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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2305713

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2305713

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2305713
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-président CORNELOUP
Avocat requérantBELLOTTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 septembre 2023 et le 24 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Bellotti, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 août 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder une remise de dette au titre d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 063 euros ;

2°) de lui accorder en conséquence, à titre principal, une remise gracieuse totale de sa dette, ou à titre subsidiaire, une remise gracieuse partielle de sa dette ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocation familiales de l'Hérault de lui rembourser les sommes déjà indûment recouvrées ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire et qu'elle est de bonne foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requérante n'est pas de bonne foi et ne se trouve pas en situation financière précaire ;

- l'indu est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Corneloup a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été différée au 3 juillet 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 17 août 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé d'accorder à Mme A une remise de dette au titre d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 063 euros. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision en tant que le directeur de la CAF a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette.

Sur les conclusions tendant à une remise totale de l'indu d'aide personnalisée au logement :

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement: a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article R.822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer ". Aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L.161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L.553-2 du code de la sécurité sociale : " Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. "

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu d'aide personnalisée au logement mis à la charge de Mme A a pour origine une déclaration tardive de ses ressources. Pour contester la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette, la requérante soutient qu'elle est de bonne foi et qu'elle se trouve dans une situation financière précaire. Il résulte de l'instruction que son quotient familial a été évalué à 229 euros en août 2023, et à 407 euros en février 2024. En outre, la requérante dispose des ressources mensuelles d'un montant de 555, 07 euros et des charges mensuelles d'un montant de 402, 06 euros. Ainsi, elle est fondée à soutenir qu'en refusant de lui accorder une remise totale de sa dette, le directeur de la caisse d'allocation familiale de l'Hérault a entaché sa décision d'une erreur dans l'appréciation de sa situation financière.

5. Il résulte de ce qui précède que la décision du 17 août 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé d'accorder à Mme A une remise totale de dette au titre d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 063 euros doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Eu égard à ce qui a été énoncé au point précédent, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que la caisse d'allocations familiales procède, le cas échéant, au remboursement des sommes qui auraient déjà été recouvrées.

Sur les frais liés au litige :

7. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bellotti, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de la CAF de l'Hérault le versement à Me Bellotti de la somme de 1 500 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 17 août 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé d'accorder à Mme A une remise de dette au titre d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 063 euros est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de procéder le cas échéant au remboursement des sommes déjà recouvrées dans la mesure précisée au point 6 du présent jugement.

Article 3 : La caisse d'allocations familiales de l'Hérault versera à Me Bellotti une somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bellotti renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et à Me Bellotti.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La magistrate désignée,

F. Corneloup

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 5 juillet 2024.

La greffière,

M. C

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