vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401374 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AARPI PENNEC & MICHAU |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 7 mars 2024, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier (Hérault), représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) d'avocats Bruit, demande au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins de constater les nuisances sonores et vibratoires engendrées par le passage des tramways sur les croisements des voies installées au cours des travaux de prolongement de la ligne 4, d'en rechercher l'origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux nécessaires pour y remédier.
Il soutient que :
- des nuisances sonores et vibratoires générées par le passage des lignes de tramway ont été constatées selon un rapport établi le 20 avril 2023 par le Bureau d'Etudes Techniques en acoustique (ACLAF) qui a, notamment, conclu à la nécessité de procéder à des investigations au niveau des rails, des sols et des traitements anti-vibratiles afin de rechercher les causes du bruit anormalement relevé ;
- les démarches amiables engagées pour trouver une solution n'ont pas abouti ;
- compte tenu de l'intensité des nuisances qui empêche les copropriétaires et les occupants de jouir sereinement de leurs biens et dégrade leur qualité de vie, une mesure d'expertise est utile afin de rechercher l'origine et les causes de ces nuisances et de déterminer la nature et le coût des travaux nécessaires pour y remédier.
Par un mémoire, enregistré le 31 mai 2024, la commune de Montpellier et la société Transports de l'Agglomération de Montpellier (TAM), représentées par la SELARL Acoce Avocats, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage et demandent que la mission d'expertise soit complétée dans les termes qu'elles précisent. La commune de Montpellier, la société TAM et Montpellier Méditerranée Métropole, autorité organisatrice de la mobilité, ont parallèlement déposé une requête aux fins d'interrompre la prescription décennale à l'encontre de intervenants à l'acte de construire, dont la responsabilité pourrait être recherchée en raison des nuisances alléguées par le syndicat de copropriétaires.
Par des mémoires complémentaires, enregistrés les 11 et 27 juin 2024, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier demande d'étendre la mesure d'expertise sollicitée à Montpellier Méditerranée Métropole, propriétaire des voies de tramways. Il indique, par ailleurs, que la commune de Montpellier, la société TAM et Montpellier Méditerranée Métropole ont déposé une requête aux fins de voir les opérations d'expertise rendues au contradictoire des sociétés participant à l'acte de construire et s'associe à cette demande. Enfin, s'agissant d'une expertise portant sur des nuisances sonores, il maintient sa demande tendant à ce que les mesures soient prises dans les appartements des occupants pour en constater pleinement les nuisances, sans se limiter aux parties communes ainsi que l'ont sollicité la commune de Montpellier et la société TAM.
Par un mémoire, enregistré le 25 juillet 2024, la compagnie d'assurances SMA, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) GDG, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'instruction sollicitée sous les réserves d'usage.
II. Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024, la commune de Montpellier, la société Transports de l'Agglomération de Montpellier (TAM), et Montpellier Méditerranée Métropole, représentées par la SELARL Acoce Avocats, demandent au juge des référés d'étendre la mesure d'expertise aux différents constructeurs de la ligne de tramway et à leurs assureurs, à savoir les sociétés Egis Rail, Ingerop Conseil et Ingénierie, Zurich Insurance Europe, ETF, XL Insurance Company, XL Catlin Services, Eurovia Provence Alpes Côte d'Azur, SMA, Razel-Bec, Allianz IARD, SPIE Batignolles Malet, SMABTP et D2S International.
Elles soutiennent que pour les besoins de la nécessaire interruption de la prescription décennale, une expertise est utile au contradictoire des constructeurs de la ligne de tramway et de leurs assureurs, dont la responsabilité pourrait être recherchée en raison des nuisances alléguées par le syndicat de copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier, afin qu'il soit notamment déterminé si l'ouvrage est rendu impropre à sa destination ou s'il présente une atteinte à la solidité.
Par un mémoire, enregistré le 14 juin 2024, les sociétés SPIE Batignolles Malet et la SMABTP, représentées par la société civile professionnelle (SCP) d'avocats Cascio Ortal Dommée Marc Danet Gillot, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire, enregistré le 15 juillet 2024, la société Allianz Iard, représentée par la société à responsabilité limitée (SARL) d'avocats Sanguinède Di Frenna et Associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage et demande que la mission de l'expert soit complétée dans les termes qu'elle précise.
Par un mémoire, enregistré le 25 juillet 2024, la société Ingerop Conseil et Ingénierie, représentée par l'association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle (AARPI) SJA Avocats demande :
1°) d'ordonner la jonction de la présente procédure avec l'instance introduite par le syndicat des copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier, enregistrée le 7 mars 2024 sous le n° 2401374 ;
2°) déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction des instances :
1. La requête n°2403088 et la requête n°2401374 ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur la demande d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
3. La demande d'expertise, présentée par le syndicat de copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier aux fins de constater les nuisances sonores et vibratoires engendrées par le passage des tramways sur les croisements des voies installées au cours des travaux de prolongement de la ligne 4, d'en rechercher l'origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux nécessaires pour y remédier, présente un caractère utile et entre, dès lors, dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance. En outre, dès lors que le litige porte sur l'évaluation de nuisances sonores et vibratoires, la mission de l'expertise devra, pour les constater pleinement, concerner les appartements des occupants sans se limiter aux parties communes des immeubles.
Sur l'appel en cause de Montpellier Méditerranée Métropole :
4. L'expertise sollicitée tend à constater les nuisances sonores et vibratoires engendrées par le passage des tramways place Albert 1er à Montpellier. Il résulte de l'instruction que Montpellier Méditerranée Métropole est propriétaire des voies de tramway litigieuses. Sa responsabilité étant susceptible d'être engagée, sa participation aux opérations d'expertise présente un caractère d'utilité au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit aux conclusions du syndicat des copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier visant à étendre l'expertise sollicitée au contradictoire de Montpellier Méditerranée Métropole.
Sur l'appel en cause des entreprises ayant participé aux travaux et de leurs assureurs :
5. Peuvent être appelées à une expertise ordonnée sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action auquel se rattache l'expertise ou dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert.
6. L'expertise sollicitée tend notamment à constater des nuisances sonores et vibratoires sur les immeubles des copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier. La responsabilité des constructeurs de la ligne de tramway étant ainsi susceptible d'être engagée, leur participation aux opérations d'expertise apparaît dès lors comme utile à la solution du litige. Il y a donc lieu de faire droit aux conclusions tendant à étendre les opérations d'expertise au contradictoire des sociétés Egis Rail, Ingerop Conseil et Ingénierie, ETF, Eurovia Provence Alpes Côte d'Azur, Razel-Bec, SPIE Batignolles Malet et D2S International.
7. Par ailleurs, le juge des référés pouvant être saisi de conclusions tendant à ce que l'expertise ordonnée soit réalisée au contradictoire des assureurs des parties, il y a lieu, comme le demandent les parties, de rendre l'expertise commune et opposable aux sociétés Zurich Insurance Europe, XL Insurance Company, XL Catlin Services, SMA, Allianz IARD et SMABTP, assureurs des sociétés appelées en la cause, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'une action aurait été engagée à leur encontre devant le juge judiciaire.
ORDONNE :
Article 1er : M. A B, domicilié à Montpellier, est désigné comme expert avec pour mission de :
* se faire communiquer tous documents qu'il estimera utiles à sa mission ;
* se rendre sur les lieux : 6/7 place Albert 1er à Montpellier ;
* examiner les voies de tramway situées au droit de l'immeuble situé 6/7 place Albert 1er à Montpellier et rechercher si, dans leur configuration actuelle, elles sont adaptées au regard de leurs capacités anti-vibratiles et acoustiques ;
* visiter les immeubles des copropriétaires et occupants situés au 6/7 place Albert 1er et dresser un état des nuisances sonores et vibratoires au sein des parties communes et à l'intérieur des appartements ;
* en cas de constat d'un niveau vibratoire et sonore excédant les normes admises, en rechercher l'origine et les causes et, en cas de pluralité, identifier la part respective de chacune d'entre elles ;
* préciser si les nuisances éventuellement constatées sont imputables à des erreurs de conception de l'ouvrage, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ; préciser si les désordres éventuellement constatés sont susceptibles d'affecter la solidité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination ;
* indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier aux nuisances, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination ;
* prévoir la durée des travaux et en chiffrer le coût, sur la base de devis communiqués par les parties à l'expertise ;
* d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence du syndicat des copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier, de la commune de Montpellier, de la société Transports de l'Agglomération de Montpellier (TAM), de Montpellier Méditerranée Métropole, des sociétés Egis Rail, Ingerop Conseil et Ingénierie, Zurich Insurance Europe, ETF, XL Insurance Company, XL Catlin Services, Eurovia Provence Alpes Côte d'Azur, SMA, Razel-Bec, Allianz IARD, SPIE Batignolles Malet, SMABTP et D2S International.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal par voie électronique, dans le délai de six mois, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 du code de justice administrative et en notifiera copie aux parties intéressées. Avec l'accord des parties, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance de la présidente du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de l'immeuble 6/7 place Albert 1er à Montpellier, à la commune de Montpellier, à la société Transports de l'Agglomération de Montpellier (TAM), à Montpellier Méditerranée Métropole, aux sociétés Egis Rail, Ingerop Conseil et Ingénierie, Zurich Insurance Europe, ETF, XL Insurance Company, XL Catlin Services, Eurovia Provence Alpes Côte d'Azur, SMA, Razel-Bec, Allianz IARD, SPIE Batignolles Malet, SMABTP, D2S International et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 27 septembre 2024
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 27 septembre 2024
L'attachée
C. Lemaire-2403088
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026