mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2403383 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 juin et le 12 juillet 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Tipi, représentée par Me Bonnet, avocat, demande au tribunal :
1°) de condamner la société anonyme d'économie mixte locale (SAEM) Event Made in France à lui verser une indemnité provisionnelle d'un montant total de 136 011, 16 euros correspondant au solde du marché public, augmentée des intérêts légaux et moratoires, avec toutes conséquences de droit ;
2°) de condamner la SAEM Event Made in France à lui verser la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens, s'il y a lieu.
Elle soutient que :
- la créance, ni son montant, ne sont sérieusement contestables dès lors qu'ils correspondent au solde du marché.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, la SAEM Event Made in France, représentée par Me Ménage, avocate, membre de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) PPLC Avocats, conclut au rejet de la requête, à titre principal pour irrecevabilité, à titre subsidiaire, parce que la créance est sérieusement contestable et à ce que la SAS Tipi soit condamnée à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle expose que :
- société de droit privé, le contentieux du contrat qu'elle a conclu relève de la compétence des juridictions judiciaires ;
- le montant de la provision est sérieusement contestable dès lors que cette somme se compense avec les sommes que la SAS Tipa lui doit sur sa propre rémunération comme prestataire de paiement sans contact.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de provision :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. Dans le cadre d'un marché public notifié le 8 juillet 2023, la SAEM Event Made in France a confié à la SAS Tipi, la mise en place et la gestion d'espaces de restauration et de bars pour la vente de boissons et de produits élaborés pour le festival " Electrobeach " organisé par la commune de Le Barcarès (Pyrénées-Orientales) en 2023. Si le contrat a été conclu pour le compte de la commune de Le Barcarès afin, notamment, de promouvoir l'activité culturelle de la commune qui exerce un pouvoir de contrôle et de direction de la SAEM Event Made in France, la compétence de la juridiction administrative pour connaître de l'exécution de ce contrat est, en l'état de l'instruction, sérieusement contestable dès lors qu'il n'est pas établi avec un degré suffisant de certitude que, dans l'exécution de ce contrat, la SAEM Event Made in France agit pour le compte de la commune de Le Barcarès. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de la SAS Tipi.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. D'une part, ces dispositions font obstacle à ce que la SAEM Event Made in France qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse la somme réclamée sur ce fondement par la SAS Tipi.
6. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SAEM Event Made in France présentées sur ce même fondement.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de la SAS Tipi est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la SAEM Event Made in France présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Tipi et à la société anonyme d'économie mixte locale Event Made in France.
Fait à Montpellier, le 11 septembre 2024.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 septembre 2024.
La greffière,
M-A Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026