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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402974

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402974

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402974
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantPONS-SERRADEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mai 2024, M. B C, en sa qualité de représentant légal de son fils A, représenté par Me Pons-Serradeil, avocat, demande au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins d'établir les causes et l'étendue des préjudices subis par son fils du fait de l'accident dont il a été victime le 21 janvier 2022 dans la cour de récréation de l'école maternelle La Granotera, sur le territoire de la commune d'Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales).

Il soutient que l'expertise est utile pour fixer ses préjudices.

Par un mémoire enregistré le 12 juillet 2024, la rectrice de la région académique Occitanie, rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.

Elle expose que l'affaire doit être regardée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Les mesures que le juge des référés peut ordonner sur le fondement de cet article ne peuvent excéder celles qu'il entre dans la compétence de la juridiction administrative d'ordonner.

2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de l'éducation : " Dans tous les cas où la responsabilité des membres de l'enseignement public se trouve engagée à la suite ou à l'occasion d'un fait dommageable commis, soit par les élèves ou les étudiants qui leur sont confiés à raison de leurs fonctions, soit au détriment de ces élèves ou de ces étudiants dans les mêmes conditions, la responsabilité de l'Etat est substituée à celle desdits membres de l'enseignement qui ne peuvent jamais être mis en cause devant les tribunaux civils par la victime ou ses représentants. Il en est ainsi toutes les fois que, pendant la scolarité ou en dehors de la scolarité, dans un but d'enseignement ou d'éducation physique, non interdit par les règlements, les élèves et les étudiants confiés ainsi aux membres de l'enseignement public se trouvent sous la surveillance de ces derniers. L'action récursoire peut être exercée par l'Etat soit contre le membre de l'enseignement public, soit contre les tiers, conformément au droit commun. () L'action en responsabilité exercée par la victime, ses parents ou ses ayants droit, intentée contre l'Etat, ainsi responsable du dommage, est portée devant le tribunal de l'ordre judiciaire du lieu où le dommage a été causé et dirigée contre l'autorité académique compétente. () ".

3. Il résulte de ces dispositions et n'est pas contesté que la demande de M. C ne ressortit pas à la compétence de la juridiction administrative mais à celle du juge judiciaire. Par suite, la demande de M. C doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à la rectrice de la région académique Occitanie, rectrice de l'académie de Montpellier, à la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées-Orientales, au ministre de l'éducation nationale et à Me Pons-Serradeil.

Fait à Montpellier, le 1er octobre 2024.

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 1er octobre 2024,

La greffière,

E. Folio

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