mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306728 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Vice-président CORNELOUP |
| Avocat requérant | FADAT |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 novembre 2023 et 18 juin 2024 sous le n° 2306728, Mme A B, représentée par Me Fadat, demande au tribunal d'annuler :
1°) l'indu mis à sa charge le 28 mars 2023, la décision de la commission de recours amiable de la MSA en date du 31 octobre 2023 et la mise en demeure en date du 27 octobre 2023 pour le recouvrement de prestations d'aides personnelles au logement, pour la somme de 3 260,96 euros au titre de l'indu d'aide personnelle au logement pour la période du 1er juillet 2022 au 31 mars 2023 ;
2°) d'annuler la suppression des allocations personnalisées au logement depuis le mois d'avril 2023 ;
Elle soutient que :
- elle n'a jamais reçu le rapport de contrôle sur lequel se fonde l'indu, malgré sa demande en ce sens ;
- elle a justifié auprès de la commission de recours amiable avoir toujours occupé le logement et donné la copie de son passeport pour démontrer que la durée de ses séjours à l'étranger ne permettait pas de remettre en cause le versement de ses allocations ;
- elle se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, la MSA du Languedoc conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à ce que Mme B soit condamnée aux entiers dépens et, à titre subsidiaire, à ce qu'elle soit condamnée au paiement de la somme de 3 260,96 euros au titre de l'indu d'aide personnelle au logement pour la période du 1er juillet 2022 au 31 mars 2023.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II - Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024 sous le n° 2403451, Mme A B, représentée par Me Fadat, présente les mêmes conclusions et les mêmes moyens que dans la requête présentée sous le n°2306728.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corneloup,
- les observations de Me Fadat, représentant Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2306728 et n° 2403451 présentées par Mme B, concernent la situation d'une même bénéficiaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme B a bénéficié d'une ouverture de droits à l'aide personnelle au logement dans le département de l'Hérault. Par décision du 28 mars 2023, l'intéressée s'est vue notifier un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 3 260,96 euros pour la période du 1er juillet 2022 au 31 mars 2023. Par les présentes requêtes, Mme B demande l'annulation de l'indu mis à sa charge le 28 mars 2023, de la décision de la commission de recours amiable de la MSA en date du 31 octobre 2023 et de la mise en demeure en date du 27 octobre 2023 pour le recouvrement de prestations d'aides personnelles au logement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnelle au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. Aux termes de l'article R. 351-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'aide personnalisée au logement () est attribuée, pour leur résidence principale, () La notion de résidence principale doit être entendue au sens du logement effectivement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure, soit par le bénéficiaire ou son conjoint () ". Aux termes de l'article L.821-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale. ". Enfin, aux termes de l'article R.823-12 du même code : " Les aides personnelles au logement cessent d'être dues à partir du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. ".
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu litigieux résulte de l'absence de résidence de Mme B dans le logement situé 97 rue des aires pour lequel elle bénéficiait de l'aide personnalisée au logement pour la période du 1er juillet 2022 au 31 mars 2023. En premier lieu, si Mme B soutient qu'elle n'a pas reçu le rapport de contrôle sur lequel l'indu litigieux se fonde, il ne résulte toutefois d'aucune disposition que la remise de ce rapport préalablement à la prise de décision serait obligatoire. En deuxième lieu, si Mme B soutient qu'elle occupait bien le logement au cours de la période litigieuse, il résulte toutefois de l'instruction, notamment du rapport de contrôle établi par un agent agréé et assermenté le 15 mars 2023, que ledit logement était occupé par la fille de Mme B, son époux et leur fille alors que la requérante résidait dans une villa située 235 Chemin de la Laune à Lunel depuis au moins juillet 2022. Le rapport indique également que Mme B continuait de payer le loyer du logement situé rue des aires au cours de la période litigieuse. Dans ces conditions, en se bornant à produire des avis d'échéance de loyers ainsi que des factures d'électricité établis à l'adresse située 97 rue des aires couvrant la période litigieuse, Mme B ne remet pas utilement en cause les conclusions du rapport d'enquête. En dernier lieu, si la requérante soutient qu'elle est dans une situation financière précaire, cette circonstance, à la supposer avérée, est néanmoins dépourvue d'incidence sur le bien-fondé de l'indu en litige. Les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B doivent dès lors être rejetées ainsi que par voie de conséquence les conclusions aux fins d'annulation de la suppression des allocations personnalisées au logement depuis le mois d'avril 2023.
Sur les conclusions reconventionnelles de la MSA du Languedoc :
9. En application du principe selon lequel une personne publique ou une personne privée chargée d'une mission de service public est irrecevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre elle-même, la MSA du Languedoc n'est pas recevable à demander au tribunal de condamner la requérante au paiement des sommes qui lui sont réclamées, dès lors, notamment, qu'elle dispose du pouvoir d'émettre une contrainte qui, sauf opposition fondée, comportent les effets d'un jugement, pour le recouvrement desdites sommes.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles présentées par la MSA du Languedoc sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la MSA du Languedoc.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La magistrate désignée,
F. Corneloup
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 1er octobre 2024
La greffière,
M. C
Nos 2306728, 2403451
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026