jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2402932 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP CASCIO - ORTAL - DOMMÉE - MARC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 mai, 27 juin et 2 juillet 2024, l'établissement public administratif Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Montpellier Occitanie, représenté par Me Rougon, demande au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins de déterminer la nature et l'étendue des désordres affectant le bâtiment B de la cité universitaire " Moulin à vent " située sur le territoire de la commune de Perpignan (Pyrénées-Orientales), à la suite de la réalisation de travaux de confortement exécutés selon deux marchés conclus en 2015 et 2017, d'en rechercher l'origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier.
Il soutient que :
- les travaux de construction des marchés de consolidation du sol d'assise du bâtiment B de la cité universitaire, d'une part, et de confortement de ses pignons, de désamiantage et de remise aux normes, d'autre part, ont respectivement fait l'objet d'une réception les 28 novembre 2015 et 13 octobre 2021, avec levée des réserves le 26 avril 2022 ;
- les premiers désordres sont apparus en 2022 et ont fait l'objet d'une déclaration de sinistre le 7 septembre 2022 ;
- le rapport d'expertise amiable, qui a relevé l'existence de quatre désordres, ne lui a pas permis d'être indemnisé de ses préjudices.
Par un mémoire enregistré le 14 juin 2024, la société anonyme (SA) SPIE Batignolles Malet, représentée par Me Hauche, demande qu'il soit donné acte de ses protestations et réserves quant à la mesure sollicitée à son encontre.
Par un mémoire enregistré le 14 juin 2024, la société Zurich Insurance Europe AG, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) d'avocats MBA et Associés, demande qu'il soit donné acte de ses plus expresses réserves et protestations.
Par des mémoires enregistrés les 19 juin et 4 juillet 2024, la SA Acte Iard, représentée par la société d'avocats inter barreaux Sanguinède, Di Frenna et Associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et demande à être mise hors de cause s'agissant des infiltrations pour lesquelles les travaux de reprise n'ont pas été réalisés avant la levée des réserves, ces désordres relevant de la responsabilité contractuelle.
Par des mémoires enregistrés les 19 juin et 10 juillet 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) Omnium technique de la construction et de l'équipement organisation (OTCE Organisation), représentée par la SELARL d'avocats Let's law, conclut :
- à titre principal, au rejet de la demande en tant qu'elle lui est opposable et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, à ce qu'il soit donné acte de ses protestations et réserves et à ce que la mission confiée à l'expert soit précisée.
Par un mémoire enregistré le 20 juin 2024, la société Garonnaise de Forage, représentée par la SCP d'avocats Cascio, Ortal, Dommée, Marc, Danet, Gilot, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire enregistré le 25 juin 2024, la société Eurovia Méditerranée et la société Eurovia Languedoc-Roussillon, intervenante volontaire venant à ses droits, représentées par Me Biver, demandent qu'il soit donné acte de ce qu'elles ne s'opposent pas à l'expertise, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire enregistré le 27 juin 2024, la société Atelier méridional Joël Nissou architectes, représenté par la société civile professionnelle (SCP) d'avocats Sagard, Coderch-Herre et associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'instruction sollicitée, sous les réserves d'usage en fait et en droit.
Par un mémoire enregistré le 1er juillet 2024, la SA Axa assurance Iard et la société par actions simplifiée (SAS) Siprie Bâtiment, représentées par Me Boudailliez, déclarent ne pas s'opposer à la demande du requérant dans la limite des désordres expressément dénoncés.
Par un mémoire enregistré le 8 juillet 2024, la SA Generali Iard, représentée par la SCP d'avocats SVA, déclare ne pas s'opposer à la mesure sollicitée sous les réserves d'usage.
Par un mémoire enregistré le 12 juillet 2024, la SAS Bureau d'études tech organisation moderne (BETOM) représentée par la SELARL d'avocats MBA et associés, demande qu'il soit donné acte de ses protestations et réserves à l'endroit de la mesure sollicitée.
Par un mémoire enregistré le 16 juillet 2024, la SAS EGE, représentée par la SCP d'avocats Verbateam Montpellier, demande d'attraire à la cause la SAS EGSA BTP qui a réalisé l'étude géotechnique sur la base de laquelle elle a défini les principes de reprise.
Par un mémoire enregistré le 16 juillet 2024, la SAS Uretek France, la société QBE Insurance Europe limited et la société QBE Europe, intervenante volontaire, représentées par Me Nguyen Ngoc, déclarent ne pas s'opposer à l'expertise, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire enregistré le 22 juillet 2024, la SA SMA et la SMABTP, représentées par la SCP d'avocats Coste, Daudé, Vallet, Lambert, demandent qu'il soit donné acte de leurs protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire enregistré le 15 octobre 2024, la société anonyme (SA) Abeille Iard et santé, représentée par le cabinet d'avocats Guillemat, Latapie et associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'instruction sollicitée sous les plus expresses réserves tant de droit que de fait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. Il résulte de l'instruction que l'établissement public CROUS de Montpellier Occitanie a conclu deux marchés en 2015 et 2017 aux fins de procéder à la consolidation des sols d'assise des fondations du bâtiment B de la cité universitaire " Moulin à vent " à Perpignan, d'une part, et au confortement de l'ensemble des pignons de ce même bâtiment, à son désamiantage, à sa réhabilitation et à sa remise aux normes, d'autre part. Les travaux ont fait l'objet d'une réception par procès-verbal du 28 novembre 2015 et par procès-verbal du 13 octobre 2021, avec une levée des réserves le 26 avril 2022. A la suite de l'apparition des premiers désordres, le CROUS Montpellier Occitanie a présenté, le 7 septembre 2022 une déclaration de sinistre à l'assureur du maître d'œuvre des travaux, la compagnie MAF. L'expertise amiable, dont le rapport a été remis le 29 avril 2024, n'ayant pas permis de régler le litige, l'établissement public CROUS Montpellier Occitanie demande la désignation d'un expert judiciaire aux fins de déterminer l'origine et l'étendue des désordres affectant le bâtiment B de la cité universitaire et de déterminer la nature des travaux pour y remédier. Une telle demande présente un caractère utile et entre, dès lors, dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
Sur les demandes de mise hors de cause de la SARL OTCE Organisation et de la SA Acte Iard :
3. D'une part, la SARL OTCE Organisation soutient que sa prestation est extérieure à l'apparition des désordres, compte tenu de sa qualité de sous-traitante et de la nature de sa mission " ordonnancement, coordination, pilotage " (OCP). D'autre part, la SA Acte Iard fait valoir que les désordres résultant des infiltrations, pour lesquelles les travaux de reprise n'ont pas été réalisés avant la levée des réserves, relèvent de la responsabilité contractuelle. Toutefois, l'organisation d'une mesure d'expertise ne préjuge pas de la responsabilité éventuelle des parties appelées en la cause et ne préjudicie pas au principal. Dès lors, peuvent être appelées à une expertise ordonnée sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative non seulement les personnes dont la responsabilité est susceptible d'être engagée par l'action qui motive l'expertise ou qui, à tout le moins, n'y sont pas manifestement étrangères, mais aussi toute personne dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert. Dans ces conditions, il apparaît utile que les sociétés OTCE Organisation et Acte Iard participent aux opérations d'expertise. Leurs demandes tendant à être mises hors de cause doivent donc être rejetées.
Sur l'appel en cause de la SAS EGSA BTP :
4. Il n'est pas contesté que la SAS EGSA BTP est intervenue aux travaux litigieux pour la réalisation d'études géotechniques normées G5 et G2PRO sur la base desquelles ont été définis les principes de reprise de l'étude de faisabilité du bureau d'études techniques EGE dans le cadre des travaux de confortement des fondations du bâtiment B. La société n'est donc pas manifestement étrangère au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise. En conséquence, il y a lieu de faire droit aux conclusions de la SAS EGE tendant à attraire aux opérations d'expertise la SAS EGSA BTP.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, en l'état du litige, de faire droit à la demande des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : M. B A est désigné comme expert avec pour mission de :
* se faire communiquer tous documents qu'il estimera utiles à sa mission, notamment l'ensemble des pièces des marchés de 2015 et 2017 relatifs aux travaux de confortement réalisés sur le bâtiment B de la cité universitaire " Moulin à vent " sur le territoire de la commune de Perpignan ;
* se rendre sur les lieux et décrire les désordres et malfaçons affectant l'ouvrage, préciser leur nature, leur date d'apparition et leur importance et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;
* donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons relevés, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, en cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
* préciser en outre si les dégradations et désordres relevés sont inhérents à la structure de l'immeuble, à son mode de construction ou à la nature du sol sur lequel il est édifié, et si l'immeuble a été construit dans le respect des normes antisismiques ;
* indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus value pour l'immeuble en cause ; prévoir la durée des travaux et en chiffrer le coût ;
* préconiser, le cas échéant, les mesures d'urgence provisoires à mettre en œuvre afin d'éviter, pendant les opérations d'expertise, une aggravation des désordres ;
* d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de l'établissement public CROUS de Montpellier Occitanie, de la société EGE, de la société France Uretek, de la société Eurovia Méditerranée, de la société d'exercice libéral par actions simplifiée Atelier Méridional Joël Nissou, de la société Ginger CEBTP, de la société Bureau études tech organisation moderne, de la société Dekra Industrial, de la société Omnium technique de la construction et de l'équipement (OTCE) organisation, de la société Garonnaise de forage, de la société CBTP Sud Atlas, de la société Spie Batignolles Malet, de la société Siprie bâtiment, de la société par actions simplifiée société nouvelle des établissements Labeurs, de la société Zurich Insurance Europe AG, de la société Acte Iard, de la société Générali Iard, de la SMABTP, de la SMA SA, de la société Aviva assurance, de la mutuelle des architectes français (MAF), de la société Axa France Iard, de la société QBE Insurance Europe limited, de la société Abeille Iard et santé et de la société EGSA BTP.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal par voie électronique, dans le délai de six mois, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 du code de justice administrative et en notifiera copie aux parties intéressées. Avec l'accord des parties, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à l'établissement public centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Montpellier Occitanie, à la société EGE, à la société France Uretek, dàe la société Eurovia Méditerranée, à la SELAS Atelier Méridional Joël Nissou, à la société Ginger CEBTP, à la société Bureau études tech organisation moderne, à la société Dekra Industrial, à la société Omnium technique de la construction et de l'équipement (OTCE) organisation, à la société Garonnaise de forage, à la société CBTP Sud Atlas, à la société Spie Batignolles Malet, à la société Siprie bâtiment, à la SAS Société nouvelle des ets Labeurs, à la société Zurich Insurance Europe AG, à la société Acte Iard, à la société Générali Iard, à la SMABTP, à la SMA SA, à la société Aviva assurance, à la mutuelle des architectes français (MAF), à la société Axa France Iard, à la société QBE Insurance Europe limited, à la société Abeille Iard et santé, à la société EGSA BTP et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 17 octobre 2024.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 octobre 2024,
L'attaché,
Médéric Arias
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026