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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2403787

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2403787

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2403787
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP NICOLAU-MALAVIALLE-GADEL-CAPSIE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande d’expertise de M. A, qui souhaitait faire évaluer la qualité du sol de la piscine municipale de Canet-en-Roussillon et ses préjudices suite à une chute survenue le 3 août 2022. Le juge a estimé que la mesure était dépourvue d’utilité, car M. A n’a pas démontré de lien de causalité entre l’état du sol et sa chute, et que son état de santé est consolidé depuis mai 2023. La décision se fonde sur l’article R. 532-1 du code de justice administrative, qui conditionne l’expertise à son utilité pour un litige futur. Les conclusions de la commune tendant à l’application de l’article L. 761-1 du même code ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 30 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Capsie, avocat, membre de la société civile professionnelle (SCP) Nicolau-Malavialle-Gadel-Capsie, demande au juge des référés d'ordonner :

1°) une expertise afin d'apprécier la qualité du revêtement de sol du couloir séparant le vestiaire des douches du bassin extérieur de la piscine municipale Henri Sérandour, située sur le territoire de la commune de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) ;

2°) une expertise afin d'évaluer de manière précise et définitive l'ensemble des préjudices qu'il subit en conséquence de sa chute le 3 août 2022 le long du couloir qui sépare le vestiaire des douches du bassin extérieur de la piscine municipale Henri Sérandour.

Il soutient que les expertises permettront la mise en jeu de la responsabilité de la collectivité pour défaut de conception et d'entretien de l'ouvrage et d'évaluer ses préjudices.

Par un mémoire, enregistré le 26 juillet 2024, la commune de Canet-en-Roussillon représentée par son maire en exercice par Me Phelip, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle expose que l'utilité des mesures d'expertise n'est pas démontrée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur l'utilité de la mesure :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de cette disposition doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

2. Il résulte de l'instruction que M. A a chuté, le 3 août 2022, dans le vestiaire de la piscine municipale Henri Sérandour de la commune de Canet-en-Roussillon et s'est fracturé l'humérus gauche, trois côtes gauches et les branches ilio-pubiennes et ischio-pubiennes gauches. Il n'est pas contesté que l'état de santé de M. A est consolidé depuis le 31 mai 2023. M. A ne fait état d'aucun élément qui établirait une évolution défavorable de son état de santé actuel du fait de cet accident. En se bornant à produire une photographie générale du lieu de la chute et une attestation de son épouse seule témoin des faits, M. A n'apporte pas la preuve qui lui incombe d'un lien de causalité entre la chute dont il a été victime et l'état du sol des vestiaires de la piscine Henri Sérandour. En outre, aucune circonstance particulière ne confère à la mesure d'expertise sollicitée un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le tribunal, saisi par la requête au fond pourra, le cas échéant, décider dans ses pouvoirs de direction de l'instruction. Dans ces conditions, les demandes d'expertise présentent un caractère frustratoire. Par suite, les demandes d'expertise présentées par M. A sont dépourvues d'utilité et doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Canet-en-Roussillon présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Canet-en-Roussillon présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Canet-en-Roussillon.

Fait à Montpellier, le 28 octobre 2024

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 28 octobre 2024

La greffière,

A-C. Romera

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