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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404018

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404018

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404018
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSCP D'AVOCATS VIGO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Cacciapaglia, avocate, demande au juge des référés de :

1°) prescrire une mesure d'expertise aux fins de déterminer l'origine et l'étendue des séquelles qu'elle présente et de fournir tous éléments utiles à la détermination de l'imputabilité au service de sa pathologie ;

2°) mettre à la charge de la commune des Banyuls-dels-Aspres (Pyrénées-Orientales) la somme de 900 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la circonstance qu'une expertise a déjà été réalisée ne dispense pas le juge des référés d'apprécier l'utilité de sa demande ;

- l'expertise sollicitée est utile compte tenu des divergences des avis médicaux quant à la détermination de l'origine de la pathologie dont elle est atteinte et de l'étendue de ses préjudices.

Par un mémoire enregistré le 2 septembre 2024, la commune des Banyuls-dels-Aspres, représentée par Me Vigo, avocat, conclut au rejet de la requête comme étant dépourvue d'utilité et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

2. S'il résulte également de l'article R. 625-1 du code de justice administrative qu'il peut être fait application des dispositions de l'article R. 532-1 alors même qu'une requête au fond est en cours d'instruction, il appartient au juge des référés d'apprécier l'utilité de la mesure demandée sur ce fondement.

3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de difficultés relationnelles rencontrées avec sa hiérarchie à partir de 2018, Mme B, adjointe administrative territoriale principale de première classe qui exerce ses fonctions à la mairie de Banyuls-dels-Aspres, a présenté un syndrome dépressif de type " burn-out " et a été placée en congé de maladie à compter du mois de mai 2020. Par un jugement du 13 novembre 2023, le tribunal administratif de Montpellier a annulé pour un vice de procédure la décision implicite par laquelle le maire de Banyuls-dels-Aspres avait refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme B. Après avoir repris la procédure, le maire de Banyuls-dels-Aspres a confirmé, par un arrêté du 17 mai 2024, sa précédente décision refusant la reconnaissance de l'imputabilité au service, au vu d'un avis du conseil médical du 24 avril 2024.

4. Il résulte en outre de l'instruction, d'une part, que le jugement du tribunal administratif du 13 novembre 2023 a fait l'objet d'un appel, qui est toujours pendant devant la cour administrative d'appel de Toulouse, et, d'autre part, que par une requête, enregistrée le 15 juillet 2024, sous le n° 2404035, Mme B a demandé au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Banyuls-dels-Aspres du 17 mai 2024 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie et maintien du placement de l'intéressée en congé maladie de longue durée.

5. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert aux fins qu'il détermine l'origine et l'étendue des séquelles qu'elle présente et qu'il fournisse toutes précisions sur l'imputabilité au service de ces séquelles. Toutefois, la requérante ne fournit au juge des référés aucun élément de nature à justifier qu'il fasse usage du pouvoir qu'il tient des dispositions de l'article R. 532-1, sans attendre que les chambres de la cour administrative d'appel et du tribunal chargées de l'instruction de son appel et de sa requête au fond ait pu elles-mêmes apprécier l'utilité d'une mesure d'instruction complémentaire. Dans ces conditions, et compte tenu notamment des faits précédemment rappelés, aucune circonstance particulière ne confère à la mesure qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge de l'excès de pouvoir pourra décider, le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. Les conclusions de la requête en référé présentées par Mme B à fin d'expertise doivent dès lors être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Banyuls-dels-Aspres, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a en outre pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme que réclame la commune de Banyuls-dels-Aspres au titre des mêmes dispositions.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Banyuls-dels-Aspre sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Banyuls-dels-Aspres.

Fait à Montpellier, le 18 octobre 2024.

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 18 octobre 2024,

L'attaché,

Médéric Arias

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