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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2403245

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2403245

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2403245
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantBIVER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024 sous le n°2403245, la commune de Villesèque-des-Corbières (Aude) représentée par son maire en exercice par Me Pailles, avocate membre de la société civile professionnelle (SCP) HGetC, demande au juge des référés de désigner un expert afin de déterminer les causes et les origines de l'endommagement de la canalisation qui paralyse le fonctionnement d'un des bassins d'évacuation des boues de la station d'épuration.

Elle soutient que cette mesure est utile pour remédier à cette situation.

Par un mémoire enregistré, le 17 juillet 2024, la société anonyme (SA) SAMBTP Paris représentée par Me Biver, avocat, conclut à sa mise hors de cause et à ce que la commune de Villesèque-des-Corbières soit condamnée aux entiers dépens et à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré, le 8 août 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) Azur Environnement, représentée par Me Biver, avocat, demande qu'il lui soit donné acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise et qu'elle formule toutefois les plus expresses protestations et réserves de faits et de droit.

Par un mémoire enregistré, le 14 août 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Raymond Lavoie et Fils, représentée par Me Ortal, avocate, membre de la société civile professionnelle (SCP) Cascio-Ortal-Dommée-Marc-Danet-Gillot déclare qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise, sous toutes réserves.

Par un mémoire enregistré, le 30 août 2024, la compagnie Generali et la SARL LPA, représentées par Me Billebeau, membre de la SCP Billebeau-Marinacce concluent à la mise hors de cause de la SARL LPA et déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise, sous toutes réserves.

II. Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2024 sous le n° 2404169, la commune de Villesèque-des-Corbières (Aude) représentée par son maire en exercice par Me Pailles, avocate membre de la société civile professionnelle (SCP) HGetC, demande au juge des référés de mettre en cause la société par actions simplifiée Sévigné.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction :

1. La requête n° 2403245 et la requête n° 2404169 concernent le même requérant, présentent à juger une question semblable et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.

Sur l'expertise :

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

3. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que la canalisation servant à évacuer les boues dans le dernier bassin de la station d'épuration réalisée dans le cadre d'un marché public réceptionné le 25 juillet 2024, présente des désordres qui entravent son fonctionnement. Par suite, il y a lieu d'ordonner les constatations matérielles demandées par la commune de Villesèque-des-Corbières en désignant à cet effet un expert qui, après s'être rendu sur les lieux, devra exécuter la mission telle que précisé au dispositif de la présente ordonnance.

4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que la responsabilité de la SAMBTP Paris et de la SARL LPA n'est pas susceptible d'être engagée. Par suite, il y a lieu de faire droit aux conclusions de la SAMBTP Paris et de la SARL LPA tendant à leur mise hors de cause.

5. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que la participation de la SAS Sévigné présente un caractère d'utilité au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1. Par suite, il y a lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Villesèque-des-Corbières et d'étendre l'expertise au contradictoire de la SAS Sévigné.

Sur les frais liés au litige :

6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SAMBTP Paris au titre de ces dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La SAMBTP Paris et la SARL LPA sont mises hors de cause.

Article 2 : La mesure d'expertise est étendue au contradictoire de la SAS Sévigné.

Article 3 : M. B A est désigné comme expert avec pour mission de :

* se rendre sur les lieux et visiter la station d'épuration de la commune de Villesèque-des-Corbières ;

* constater et décrire avec précision son état ;

* préciser la nature des désordres, le cas échéant, dire s'ils portent atteinte à la destination de l'ouvrage ou s'ils le rendent impropre à sa destination ;

* au cas où l'état de cet ouvrage nécessiterait des mesures de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de son état, en indiquer la consistance, le coût et la durée probable de réalisation ; préciser, le cas échéant, si la réalisation de certaines de ces mesures de sauvegarde ou de certains de ces travaux présente un caractère d'urgence et, dans l'affirmative, de dire si une dégradation ou une aggravation de l'état présenté actuellement par cet ouvrage, ou un élément de cet ouvrage, est susceptible de créer un danger ;

* L'expert pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 4 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 5 : L'expert déposera son rapport global par voie électronique au greffe du tribunal administratif, dans les meilleurs délais. Un exemplaire de ce rapport global sera notifié par l'expert à la commune de Villesèque-des-Corbières et la seule partie du rapport le concernant à chacun des défendeurs. Avec leur accord, cette notification peut s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 6 : Les frais de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera les frais et honoraires.

Article 7 : Les conclusions de la SAMBTP Paris présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Villesèque-des-Corbières, à la société anonyme SAMBTP Paris, à la société à responsabilité limitée Azur Environnement, à la société par actions simplifiée Raymond Lavoie et Fils, à la compagnie Generali, à la société à responsabilité limitée (SARL) LPA, à la SAS Sévigné et à l'expert.

Fait à Montpellier, le 7 octobre 2024

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 7 octobre 2024

La greffière,

A-C. Romera

N° 2404169

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