mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401691 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL VINCKEL - ARMANDET - LE TARGAT - BARAT BAIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 mars et le 24 avril 2024, Mme C A, représentée par la société d'avocats BAM Avocats, demande au juge des référés :
1°) de prescrire une mesure d'expertise aux fins d'apprécier la qualité de sa prise en charge médicale par le service de cardiologie du centre hospitalier universitaire de Montpellier (Hérault) et l'étendue des préjudices qu'elle a subis à la suite d'une intervention chirurgicale réalisée le 13 août 2021 ;
2°) de mettre les frais d'expertise à la charge du centre hospitalier universitaire de Montpellier ;
3°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Montpellier à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- dès l'implantation du défibrillateur cardiaque interne, des complications sont immédiatement apparues et ont été à l'origine de nombreuses et douloureuses souffrances ;
- la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Montpellier étant susceptible d'être engagée, une mesure d'expertise est utile afin de déterminer les préjudices subis ;
- si une première expertise médicale a déjà été diligentée, une nouvelle expertise s'évère néanmoins utile dès lors que les missions sollicitées visent à évaluer les préjudices psychologiques et psychiatriques qu'elle subit.
Par un mémoire enregistré le 4 avril 2024, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, représenté par la société en participation d'avocats Armandet et Le Targat, conclut au rejet de la requête pour défaut d'utilité et à la condamnation de la requérante à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il expose que :
- la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux du Languedoc-Roussillon a déjà ordonné une expertise médicale au contradictoire des parties aux termes de laquelle l'expert a conclu à l'absence de fautes médicales ou dans l'organisation et le fonctionnement du service de la part du centre hospitalier ;
- les répercussions psychologiques et psychiatriques survenues sont indifférentes à la question de la recherche de la responsabilité pour faute du centre hospitalier ;
- la requérante dispose, si elle l'estime justifié, d'une action au fond pour apprécier les responsabilités en cause.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Il résulte de ces dispositions que la prescription d'une mesure d'expertise est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient, dès lors, au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise préalable à une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, notamment du rapport de l'expertise prescrite par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux s'il existe, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. Si la nouvelle demande a en réalité pour objet de contester la manière dont l'expert désigné a rempli sa mission ou les conclusions de son rapport, elle relève du tribunal administratif saisi du fond du litige, à qui il reste loisible d'ordonner, s'il l'estime nécessaire, toute mesure d'instruction.
2. Il résulte de l'instruction que Mme A a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux du Languedoc-Roussillon d'une demande tendant à la mise en œuvre de la procédure d'indemnisation amiable au titre du préjudice résultant de la prise en charge médicale du 13 août 2021 par le centre hospitalier universitaire de Montpellier pour la pose d'un défibrillateur cardiaque interne. La commission a prescrit une expertise, puis, au vu du rapport remis par l'expert le 18 juillet 2022 et des critères de gravité du dommage, a rendu un avis d'incompétence le 6 décembre 2022.
3. Pour demander au juge des référés du tribunal, sur le fondement des dispositions précitées du code de justice administrative, une mesure d'expertise ayant un objet semblable à celle précédemment ordonnée par la commission de conciliation et d'indemnisation, Mme A soutient que ses préjudices psychologiques et psychiatriques n'ont pas été suffisamment examinés et qu'elle justifie d'éléments nouveaux sur les souffrances endurées, notamment psychiques, qu'elle justifie par la production de plusieurs certificats médicaux établis entre le 30 septembre et le 17 novembre 2022, attestant que son état de santé ne lui permet pas de reprendre son activité professionnelle.
4. Toutefois, compte tenu du rapport de l'expert, lequel s'est prononcé, dans le respect du principe du contradictoire, sur les chefs de missions qui lui avaient été confiés, et en particulier sur ses préjudices physiques et psychiques qu'il a évalués à 3,5/7, la requérante ne démontre pas que l'expertise du docteur B ne comporterait pas tous les éléments nécessaires au juge du fond, éventuellement saisi pour apprécier le bien-fondé d'une demande indemnitaire. Mme A doit ainsi être regardée comme critiquant les conclusions de l'expert rendues à l'issue d'une procédure présentant les mêmes garanties qu'une expertise juridictionnelle et demandant une contre-expertise. Une telle contestation relève du tribunal saisi du fond du litige devant lequel, d'ailleurs, l'expertise déjà réalisée pourra être discutée par chacune des parties et à qui il reste loisible, s'il l'estime nécessaire, d'ordonner toutes mesures utiles d'instruction. Par suite, les conclusions de Mme A ne présentent pas, en l'état de l'instruction, le caractère d'utilité requis par les dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et doivent, par suite, être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais du litige.
Sur les frais liés au litige :
5. En l'état actuel du litige, le centre hospitalier universitaire de Montpellier ne peut être regardé comme ayant qualité de partie perdante pour l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à cette fin par Mme A doivent dès lors être rejetées. Il en va de même pour les conclusions présentées sur le même fondement par l'établissement hospitalier.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Montpellier tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au centre hospitalier universitaire de Montpellier.
Fait à Montpellier, le 18 septembre 2024
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 septembre 2024
L'attachée
C. Lemaire
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026