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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2400140

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2400140

lundi 25 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2400140
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-président CORNELOUP
Avocat requérantVICTOR AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2024, Mme C A demande au tribunal d'annuler la décision du 28 décembre 2023 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé de lui accorder une remise de dette correspondant à un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 192 euros.

Elle soutient que :

- elle se trouve dans une situation financière précaire ;

- elle n'est pas responsable de cet indu ;

- elle a toujours respecté ses obligations déclaratives ;

- elle est de bonne foi.

Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrées le 14 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Aude, représentée par Me Font, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'indu est parfaitement fondé dès lors que Mme A a seulement engagé 4 880,00 euros de frais réels sur l'exercice de l'année 2022 alors qu'elle a déclaré la somme de 9 160,00 euros de frais réels au titre de cette année d'exercice ;

- la décision de rejet de la demande de remise de dette est parfaitement légale dès lors que la requérante a effectué de fausses déclarations en méconnaissance des dispositions de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale ;

- la requérante ne justifie pas se trouver dans une situation précaire dès lors qu'elle perçoit un revenu mensuel de 1 500 euros par mois qui lui permet de rembourser l'indu en litige ;

- la requérante ne produit aucun justificatif faisant état d'une situation de précarité et de celle de son foyer ;

- en tout état de cause, la dette en litige sera remboursée au gré des retenues sur les prestations que la requérante perçoit de sorte que cette dernière ne procédera pas à un remboursement à l'aide de ses propres deniers.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Corneloup a été entendu au cours de l'audience publique au cours de laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 18 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aude a notifié à Mme C A un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 192 euros. Le 1er décembre 2023, Mme A a sollicité de la caisse d'allocations familiales une remise totale de cette dette. Par une décision du 28 décembre 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé la demande de remise totale de la dette. Par la présente requête, Mme A demande une remise partielle ou totale de la dette de 1 192 euros.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : () / 2° Les allocations de logement :/ () b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. " Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Enfin, aux termes de l'article L. 553- 2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () Par dérogation aux dispositions précédentes, lorsqu'un indu a été constitué sur une prestation versée en tiers payant, l'organisme peut, si d'autres prestations sont versées directement à l'allocataire, recouvrer l'indu sur ces prestations selon des modalités et des conditions précisées par décret. (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu d'allocation de logement sociale mis à la charge de Mme A a pour origine une déclaration tardive de ses ressources. Mme A, qui soutient se trouver dans une situation financière précaire et dans l'impossibilité de rembourser l'indu d'allocation de logement sociale, n'apporte au soutien de sa demande de remise de dette aucun justificatif relatif à ses charges et à ses ressources actuelles. Dans ces conditions, et en supposant même qu'elle soit de bonne foi, l'intéressée n'établit pas se trouver, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu'elle ne puisse faire face au remboursement de sa dette, y compris par un échelonnement qu'il lui appartiendra de solliciter.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 192 euros.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la caisse d'allocations familiales de l'Aude au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Aude au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A et à la caisse d'allocations familiales de l'Aude.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2024.

La magistrate désignée,

F. Corneloup

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 25 novembre 2024.

La greffière,

M. B

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