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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402943

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402943

mardi 27 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402943
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus de remise de sa dette de revenu de solidarité active (RSA) de 5 498,97 euros. Le juge a constaté que, malgré une demande de régularisation, le requérant n’avait fourni aucun justificatif de sa bonne foi ou de sa situation de précarité, conditions cumulatives prévues à l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles. En conséquence, la requête, insuffisamment motivée, a été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 7° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 mai 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 mars 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder la remise de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant de 5 498,97 euros ;

2°) et de lui accorder la remise de sa dette.

Il soutient qu'il n'arrive pas à faire face à ses charges quotidiennes.

Par un courrier du 24 mai 2024, auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, M. B a été invité à motiver sa requête dans un délai de trente jours, à peine d'irrecevabilité, et à produire les justificatifs détaillés des ressources actuelles et des charges courantes de son foyer ainsi que tous éléments permettant d'établir sa bonne foi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / La créance peut être remise ou réduite () en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

5. Dans la présente instance, M. B demande au tribunal de le décharger de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant de 5 498,97 euros. Toutefois, en dépit de la demande expresse du 24 mai 2024 qui lui a été faite, le requérant ne produit aucun justificatif et ne met ainsi pas le tribunal en mesure d'apprécier sa bonne foi dans l'origine de l'indu litigieux ni son éventuelle situation de précarité. Par suite, sa requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens manifestement non assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative. M. B conserve la possibilité, s'il s'y croit fondé, de demander à sa caisse d'allocations familiales la mise en place d'un échéancier de remboursement adapté à ses capacités financières.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Montpellier, le 27 août 2024.

Le président du tribunal,

D. Besle

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 27 août 2024.

La greffière,

F. Roman

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