentiel existant. / Un arrêté des ministres chargés du logement et du budget dresse la liste des communes répondant aux conditions énoncées au deuxième alinéa. "
3. En principe, aucune allocation de logement n'est accordée aux personnes qui ont souscrit, après le 31 décembre 2017, un prêt, quel qu'il soit, permettant d'accéder à la propriété de leur l'habitation. Toutefois, les personnes qui ont conclu, entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2019, l'un des contrats ou prêts aidés, mentionnés aux 1° et 6° de l'article L. 831-2 du code de la construction et de l'habitation, en vue de construire, d'acquérir ou d'améliorer leur résidence principale peuvent continuer à bénéficier de l'aide personnalisée au logement à la condition que ces contrats ou prêts aidés concernent des logements anciens situés en zone III.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A a contracté un prêt le 7 décembre 2018 pour l'acquisition d'un logement situé sur la commune de Vernet les Bains et il ne résulte pas de l'instruction que ce prêt correspondrait à l'un des contrats ou prêts aidés, mentionnées aux 1° et 6° de l'article L. 831-2 du code de la construction et de l'habitation. Par suite, ce prêt traditionnel ne permettait pas d'obtenir l'allocation logement, dès lors d'une part qu'il a été souscrit après le 31 décembre 2017 et d'autre part qu'il ne correspond pas à un prêt réglementé précité. Par suite, quand bien même le logement serait ancien et situé en zone III, le contrat de prêt de Mme A ne remplit pas la condition tenant à la nature de ce prêt. Par suite, Mme A ne remplit pas les conditions lui permettant d'obtenir l'allocation logement sollicitée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. D
La greffière,
M. B La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 12 septembre 2024.
La greffière,
M. B
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