vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2403709 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL VPNG AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 juillet et le 18 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Betrom, avocate, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre communal d'action sociale de Montpellier (Hérault) à lui verser la somme de 21 750 euros à titre de provision ;
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Montpellier la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance n'est pas sérieusement contestable dès lors que victime, le 17 décembre 2022, d'une rechute de ses accidents de service du 26 juin 2013, son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) a été fixé à 15% ;
- le montant de la provision est déterminé en application du barème Mornet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2024, le centre communal d'action sociale de Montpellier, représentée par son président en exercice par Me Constans, avocat, membre de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) VPNG, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il expose que :
- la requête est irrecevable en raison de l'absence de recours préalable ;
- la requête est infondée ;
- le montant réclamé doit être réduit.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de provision :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
2. Mme B, adjoint administratif principal de 1ère classe employée par le centre communal d'action sociale de Montpellier a été victime, le 17 décembre 2022, d'une rechute des deux accidents reconnus imputables au service, survenus le 26 juin 2013. Mme B justifie avoir régulièrement saisi, le 4 avril 2024, le centre communal d'action sociale de Montpellier d'une demande préalable. Si l'existence de l'obligation du centre communal d'action sociale de Montpellier n'est pas sérieusement contestée, en l'état de l'instruction, le montant de la provision est sérieusement contestable. Ainsi, eu égard à l'importance de la somme en cause, à l'existence d'une requête au fond, aux écritures produites en défense par le centre communal d'action sociale de Montpellier et afin de limiter tout risque de remboursement lorsque le dossier aura été jugé par une formation collégiale, il y a lieu de condamner le centre communal d'action sociale de Montpellier à verser une somme de 10 000 euros à Mme B.
Sur les frais liés au litige :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions des parties présentées sur ce fondement.
O R D O N N E
Article 1er : Le centre d'action sociale de Montpellier versera une provision d'un montant de 10 000 euros à Mme B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B au centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier.
Fait à Montpellier, le 20 septembre 2024.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 septembre 2024.
La greffière,
B. Flaesch
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