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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2401613

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2401613

lundi 25 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2401613
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-président CORNELOUP
Avocat requérantVICTOR AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la demande de Mme C tendant à obtenir une remise totale ou partielle d'un indu d'aide personnalisée au logement (ALS) de 1 453 euros. La requérante invoquait sa situation de précarité, mais n'a pas apporté de justificatifs suffisants pour démontrer son impossibilité de rembourser, notamment en ne produisant qu'un relevé bancaire et en étant en situation de concubinage. Le tribunal a appliqué les articles L. 825-3 et L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, qui subordonnent la remise de dette à la fois à la précarité et à la bonne foi du débiteur. La solution retenue est le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2024, Mme. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 14 février 2024 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé de lui accorder une remise de dette correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement (ALS) d'un montant de 1 453 euros et de lui accorder une remise totale ou partielle de sa dette.

Elle soutient qu'elle n'est pas en mesure de rembourser cette somme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Aude, représenté par Me Font, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 1 453 euros pour la période du 1er juillet 2023 au 31 décembre 2023 est parfaitement fondé dès lors que la requérante a déclaré tardivement son changement de situation et a omis de déclarer les revenus des membres composant son foyer ;

- la décision de rejet de la demande de remise de dette est justifiée dès lors que la requérante a effectué de fausses déclarations concernant l'année 2021 ;

- la requérante ne justifie pas l'existence d'une situation de précarité et ne produit aucun justificatif actualisé à cet égard ;

- la requérante perçoit des revenus suffisants pour rembourser la dette en litige ;

- son conjoint dispose également de revenus suffisants ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Corneloup a été entendu au cours de l'audience publique au cours de laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 18 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aude a notifié à Mme A C un indu d'aide personnalisée au logement (ALS) d'un montant de 1 453 euros pour la période d'août 2023 à décembre 2023. Le 11 janvier 2024, Mme C a sollicité de la caisse d'allocations familiales une remise totale de cette dette. Par une décision du 14 février 2024, la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé la demande de remise totale de la dette. Par la présente requête, Mme C demande une remise partielle ou totale de la dette de 1 453 euros.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement: a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article R.822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer ". Aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu d'allocation de logement sociale mis à la charge de Mme C a pour origine une déclaration tardive de ses ressources. Mme C, qui soutient se trouver dans une situation financière précaire et dans l'impossibilité de rembourser l'indu d'allocation de logement sociale, apporte seulement au soutien de sa demande de remise de dette un relevé de compte bancaire qui ne démontre pas qu'elle se trouve dans l'impossibilité de faire face au remboursement de sa dette. Dans ces conditions, l'intéressée, qui d'ailleurs se déclare en situation de concubinage, n'établit pas se trouver, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu'elle ne puisse faire face au remboursement de sa dette, y compris par un échelonnement qu'il lui appartiendra de solliciter.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 453 euros.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par la caisse d'allocations familiales de l'Aude au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Aude au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et à la caisse d'allocations familiales de l'Aude.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2024.

La magistrate désignée,

F. Corneloup

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 25 novembre 2024.

La greffière,

M. B

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