lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306109 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2023, Mme D E et M. B C, représentés par Me Guyon, avocat, demandent au juge des référés de :
1°) prescrire une mesure d'expertise aux fins de constater l'absence de la dépouille de leur proche, A C, du caveau familial situé au cimetière communal de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault) et de déterminer le lieu où elle se trouve ainsi que son état de conservation ;
2°) dire que l'expert adressera un pré-rapport aux parties et recueillera leurs observations et dires pour rendre son rapport définitif ;
3°) mettre les frais d'expertise à la charge de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone ;
4°) mettre à la charge de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont découvert, le 22 novembre 2016, l'absence de la dépouille de A C dans le caveau familial ;
- la responsabilité de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone est susceptible d'être engagée au regard de la gestion de la dépouille de leur proche décédé ;
- dans la perspective d'une action en responsabilité, une expertise est utile afin d'évaluer les préjudices subis.
Par un mémoire, enregistré le 23 novembre 2023, la commune de Villeneuve-lès-Maguelone, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Amma Avocats Inter-Barreaux, conclut, à titre principal, au rejet de la requête pour défaut d'utilité en raison de la prescription de l'action au fond et, à titre subsidiaire, formule les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée. Elle demande, en outre, de mettre les frais d'expertise à la charge des requérants et de rejeter leur demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle demande, en revanche, la condamnation de Mme E et de M. C à lui verser la somme de 1 500 euros sur ce même fondement.
Elle fait valoir que la demande d'expertise est dépourvue d'utilité dans la mesure où toute action au fond est prescrite, la prescription quadriennale étant acquise à la date du 1er janvier 2021.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". Aux termes du 1er alinéa de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ".
2. L'octroi d'une mesure d'expertise est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal, apprécié au regard notamment d'une perspective contentieuse actuelle ou éventuelle.
3. En l'espèce, Mme E et M. C, respectivement compagne et fils de A C, décédé en 1999, entendent rechercher la responsabilité de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone à raison des préjudices qu'ils estiment subir du fait de la disparition de la dépouille de leur proche du caveau familial, constatée à l'occasion de l'inhumation de la mère de Mme E. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le service des pompes funèbres en charge de la dernière inhumation a attesté, par courrier du 30 novembre 2016, avoir constaté que le caveau ouvert le 22 novembre 2016 pour procéder à l'inhumation de la mère de Mme E était vide alors que le nom de A C était indiqué sur une plaque fixée sur le caveau. Les requérants pouvaient donc, dès cette date, apprécier le dommage subi en raison de la disparition de la dépouille de leur proche. Il résulte également de l'instruction que, dès le mois de décembre 2016, les requérants ont engagé auprès de la commune des démarches afin que des recherches fussent effectuées, et qu'ils n'ont pas répondu à la demande de la commune leur proposant de réaliser un sondage autour de la concession. Il s'ensuit, dans ces conditions, que Mme E et M. C doivent être regardés comme ayant eu connaissance de leur créance dès la fin de l'année 2016. Dès lors, la période de prescription quadriennale a commencé à courir le 1er janvier 2017 pour s'achever le 31 décembre 2020. Le délai de prescription était alors expiré lorsqu'ils ont saisi la commune, par courrier du 26 janvier 2023, d'une demande indemnitaire en réparation des préjudices subis. Ainsi, la responsabilité de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone n'est plus susceptible d'être engagée à leur égard. La mesure d'expertise sollicitée par Mme E et M. C est donc dépourvue d'utilité. Par suite, leur requête doit êtrerejetée.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme E et M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D E, à M. B C et à la commune de Villeneuve-lès-Maguelone.
Fait à Montpellier, le 6 mai 2024
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 mai 2024
L'attachée
C. Lemaire
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026