lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2305759 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 26 octobre 2023, M. D B, représenté par Me Betrom, avocate, demande au juge des référés :
1°) de prescrire une expertise médicale afin d'évaluer les préjudices qu'il a subis suite à sa contamination par la Covid 19, le 10 avril 2020, sur son lieu de travail, et dont la maladie a été reconnue maladie professionnelle le 8 février 2021 ;
2°) de dire que l'expert adressera un pré-rapport aux parties et recueillera leurs observations et dires pour rendre son rapport définitif.
Il soutient que :
- infirmier au centre hospitalier de Lézignan-Corbières (Aude), il a contracté la Covid 19 et a été placé en arrêt de travail à compter du 10 avril 2020 ;
- sa maladie a été reconnue d'origine professionnelle le 8 février 2021 ;
- le centre hospitalier a commis une faute en s'abstenant de prendre des mesures spécifiques de protection au début de la pandémie ;
- dans la perspective d'une action en responsabilité, une expertise est utile afin d'évaluer les préjudices subis en lien avec cette maladie ;
Par un mémoire, enregistré le 26 octobre 2023, le centre hospitalier de Lézignan-Corbières, représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Lysis avocats, conclut, à titre principal, au rejet de la demande d'expertise comme étant dépourvue d'utilité en l'absence de démonstration d'une faute. A titre subsidiaire, l'état de M. B n'étant pas consolidé il n'est pas possible d'évaluer l'ensemble des préjudices allégués et le requérant ne peut prétendre, en tout état de cause, avoir réparation des préjudices esthétique, d'agrément, de perte de chance de promotion professionnelle, des frais d'aménagement de son véhicule ou d'un préjudice exceptionnel permanent. Il demande, par ailleurs, la condamnation de M. B à lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que, par jugement du 25 juillet 2023, le tribunal judiciaire de Carcassonne a rejeté sa demande de reconnaissance de faute inexcusable à l'encontre de son employeur rendant ainsi inutile sa demande d'expertise. Par ailleurs, la majorité des postes de préjudice dont il demande réparation ne sont pas démontrés en l'espèce, en l'absence notamment de consolidation de son état de santé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. En outre, tout agent public est en droit d'obtenir de la personne publique qui l'emploie soit, en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire à la rente viagère d'invalidité ou à l'allocation temporaire d'invalidité à laquelle il peut prétendre, destinée à réparer ses préjudices personnels ainsi que, le cas échéant, ses préjudices patrimoniaux d'une autre nature que ceux indemnisés par cette rente ou cette allocation, soit, dans le cas où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité, la réparation intégrale de l'ensemble de son préjudice.
4. Il résulte de l'instruction que la maladie " covid-19 " contractée par M. B, infirmier au centre hospitalier de Lézignan-Corbières, laquelle a nécessité une hospitalisation du 17 au 30 avril 2020, a été reconnue en lien avec le service le 8 février 2021. Par un jugement du 25 juillet 2023, le tribunal judiciaire de Carcassonne a cependant rejeté la demande du requérant tendant à la reconnaissance d'une faute inexcusable de son employeur au motif que le centre hospitalier avait bien pris toutes les mesures en son pouvoir pour ne pas exposer ses agents au risque d'infection. M. B a interjeté appel de ce jugement le 28 août 2023. Enfin, il résulte de l'instruction que l'état de santé du requérant n'est pas consolidé à ce jour.
5. D'une part, la circonstance que le tribunal judiciaire a débouté M. B de sa demande de reconnaissance de faute inexcusable de l'employeur, au demeurant par un jugement qui n'est pas définitif, ne fait pas obstacle à l'application des principes énoncés au point 3. D'autre part, dans la perspective d'une action en responsabilité contre le centre hospitalier, la mesure d'expertise sollicitée, en vue de déterminer l'étendue des préjudices dont souffre M. B à la suite d'une infection survenue sur son lieu de travail présente un caractère utile. En conséquence, la mesure d'expertise demandée par le requérant présente le caractère d'utilité requis par les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à cette demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé au dispositif de la présente ordonnance.
Sur les conclusions tendant à ce que le pré-rapport de l'expert soit soumis aux parties :
6. Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport et de le soumettre préalablement aux parties. Il en résulte que les conclusions mentionnées ci-dessus de M. B sont dépourvues d'utilité et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le centre hospitalier de Lézignan-Corbières sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Le docteur C A, domicilié à l'Hôpital Arnaud de Villeneuve - Unité d'oncologie thoracique - Département Pneumologie Montpellier (34000), est désigné avec pour mission de :
- se faire communiquer les documents médicaux utiles à sa mission ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. B ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
- décrire l'état de santé actuel de M. B et ses antécédents médicaux ;
- dire si l'état de santé consécutif à l'infection survenue sur le lieu de travail de M. B le 10 avril 2020 a entraîné une incapacité permanente partielle résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
- indiquer à quelle date l'état de M. B peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable à l'événement dont fait état M. B de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
- dire si l'état de M. B est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
- donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable à l'infection contractée de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ;
- donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle et professionnelle de M. B ;
- fournir au tribunal, de manière générale, tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur un éventuel recours en responsabilité.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de M. B et du centre hospitalier de Lézignan-Corbières.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, au centre hospitalier de Lézignan-Corbières et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 11 mars 2024
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 mars 2024
L'attachée
C. Lemaire
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026