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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402824

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402824

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402824
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 16 mai, le 4 juillet et le 27 août 2024, Mme A B, représentée par Me Miralves-Boudet, avocate, associée de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Chatel et Associés, demande au juge des référés d'ordonner une expertise médicale afin d'évaluer ses préjudices résultant de la chute dont elle a été victime, le 3 septembre 2022, sur le territoire de la commune d'Agde (Hérault) et de mettre à la charge de la commune d'Agde la somme de 1 500 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la mesure est utile pour établir l'étendue de ses préjudices corporels.

Par un mémoire enregistré le 21 mai 2024, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme conclut à son intervention.

Par des mémoires, enregistrés le 28 juin et le 24 juillet 2024, la commune d'Agde représentée par son maire en exercice par Me Pierson, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 800 euros soit mise à la charge de Mme B, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle expose qu'aucun élément objectif ne permet d'établir la survenance de la chute alléguée ni qu'elle serait imputable à un ouvrage identifié dépendant de la commune.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur l'intervention de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme :

1. Le jugement à rendre sur la requête de Mme B est susceptible de préjudicier aux droits de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme. Par suite, l'intervention de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme est admise.

Sur la demande d'expertise :

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

3. Il résulte de l'instruction que le 3 septembre 2022 en début de soirée, Mme B qui marchait Passage du Soleil Levant sur le territoire de la commune d'Agde, a chuté sur une plaque d'égout mal fixée. Son état de santé ne s'étant pas amélioré, elle demande qu'une expertise médicale apprécie son état de santé actuel. Cette demande, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande de Mme B, dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions des parties présentées sur ce fondement.

ORDONNE :

Article 1er : L'intervention de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme est admise.

Article 2 : Le docteur C D, chirurgien orthopédiste, est désigné comme expert avec pour mission de :

* se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme B ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme B ;

* décrire l'état de santé physique et psychologique de Mme B ;

* donner son avis sur le point de savoir si son état de santé est la conséquence directe et certaine de l'accident du 3 septembre 2022 ;

* dire si l'état de Mme B a entraîné une incapacité permanente partielle (préciser le taux) résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;

* dire si l'état de Mme B a entraîné des périodes pendant lesquelles elle a été du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles ;

* fixer la date de consolidation et, en l'absence, dire à quelle date il conviendra de la revoir ;

* dire si après la consolidation, Mme B subit un déficit fonctionnel permanent ; évaluer l'altération permanente (préciser le taux) ;

* donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice sexuel, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable à l'accident de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;

* dire si une assistance par tierce personne est nécessaire et préciser la nature de l'aide à prodiguer ;

* décrire les soins futurs et préciser la fréquence de leur renouvellement ;

* dire si l'état de Mme B est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 5 : L'expertise aura lieu en présence de Mme B, de la commune d'Agde et de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme.

Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal par voie électronique dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 du code de justice administrative et en notifiera copie aux parties intéressées dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Avec l'accord des parties, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.

Article 7 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.

Article 8 : Les conclusions de Mme B et de la commune d'Agde présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la commune d'Agde, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme et à l'expert.

Fait à Montpellier, le 20 septembre 2024

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 20 septembre 2024

La greffière,

A-C. Romera

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