mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306137 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 octobre 2022, le 17 octobre 2022, le 18 novembre 2022 et le 26 novembre 2022, sous le numéro 2205186, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a implicitement rejeté sa demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active et d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 328,41 euros.
Elle soutient qu'elle est de bonne foi et qu'elle se trouve dans une situation précaire.
Le département des Pyrénées-Orientales a présenté des observations le 4 mai 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer dès lors que l'indu est soldé ou, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle soutient que l'indu est fondé.
II - Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2023, sous le numéro 2306137, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 11 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales lui a notifié la suspension de ses droits au revenu de solidarité active.
Elle soutient qu'elle n'a pas été en mesure de transmettre les documents sollicités par l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au non-lieu à statuer dès lors que le dossier de Mme C a été régularisé ou, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2205186 et 2306137 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme C a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active et à l'allocation de logement sociale dans le département des Pyrénées-Orientales. Par une décision du 9 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales lui a notifié un indu de revenu de solidarité active et d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 328,41 euros. Par un courriel du 16 novembre 2022, elle a formé un recours administratif préalable, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par une décision du 11 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales lui a notifié la suspension de ses droits au revenu de solidarité active. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme sollicitant l'annulation de la décision implicite rejetant sa demande de remise gracieuse et de la décision du 11 juillet 2023 portant suspension de ses droits au revenu de solidarité active.
Sur le périmètre du litige :
3. En premier lieu, la circonstance que l'indu en litige a été entière soldé ne rend pas sans objet la requête. Par suite, l'exception de non-lieu opposée en défense sur la demande de remise gracieuse ne peut qu'être écartée.
4. En deuxième lieu, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales fait valoir que les droits de Mme C ont été rétablis rétroactivement à la date de leur suspension. Mme C ne conteste pas avoir obtenu ainsi satisfaction en ce qui concerne ses conclusions dirigées contre la décision suspendant ses droits au revenu de solidarité active. Par suite, ces conclusions étant devenues sans objet, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête n° 2306137.
Sur les conclusions de la requête n° 2205186 :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
6. D'autre part, aux termes de l'article R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsqu'il est saisi d'une demande de remise gracieuse de dette relative à un trop-perçu au titre d'une aide personnelle au logement ou d'une prime de déménagement, sans que soit contesté le bien-fondé de la dette, l'organisme payeur en accuse réception par tout moyen permettant de lui conférer date certaine, dans les quinze jours suivant la réception de la demande. Le directeur de l'organisme payeur statue sur la demande de remise gracieuse après avis de la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 825-2. Il dispose d'un délai de deux mois pour notifier sa décision à la personne intéressée. Faute d'une décision du directeur de l'organisme payeur portée à la connaissance de l'intéressé dans ce délai de deux mois, la demande de remise gracieuse de dettes est réputée rejetée. La décision prise dans ces conditions peut faire l'objet d'un recours contentieux sans recours administratif préalable. ".
7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
8. Il résulte de l'instruction que les indus de revenus de solidarité active et d'allocation de logement sociale mis à la charge de Mme C résultent de l'absence de déclaration de l'ensemble de ses ressources. Si Mme C, qui ne conteste pas le bien-fondé des indus, soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire, il résulte toutefois de l'instruction que son quotient familial a été évalué par la caisse d'allocations familiales en octobre 2022 à 567 euros. Dans ces conditions, Mme C, ayant d'ailleurs soldé les indus et alors qu'elle ne produit aucune pièce établissant que sa situation financière se serait dégradée à la date du présent jugement, ne justifie pas se trouver dans une situation de précarité telle qu'une remise des indus de revenu de solidarité active et d'allocation de logement sociale devrait lui être accordée.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête n° 2205186 doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête n° 2306137.
Article 2 : La requête n° 2205186 de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.
Le président,
D. A
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 août 2024.
La greffière,
F. Roman
No 2205186, 2306137
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026