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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2400935

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2400935

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2400935
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantPASSET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme A B, agent victime d’un accident de service le 15 janvier 2019. La mesure vise à évaluer ses préjudices extrapatrimoniaux, l’administration ne s’y étant pas opposée. Le juge a fait droit à la requête sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, estimant la demande utile pour un éventuel litige indemnitaire. En revanche, la demande de frais de justice présentée par la requérante au titre de l’article L. 761-1 du même code a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 février 2024, Mme A B, représentée par Me Passet, avocate, demande au juge des référés d'ordonner une expertise pour évaluer les préjudices extrapatrimoniaux qui résultent de l'accident de service dont elle a été victime le 15 janvier 2019 et de mettre à la charge du rectorat de l'académie de Montpellier la somme de 1 500 euros, à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'expertise est utile pour évaluer ses préjudices extrapatrimoniaux.

Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2024, la rectrice de la région académique Occitanie, rectrice de l'académie de Montpellier conclut à ce qu'il lui soit donné acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure sollicitée et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur l'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2. L'utilité d'une mesure d'expertise ou d'instruction qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. La mesure d'expertise sollicitée par Mme B tendant à évaluer les préjudices extrapatrimoniaux consécutifs à l'accident de service dont elle a été victime le 15 janvier 2019, présente un caractère utile et entre, dès lors, dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur ce même fondement.

O R D O N N E :

Article 1er : Le docteur C, psychiatre, est désignée comme experte avec pour mission de :

* prendre connaissance du dossier médical de Mme B et décrire son état de santé physique et psychologique ;

* donner son avis sur le point de savoir si son état de santé est la conséquence directe et certaine de l'accident du 15 janvier 2019 ;

* dire si elle est apte ou inapte à l'exercice de son activité professionnelle ;

* dire si l'état de Mme B a entraîné une incapacité permanente partielle (préciser le taux) résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;

* dire si l'état de Mme B a entraîné des périodes pendant lesquelles elle a été du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité totale ou partielle (préciser le taux) de poursuivre son activité professionnelle ;

* dire si l'état de Mme B a entraîné des périodes pendant lesquelles elle a été du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles ;

* fixer la date de consolidation et, en l'absence, dire à quelle date il conviendra de la revoir ;

* dire si après la consolidation, Mme B subit un déficit fonctionnel permanent ; évaluer l'altération permanente (préciser le taux) ;

* dire si le déficit fonctionnel permanent entraîne des répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future ;

* dire s'il existe des pertes de gains professionnels futurs ;

* donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice sexuel, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable à l'accident de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;

* dire si une assistance par tierce personne est nécessaire et préciser la nature de l'aide à prodiguer ;

* décrire les soins futurs et préciser la fréquence de leur renouvellement ;

* dire si l'état de Mme B est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

* d'une manière générale, fournir toute précision d'ordre médical de nature à permettre au tribunal, saisi sur le fond, d'apprécier son droit à réparation.

Article 2 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : L'expert déposera son rapport global en 2 exemplaires au greffe du tribunal administratif, dans les meilleurs délais. Un exemplaire de ce rapport global sera notifié par l'expert à Mme B et la seule partie du rapport le concernant à chacun des défendeurs. Avec leur accord, cette notification peut s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la rectrice de la région académique Occitanie, rectrice de l'académie de Montpellier et à l'expert.

Fait à Montpellier, le 5 août 2024

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 5 août 2024

La greffière,

A-C. Romera

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